Grand Rechain – Là où les autorités communales de Herve persistent dans leur déni…

Grand Rechain – Là où les autorités communales de Herve persistent dans leur déni…

Grand-Rechain, là où il fait bon vivre. Village à caractère rural, présentant des paysages typiques du Pays de Herve, ses habitants sont bien conscients de vivre dans un petit coin de tranquillité, où la nature expose complaisamment toute sa beauté et sa richesse.

Un projet de lotissements (190 constructions quand même) a été initié en 2001 et approuvé par la Région wallonne en 2016, soit quinze ans plus tard (!). Il avait alors fait l’objet de vives critiques de la part des Rechaintoi·se·s, non seulement pour sa démesure mais également parce qu’il se situait dans la cuvette du ruisseau « le Bola » et que sa réalisation ferait peser de sérieux risques d’inondations. La crainte était fondée puisque, même sans lotissement, le ruisseau a une fois de plus inondé la rue du Bola en mai 2024.

Le collectif a réalisé une courte vidéo qui dénonce l’ampleur du projet.

Aujourd’hui, quelques constructions (4 achevées et emménagées + 18 pour lesquelles le chantier a été lancé il y a plusieurs semaines) ont déjà commencé, bouchant irrémédiablement le paysage des habitants héritant de nouveaux voisins et perdant ainsi une vue champêtre irremplaçable.

Tout récemment, les habitants de Grand-Rechain ont reçu une invitation officielle du Collège communal de Herve, les conviant le 19 septembre à une réunion d’information relative au Plan Communal d’Aménagement (PCA) de Grand-Rechain. En effet, le Collège souhaitait apaiser les tensions suscitées par ce projet tant auprès des riverains directs que des Grand-Rechaintois·e·s.

La réunion a commencé par la présentation par le bureau d’Études Pissart de l’étude qui avait été réalisée à la demande du Collège communal. L’exposé est long et détaillé mais, malgré ces précisions, il ne parvient pas à contredire l’analyse faite pas le collectif, à savoir que ce projet, vieux de huit ans, va désormais non seulement à l’encontre des directives du Schéma de Développement territorial (SDT) de la Région wallonne mais il est également en porte à faux vis-à-vis du Schéma Vesdre. Le bureau Pissart s’est même félicité de l’étude d’il y a 8 ans qui était déjà à l’époque conforme aux grandes lignes du SDT (De purs visionnaires on vous dit !).

Pourtant, les participants ont alors assisté à une démonstration du bien fondé et de l’inéluctabilité dudit projet, plusieurs membres du Collège argumentant tour à tour afin de minimiser l’impact, jusqu’à l’apothéose : « Les aléas climatiques ont été soigneusement évalués : chaque habitant devra pourvoir son habitation d’un système de récupération des eaux pluviales et, au fur et à mesure des constructions, des bassins d’orage seront construits, on ne sait pas encore où et combien, on verra à ce moment-là… L’évacuation du trop-plein se fera sans problème vers Soiron (qui se trouve en fond de cuvette, mais ce n’est pas si grave : ce sera à Pepinster de s’en occuper…). ».

Le risque n’est sans doute pas trop élevé aux yeux du Collège, puisqu’au lieu de choisir d’autoriser le minimum de constructions autorisé par le SDT, il a choisi une moyenne entre minimum et maximum de constructions, histoire de ménager la chèvre et le chou sans doute.

Le collège a fini par sortir de sa réserve lorsqu’un représentant d’Occupons le Terrain a pris la parole pour expliquer qu’il était parfaitement possible – les outils sont là depuis plusieurs années – d’empêcher des constructions sur terrain constructible sans indemnisation ou de changer le plan de secteur – établi en 1977 et tout-à-fait dépassé soit-dit en passant – avec une indemnisation minorée.

L’agacement du bourgmestre et de son directeur général notamment a donné lieu à des (non)réponses plutôt agressives, signe que le propos avait fait mouche !

Pour terminer, le bourgmestre a consenti à accorder à nouveau la parole au représentant du collectif Sauvons Grand-Rechain, tout en lui recommandant d’être bref, car ayant déjà bien monopolisé les débats. Pour y avoir assisté, nous pouvons affirmer que, de tous les intervenants citoyens, il fut celui qui a été le plus bref dans ses questions. Cet assaut de mauvaise foi nous a laissé pantois !

L’intervention du représentant du collectif disait en substance que « personne ne pourrait maîtriser à l’avenir les aléas climatiques, à l’instar des inondations de 2021, quelles que soient les mesures prises, et qu’il fallait donc faire preuve de prudence en minimisant les risques par une révision du Schéma d’Orientation Local (SOL) ». . », et c’était du pur bon sens.

La réponse du bourgmestre a valu son pesant d’or : « En fait, ce n’est pas une question…  » et la réunion s’est terminée sur ces bons mots !

Un grand moment de politique raisonnée et raisonnable, vraiment…