Au lendemain de la date butoir imposée par le gouvernement et la préfecture pour la remise des fameux formulaires, la ZAD est traversée d’une multitude positions concernant ces fiches individuelles, par lesquelles l’Etat entend savoir qui est qui, qui est où et qui veut faire quoi… En témoigne ce communiqué des « Sans Fiche », certes : « Certain-es d’entre nous ont préféré ne pas ou ne plus adhérer à ces « pirouettes » et nous nous réunissons aujourd’hui pour tenter d’expliquer pourquoi. Pour une partie, la négociation avec l’État n’a jamais été acceptable. D’autres, initialement relativement optimistes ont progressivement perdu toute confiance et enthousiasme ces dernières semaines et mois… (…)Nous comprenons ou imaginons bien que certain-es tentent des « petites histoires » légalistes, pour soit gagner du temps, ou re-re-regagner la solidarité d’autres composantes. Mais ici, au vu et déroulé de ces dernières semaines et mois, tout ceci est devenu futile sinon nuisible à nos yeux. On ne se reconnaît pas/plus dans cette stratégie molle ». Cette position n’est pas exactement partagée par un habitant de la Zad qui témoigne à Reporterre d’une stratégie possible : « Ce n’est pas comme s’il y avait deux camps, il y a plein de positions intermédiaires, précise-t-il d’emblée. Ceux qui ont appelé à remplir les formulaires plaident pour négocier un cessez-le-feu, éviter que l’ouest de la zone soit détruit et que la répression fasse de nouveaux blessés. C’est également une pensée stratégique : on répond aux demandes de la préfecture, mais pour mieux maintenir des projets hors-normes et des discussions ensuite. » Mais en revanche, les discussions relayées par l’assemblée de usages donnant la parole à ceux qui se présentent comme la désormais célèbre catégorie « des soutiens de l’extérieur » confirment ces lignes de rupture : « On n’est pas là pour dire comment faire, parce qu’on n’a pas de solution magique. Et on s’est dit que ça valait le coup d’ouvrir le champ des propositions, de sortir de la binarité du « on a tou.te.s le même discours » ou « on ne peut rien faire ensemble ». Mais on vous écrit parce qu’on est super vener de ce qui est en train de se passer. On est vener de ce en quoi la zad est en train de se transformer. On est vener des prises de pouvoir qu’on perçoit de là où on est. On est vener de la violence des keufs, de l’État et de la préfecture. On est vener que des gens soient arrêté.e.s, blessé.e.s et mutilé.e.s par centaines. Et on refuse que ce soit pour défendre une zad de quelques projets agricoles. On vous écrit pour vous dire que pour nous, ce qui se passe est inacceptable … ». Pendant ce temps, les opérations policières, pourtant officiellement terminées, ont repris du côté de la Chèvrerie et un rendez-vous se tient à la préfecture pour faire aux agricultrices et agriculteurs historiques de la ZAD des conventions d’occupation précaires leur permettant de récupérer leurs droits…

Pour le compte-rendu de la journée, voyez : https://reporterre.net/Sur-la-Zad-de-Notre-Dame-des-Landes-un-lundi-pas-si-apaise .Pour lire l’intégrale de la position des soutiens de l’extérieur https://zad.nadir.org/spip.php?article5688 et pour prendre connaissance du communiqué des « Sans Fiche » : https://zad.nadir.org/spip.php?article5684