Liège – Contre la fermeture du bois de Naniot et de ses sentiers

Liège – Contre la fermeture du bois de Naniot et de ses sentiers

Il y a 300 ans, les rois étaient de droit divin et les seigneurs avaient tous les droits sur leurs terrains et leurs possessions… y compris leurs paysans et leurs manants!

On pourrait croire que tout cela est de l’histoire ancienne et oubliée. Et bien non! Aujourd’hui encore, un peu partout en Wallonie, des propriétaires de terrains décident de clôturer hermétiquement ceux-ci et ainsi de fermer les chemins qui traversent leurs propriétés et sont parcourus par les riverains et les promeneurs depuis des dizaines d’années. Et cela, tant dans les zones rurales qu’au cœur de certaines villes!

Ce qui suit n’est donc qu’un exemple parmi d’autres. Mais un exemple bien éclairant.

L’histoire se passe à Liège dans le quartier Molinvaux-Naniot (un petit quartier sur les hauteurs de la rive gauche de la Meuse). Le terrain concerné appartenait à l’origine au charbonnage Bonne Fin et constituait une zone de protection sous le transporteur aérien métallique qui amenait les résidus de charbon de Fontainebleau jusqu’au terril Sainte-Barbe.

Il y a quelques années, le propriétaire de la parcelle l’a mise en vente aux enchères. La Ville de Liège a décidé d’acheter le terrain mais en mettant un plafond de 75.000 €. Un particulier a mis 1.000 euros de plus et en est donc devenu propriétaire en octobre 2020.

D’entrée de jeu, il a décidé d’interdire l’accès aux sentiers traversant sa parcelle et n’a pas hésité à agresser les gens qui les empruntaient comme d’habitude. Il a tenté d’installer une barrière mais y a renoncé assez vite. Et en mars 2021, la Ville a consacré officiellement ces sentiers comme des « servitudes publiques de passage » ne pouvant donc pas être fermés.

Trois ans plus tard, en mai 2024, le propriétaire, Monsieur Murtezi, a introduit un recours à la Justice de Paix contre la décision de la Ville qui, contre toute attente, a donné raison au propriétaire.

Cette décision a provoqué l’incompréhension et la colère des riverains et des habitants du quartier. Un collectif d’habitants s’est formé pour défendre le libre accès aux sentiers. Et la Ville de Liège (par décision unanime du Conseil communal) a décidé de contre-attaquer et d’aller en appel de ce jugement.

Pendant le (long) délai de ce parcours judiciaire, le collectif a décidé de continuer son action pour faire connaître le bois de Naniot et défendre le droit de passage des promeneurs.