Schaerbeek – Victoire collective et préservation de 8 hectares de biodiversité

Schaerbeek – Victoire collective et préservation de 8 hectares de biodiversité

L’article qui suit relate les 8 années de pressions collectives de citoyen·ne·s, et finalement une victoire où ils-elles sont parvenus à préserver 8 hectares de forêt urbaine à Bruxelles, contre les projets successifs qui nécessitaient le déboisement de 15.000 arbres et la destruction de leur riche biodiversité. 

Georgin un bois aux abois

En 1963, le Tir National « Reyers » est démoli. En 1970, les radios-télévisions deviennent propriétaires du terrain. La RTBF laisse pousser les arbres sur sa parcelle sauvage de plus de 8 hectares.

En 1992, le journal Le Soir informait: « Un enfer de béton rue Colonel Bourg! Un gigantesque plan particulier concerne l’espace derrière la RTBF. La chlorophylle ertébéenne est convoitée. Le dernier terrain vague va-t-il périr sous la vague bétonnante ? Les Bruxellois tiennent à leurs arbres comme à la prunelle de leurs yeux. Qu’on touche à leur coin de verdure, ils étouffent (de rage) et sortent leurs griffes. C’est exactement ce qui se passe à Schaerbeek« … et un premier comité de quartier se mobilise.

En 2014, une étude phytosanitaire demande l’abattage des 15.000 arbres âgés de 60 ans qui composent cette forêt urbaine… sous des prétextes d’arbres malades ou tordus ou autres motifs. L’experte prédit que les arbres ne vont pas résister aux futures tempêtes et qu’il faut tout abattre « immédiatement ». Cette étude est payée par la VRT, et rien sur l’environnement, la flore, la faune, la santé publique, le climat, le sol, les riverains, etc…

En 2018, cette étude sert de justification au Gouvernement de la Région pour vouloir tout déboiser et justifier des terrains à bâtir. Le PAD Mediapark est né. Un deuxième comité de quartier se mobilise.

Des forestiers et naturalistes élaborent une nouvelle étude, en prenant enfin en compte tous les éléments écologiques. N’oublions pas que l’arbre est le dépositaire de l’habitat de la biodiversité dans son sol, dans sa canopée. L’abattre, c’est faire voler en éclat toute la biodiversité et notre humanité.

Or dans ce bois Georgin, des études ont inventorié plusieurs espèces végétales et animales rares ou protégées, dont lérot, fouine ou chauve-souris, par exemple.

En 2019, en négociation ferme avec la RTBF, le comité de quartier obtient, dans le cadre de l’enquête publique pour leur demande d’urbanisme, que la RTBF renonce à son projet initial de couper plus de 900 arbres en détruisant cette forêt urbaine pour y installer un parking provisoire pour leurs voitures durant les 3 années du chantier de reconstruction du siège de la radio-télévision. Une première victoire non négligeable.

La mobilisation des citoyens et associations a fait plier le projet de PAD: en juin 2021, le Gouvernement modifie sa première version en préservant partie du bois Georgin, en renonçant à la construction de 4 blocs en plein milieu de la forêt. Une deuxième victoire. Depuis lors, le comité citoyen Mediapark demande que le PAD bis retire une dernière construction de logements qui détruirait une autre partie du bois (plus de 1.000 arbres), alors que 1.300 logements sont disponibles aux proches alentours par la transformation de 90.000 m² de bureaux en logements ou constructions sur des sols déjà minéralisés.

Fin 2022, la VRT a obtenu des permis de la région pour abattre 243 arbres avec leurs nichoirs de lérots, pour construire une entrée de chantier pour les engins de démolition et reconstruction de leur siège. Une défaite pour le bois.

En 2024, si enfin tout le bois pouvait être sauvé après une nouvelle enquête publique, se pose la question du comment l’organiser?

  • Parc, bois, réserve? Comment concilier les usages entre le public et les espèces protégées? Ouvert au public soit, mais pas pour le transformer en tapis de crottes de chien, ni laisser des chiens sans laisse qui attaquent les animaux, ni générer des zones d’insécurité.
  • Des chemins pédagogiques et classes nature?
  • Une réserve (2 ou 3 hectares?) dédiée exclusivement à la préservation des habitats écologiques (lérot, etc…) et historiques?

David NATURE a pu contenir Goliath BETON… mais le combat n’est pas encore définitivement gagné. A suivre donc!