Andenne – La plaine d’Anton n’est plus inondable… mais elle est sous eau!
Le 14 décembre dernier, Claude Eerdekens – ex-bourgmestre d’Andenne (48 années de maïorat au compteur quand même !) et désormais « simple » conseiller communal – annonçait fièrement dans un post sur sa page Facebook que « La Ville d’Andenne remporte une nouvelle victoire contre la Région wallonne concernant la cartographie des zones d’inondation. »
Une cartographie boiteuse
L’ensemble du post mérite d’être cité, pour les raisons évoquées ci-dessous par Claude Eerdekens… et pour d’autres aussi (mais patience !).
« Le 4 décembre 2024, le Conseil d’État a annulé la cartographie des zones inondables établie par la Région wallonne, donnant raison à la Ville. Cette décision met en lumière les erreurs manifestes présentes dans ces cartes, qui avaient suscité de vives contestations, notamment concernant la vallée du Samson.
Dans cette affaire, la cartographie désignait à tort certaines zones comme inondables. Par exemple, des terrains situés rue des Roseurs ou à Anton, jamais touchés par des inondations, y compris lors des crues historiques de 1921, avaient été classés en zone inondable. À l’inverse, des secteurs effectivement inondés par le passé, comme d’autres parties de la vallée du Samson, avaient été omis ou sous-estimés sur les cartes.
Cette décision du Conseil d’État vient corriger une injustice et remettre en question la fiabilité des données utilisées par la Région wallonne. Elle souligne également l’importance de produire une cartographie fondée sur des analyses rigoureuses, à la fois pour garantir la sécurité des citoyens et pour éviter des restrictions inutiles sur les terrains constructibles.
L’annulation de cette cartographie était inévitable face à ces incohérences. La Ville espère désormais que les prochaines étapes aboutiront à des outils précis et transparents, capables de concilier aménagement du territoire et prévention des risques naturels. »
Une zone qui ne serait plus « inondable »…
Mais qu’est-ce qui explique donc la jubilation de Claude Eerdekens face à cette décision ?
La reconnaissance par le Conseil d’Etat de son sens du devoir civique qui lui a fait mettre le doigt sur des erreurs de l’administration wallonne ? Pourquoi pas. Mais on peut surtout penser que la véritable raison est que l’annulation de la cartographie lève (au moins provisoirement) la définition d’une partie de la Plaine d’Anton comme zone inondable. Or, la reconnaissance du caractère inondable de cette zone est une épine dans le pied dans Claude Eerdekens et de son projet de création d’un nouveau quartier (vu que la superficie de celui-ci égalerait celle du centre-ville actuel, on pourrait presque parler d’une nouvelle ville) pouvant accueillir jusqu’à 900 nouveaux logements et divers bâtiments à usage administratif ou communautaire.
Quelles peuvent être les conséquences de cette décision du Conseil d’Etat ? Soit la Région wallonne corrige rapidement les erreurs contenues dans sa cartographie et celle-ci peut être rétablie (mais « rapidement » n’est pas le mot qui vient directement à l’esprit quand on parle de l’administration wallonne). Soit la Commune verra un obstacle se lever pour son projet de construire des bâtiments destinés aux services communautaires tel qu’écoles, maison de repos,…), ce qui n’est pas permis en zone inondable. Soit la Région trouve une solution « innovante » à laquelle on ne pense pas encore.
…mais qui est sous eau !

Mais la Plaine d’Anton elle-même ne semble ni au courant ni très concernée par les soubresauts administratifs. Elle se contente de vivre au diapason de la nature, des crues et surtout des pluies.
Et ce 8 janvier, la Plaine d’Anton a offert un visage saisissant à tous ceux qui douteraient de son caractère inondable. La réalité, c’est que l’eau vient de partout ! D’une part, en cas de pluies ou de chutes de neige abondantes, l’eau tombant du ciel n’est plus absorbée (d’autant plus que l’argile et le schiste omniprésents rendent le sol rapidement imperméable). De plus, le terrain « régurgite » l’eau descendant de la colline bordant la plaine. D’autre part, le ruisseau jaune (c’est le petit nom que lui ont donné les locaux) déborde assez rapidement. La plaine d’Anton combine donc ruissellement et débordement. Pas mal pour une zone « non inondable » !

Par ailleurs, n’hésitez pas à visionner la vidéo du 08 janvier que le collectif « Touche Pas à Ma Campagne » (TPMC) a partagé sur sa page Facebook ! (la vidéo démarre après quelques secondes)


