Messancy – Enquête publique: un poulailler industriel menace Bébange

Messancy – Enquête publique: un poulailler industriel menace Bébange

Le projet de construction d’un poulailler industriel à Bébange, dans la commune de Messancy, provoque actuellement une forte levée de boucliers. Alors que l’enquête publique a démarré le 28 janvier, de nombreux habitants ont déjà manifesté leur opposition au projet. A l’initiative de quelques riverains, un collectif d’opposition au projet est en train de naître et a déjà développé une lettre-type de réponse à l’enquête publique ainsi qu’une pétition en ligne (ayant déjà récolté à ce jour près de 1.100 signatures).

Pourquoi une telle mobilisation? Il s’agit d’une convergence d’arguments relevant tant du domaine du bien-être animal que de celui des nuisances environnementales lourdes, notamment en raison de la présence d’un site Natura 2000 situé à 150 mètres de ce projet. Et tout cela pour ce que l’on peut qualifier sans détour comme de la production industrielle de malbouffe.

L’élément le plus étonnant de ce dossier est l’absence totale d’une étude d’incidence environnementale alors que les ravages environnementaux de ce type d’industrie sont connus et reconnus par tous! Autre élément troublant: une demande d’élevage industriel sur une parcelle actuellement placée en zone agricole au Plan de Secteur. Cela ne demande-t-il une modification du statut de la parcelle au niveau de ce dernier?

Enfin, les justifications du demandeur sont pour le moins interpellantes. Alors que l’agriculteur est l’initiateur du projet agriculteur bio dans la région d’Aubange, il émet l’hypothèse (sur quelles bases?) que le bio est en perte de vitesse! Pour cette raison, il se doit de diversifier ses activités pour pérenniser son exploitation pour ses enfants. L’équation est quelque part schizophrénique entre exploitation bio et poulailler industriel. C’est à tout le moins aussi surprenant que si on nous annonçait qu’il fallait recouvrir les terres de béton afin de favoriser la naissance et la croissance de la végétation! Pour notre part, nous y voyons surtout, une fois de plus malheureusement, un appât du profit financier au détriment de la nature et des riverains!

Attention! l’enquête publique s’est achevée le mardi 11 février 2025.


Vous pouvez retrouver ci-dessous la lettre-type rédigée par le collectif et qui a été utilisée dans le cadre de l’enquête publique :

Au Collège communal de Messancy
Service de l’urbanisme
Rue Grande, 100
6780 Messancy

Objet : Réponse à l’enquête publique relative à la demande de permis unique – Réf : PU01 Bosseler

Madame la Bourgmestre,
Mesdames Messieurs les Échevins et Conseillers communaux,

Ci-dessous et succinctement, les raisons pour lesquelles je m’oppose fermement au PROJET DE CONSTRUCTION ET D’EXPLOITATION D’UN POULAILLER INDUSTRIEL à BEBANGE – MESSANCY, déposé par Monsieur BOSSELER, de Rachecourt.
Ces motifs ne sont pas exhaustifs mais devraient éclairer votre décision et, je l’espère, vous amener à ne pas octroyer le permis de construire et d’exploiter.

 

1. Pollution sonore

Notamment provoquée par les ventilateurs de toiture et de pignon en fonctionnement pour rejeter l’air vicié et pollué, les nombreux charrois lourds, l’approvisionnement des 3 silos tour pour aliments secs et du silo cylindrique à céréales, le ventilateur de l’aérotherme, le sifflement de la citerne à gaz aérienne, le moteur de la pompe brumisation, le groupe électrogène de secours, 39 000 poulets qui piaillent ainsi que différentes opérations ponctuelles très bruyantes.

2. Pollution olfactive

Notamment provoquée par les odeurs nauséabondes permanentes de l’élevage, accentuées lors du chargement des animaux et des stockages et épandages d’effluents sur les terres environnantes, stockées en bord de champs et de routes, ainsi que par des résidus de lavage et de désinfection.
Aucune étude de dispersions d’odeur n’a été menée pour ce projet.

3. Pollution du sol et des eaux

Notamment via le puits de forage dans la nappe phréatique (62 mètres) sans piézomètre de contrôle. Les forages provoquent des modifications de la circulation de l’eau dans la nappe aquifère, qui peuvent conduire à une contamination de l’eau, une instabilité et une fragilisation des terrains, à un gonflement des sols, à des ruptures de canalisations, des fissures de façades et des risques d’effondrement des habitations. De plus, la construction de ce puits est prévue pour le 1er avril 2025, soit avant même l’acceptation du projet de construction du poulailler.
Même en prenant toutes les précautions d’usage qui sont de toute façon insuffisantes, les sol, sous-sol et nappe aquifère seront très rapidement pollués, suite à l’épandage des rejets liquides et solides chargés d ‘azote et de nitrates, produits par les animaux. Ces rejets contiendront immanquablement des résidus d’antibiotiques et autres produits pharmaceutiques et produits chimiques divers. Pour rappel, l’évacuation des eaux du récepteur est prévue par infiltration dans les sols et les eaux provenant du nettoyage du poulailler seront épandues sur les terres agricoles des exploitations.

4. Pollution visuelle

Rupture dans le paysage naturel provoquée par les bâtiments industriels de grande ampleur, les matériaux utilisés, 100 panneaux photovoltaïques, une cloche à cadavres, une citerne à gaz aérienne, des citernes de récupération d’eaux de nettoyage, un bassin d’orage, des zones d’aires de manœuvre bétonnées, un groupe électrogène, des effluents d’élevage stockés en bord de champs et de route et une modification du relief du sol (déblais-remblais).

5. Pollution due à l’exploitation

Un kg de poulet de cette très basse qualité est à la source d’une émission de gaz à effet de serre de 7kg de CO2 par animal (39000 * 10 rotations annuelles * 7 kg * 1,5 kg de viande= 4.100.000 kg de CO2!!!).
L’achat des poussins loin de l’élevage (Andenne) et l’abattage à Bertrix ou Mouscron ne feront qu’augmenter cette empreinte carbone !

6. Implantation du projet

Le projet se situe en zone agricole, alors qu’il s’agit d’une exploitation industrielle. De plus, il est situé en zone inondable.

7. Risque sanitaire et problème majeur de santé publique

Notamment via la propagation de maladies (grippe aviaire, parasites divers tels que poux, tiques, …) dont les conséquences toucheront les petits élevages familiaux voisins.
L’usage massif d’antibiotiques pour l’exploitation induira de la résistance des bactéries pathogènes.
Atteinte à la santé des riverains qui seront exposés aux rejets de gaz, vapeur d’eau, poussières, aérosols, ou autres résidus.

8. Risque pour la biodiversité

Equilibre rompu du biotope existant. Le futur site industriel se situera à 155 mètres du bassin du ruisseau de Messancy protégé par le statut de site Natura 2000.

9. Souffrance animale

Les atteintes au bien-être animal de ce type d’exploitation sont connus et reconnus par tous: la surpopulation induit notamment des pathologies diverses, les conditions de transports sont déplorables, la mise à mort dans des bassins d’eau électrifiée est particulièrement douloureuse, …

10. Risque d’extension de cette exploitation industrielle

Pour lequel la commune n’aura aucun recours. Le site permet en effet une évolution possible de l’exploitation dans le futur!
De plus, le bilan financier est négatif pour la commune, entre les taxes perçues et les débours potentiels à endosser.

Remarques personnelles

 

 

 

 

En conclusion

Ce projet ne peut être qualifié d’agricole mais bien d’industriel. C’est dans cette perspective que je demande à la commune de refuser ce projet sans la réalisation préalable d’une étude sur l’environnement. Les riverains veulent des paysans respectueux du bien-être des animaux, pas des industriels de l’agro-alimentaire attirés par le profit.

NOM : ……………………………………………………
PRENOM : ………………………………………………
ADRESSE : ……………………………………………………………………………………………
CODE POSTAL : ………… COMMUNE : ……………………………………………..……………
DATE : Le … février 2025

SIGNATURE :


e qui suit est le formulaire que vous pouvez compléter et envoyer directement au service de l’urbanisme en cliquant sur le bouton tout en bas de la page. Il est alors inutile de l’envoyer à partir de votre boîte mail ou par courrier postal: il n’en sera pas tenu compte836″}