Ans – Deux victoires pour les Waroux… et jamais deux sans trois?

Ans – Deux victoires pour les Waroux… et jamais deux sans trois?

Quand le collectif « Riverains des Waroux » s’est créé en 2020, c’était pour s’opposer à un projet immobilier (80 logements) sur des terres agricoles. Mais, dès le départ, l’inquiétude face au fait que ce projet risquait de n’être le premier et que d’autres allaient suivre sur des terrains voisins était bien présente. Et ce pronostic n’a pas été démenti: ce sont trois projets différents qui ont été successivement rendus publics au fil des ans!

Il faut dire que le site peut susciter bien des convoitises, puisque le quartier se situe au nord de l’échangeur de Loncin, entre Alleur à sa gauche et Awans à sa droite et qu’il est bordé sur trois de ses côtés par des prairies et des champs.

Le collectif – qui souhaite que soit maintenu le caractère à la fois vert et agricole de cette zone et que soit préservée la biodiversité – a fait preuve depuis quatre ans d’une belle énergie et d’une détermination sans faille. Chaque enquête publique a été l’occasion de mobilisations grandissantes. Celles-ci ont mis chaque fois en évidence les nombreux problèmes que créerait une urbanisation nouvelle du site, et en particulier les dangers liés à l’eau : le quartier connaît déjà des problèmes d’inondations provoquées par les ruissellements d’eau et l’urbanisation de nouvelles zones risquerait d’aggraver sérieusement la situation.

Ces mobilisations ont donné des résultats positifs.

Le dernier projet en date (celui de Maison Blavier qui visait à construire 31 maisons) est bloqué puisque la demande d’ouverture d’une voirie a été refusée par le Conseil communal il y a quelques mois (projet n°3 sur la carte).

Le premier projet (initialement déposé par le promoteur Prima House en 2020) qui impliquait la construction de 80 maisons sur 5 hectares de terres agricoles à cheval sur les deux communes d’Ans et d’Awans est resté longtemps en suspens parce que plusieurs moutures de ce projet ont été successivement soumises à des enquêtes publiques. Ce 16 octobre, le Conseil communal d’Ans a rejeté la demande d’ouverture de voirie tant que le promoteur ne règle pas la question des risques hydrologiques, ce qui ne sera pas une mince affaire pour lui (projet n°1 sur la carte).

Ne reste donc plus que le projet de Thomas & Piron (projet n°2 sur la carte). Une première mouture qui comprenait 41 maisons a été refusé par la commune mais Thomas & Piron est parti en recours à la Région wallonne qui a cassé la décision de la commune et accordé le permis. Suite à de nouveaux contacts avec la commune, le projet a été légèrement diminué (37 logements). Lors de la nouvelle enquête publique, le collectif qui ne se satisfait pas de ce « compromis » a mené campagne et 169 lettres d’opposition sont arrivées au service d’urbanisme.

Début de la zone convoitée par Thomas & Piron

Si rien n’est donc encore joué pour ce projet, les deux premières victoires montrent ce qu’un collectif déterminé peut obtenir dans un contexte loin d’être favorable au départ (Ans voit « fleurir » des projets immobiliers aux quatre coins de la commune). Nul doute que la situation serait très différente aujourd’hui aux Waroux si le collectif ne s’était pas manifesté tout au long de ces quatre années…

Que cette démonstration d’esprit de résistance encourage toutes celles et tous ceux qui hésitent à s’engager contre de pareils projets près de chez eux « parce qu’on n’y arrivera jamais »… ou les collectifs qui, dans leur action, connaissent des moments de doute ou des coups de mou. Avec deux mois d’avance, voilà nos premiers bons vœux 2025!