Waremme – Le bois de la Tannerie est – provisoirement – sauvé !

Waremme – Le bois de la Tannerie est – provisoirement – sauvé !

Nous avons reçu les informations qui suivent du collectif « Sauvons le bois de la Tannerie » à Waremme. Elles se présentent sous la forme d’une chronologie, ce qui pourrait faire craindre une liste un peu ennuyeuse de faits et dates. Mais ce n’est pas du tout le cas parce que cette chronologie met en lumière l’actualité mouvementée (et même très mouvementée ce dernier mois!) d’une lutte pour la sauvegarde d’un petit bois urbain. Et elle montre aussi à quel point des riverains et un collectif doivent pouvoir s’adapter et répondre rapidement à une situation changeante.

Notre mouvement s’est créé de façon assez informelle à la fin de l’année 2023 à la suite d’un contentieux entre les citoyens et la société SADAB Invest représentée par Monsieur SERVAIS, un promoteur immobilier souhaitant détruire le bois de la Tannerie, situé en bordure de l’hypercentre de Waremme, pour y construire 13 appartements. Ce monsieur est à l’époque également bourgmestre de la commune de Geer.

4 décembre 2023 – Le permis d’urbanisme est refusé par la Ville de Waremme grâce à 11 citoyens qui ont réagi à l’affichage de la demande du permis.

22 décembre 2023 – Le promoteur va en recours à la Région wallonne.

22 mars 2024 – La Région wallonne soutient la Ville et refuse également la demande de permis.

18 avril – Une demande de médiation est introduite. Un médiateur de la Région wallonne rencontre le promoteur et la Ville mais ne consulte pas les citoyens.

7 juin – La médiation aboutit à un avis positif du médiateur en faveur du projet.

9 juillet – Fin de la médiation, le permis est accordé et signé par arrêté du gouvernement.

9 août – Les citoyens sont avertis de la délivrance du permis.

14 août – La Ville baisse les bras et accepte le permis.

3 septembre – Le collectif citoyen met en place une pétition qui fait réagir la presse grâce à 1300 signatures.

12 septembre – Dans une lettre à la commune, le promoteur annonce l’abattage pour le 27 septembre.

12 septembre – Deux riverains partent en justice au Conseil d’Etat et déposent un recours en extrême urgence pour faire suspendre le permis.

14 septembre – La Ville réagit et annonce par la presse qu’elle part en justice pour recours en annulation du permis au Conseil d’Etat.

27 septembre – Le Conseil d’Etat tient une audience pour traiter le recours en extrême urgence des citoyens. A l’issue de cette séance et des délibérations, le permis est suspendu pour une durée de deux semaines (soit jusqu’au 15 octobre, deux jours après les élections).

13 octobre : les élections rebattent les cartes dans les communes concernées. A Waremme, le PS perd une majorité vieille de plus d’un siècle et le nouveau bourgmestre sera MR. Les deux partis ayant confirmé pendant la campagne leur opposition au projet immobilier, les positions ne devraient pas changer. A Geer, par contre, le promoteur-bourgmestre ne sera désormais plus bourgmestre…

La suspension du permis en extrême urgence est une très bonne nouvelle pour les arbres et les habitants puisqu’elle amènera le promoteur à réfréner  l’enthousiasme de ses bulldozers bien au-delà de la date (déjà dépassée) du 15 septembre. Le promoteur pourrait se résoudre à attendre la décision finale du Conseil d’Etat… mais l’examen du dossier et la prise de décision pourrait prendre deux ou trois ans! Mais il pourrait aussi tenter de négocier avant cela un « compromis » avec la Ville autour d’un projet amoindri.

Tout cela signifie que les riverains et le collectif ont gagné une première bataille mais que le délai ainsi obtenu devra permettre au collectif de se structurer, de maintenir une attention vigilante sur le dossier et de réagir rapidement en cas de rebondissement du côté du promoteur.