Charleroi – Extension de l’aéroport… de la pollution et des risques pour la santé
Toute la région de Charleroi (et même au-delà) est concernée par la vaste enquête publique qui porte à la fois sur le renouvellement du permis d’exploiter de l’aéroport de Charleroi (Brussels South Charleroi Airport (BSCA) pour être précis !) pour une durée de 20 ans et sur la régularisation urbanistique du Terminal 2.
Poudre magique en soirée…
La direction de l’aéroport affirme sur son site que « Brussels South Charleroi Airport veille à être un acteur engagé et responsable pour sa région. Il a pour objectif une croissance raisonnée, basée sur un modèle économique durable et respectueux de l’environnement, des voyageurs et des riverains ». Sans préjuger du fond, on retrouve ici le discours calibré et passe-partout que tient n’importe quelle entreprise du transport, de l’aéroport de New York au loueur de trottinettes d’Arlon en passant par la société internationale de livraisons par camion de Francfort et la compagnie de taxis pousse-pousse à Bangkok.
Plus précisément, « Brussels South Charleroi Airport se veut être un acteur engagé et responsable face aux défis environnementaux. L’engagement de B.S.C.A. est d’assurer une croissance raisonnée dans les prochaines années, tout en réduisant significativement le bruit et les émissions de gaz à effet de serre.
En ce qui concerne le bruit, la révision des procédures d’approche et la modernisation des flottes d’avion permettront d’y parvenir. De même, pour les émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation progressive du biocarburant et les performances accrues des nouvelles générations de moteurs d’avion sont des atouts précieux. B.S.C.A. dispose également d’un plan d’exposition au bruit jumelé à un plan d’insonorisation des habitations les plus exposées, promeut des compagnies avec des flottes d’avions récentes (moins de 6 ans), et est encadré par un système de quotas de points pour limiter les retours tardifs des avions ainsi qu’un mécanisme de sanction en cas de dépassement des normes sonores grâce à un large réseau de sonomètres. »
…et gueule de bois au réveil
Il se fait que tout le monde ne partage pas ce bel enthousiasme patronal pour les nouvelles technologies et ce bel optimisme quant aux mécanismes de surveillance du bruit et de la pollution.
D’une part, parce que la course folle à l’explosion du nombre de vols se manifeste partout en Europe et dans le monde, que cela fait peser une concurrence impitoyable sur toutes les directions d’aéroport et sur les États et Régions…. et qu’elle va anéantir toutes les promesses environnementales faites par le secteur aérien. Résister à ce rouleau compresseur demande une volonté politique qui est totalement absente aujourd’hui dans des gouvernements de plus en plus à droite et de plus en plus favorables aux arguments patronaux et à la déréglementation tous azimuts.
D’autre part parce que les compagnies aériennes et les directions d’aéroports jettent systématiquement de la poudre aux yeux quant au rythme des remplacements des avions, des matériels et des carburants polluants et bruyants. Dans les faits, il est bien moins rapide et efficace que ce qu’elles annoncent à chaque détour de conversation.
Et enfin parce que les contrôles des niveaux de pollution sonore et autres sont, dans la réalité, beaucoup moins nombreux et beaucoup plus limités qu’annoncé (et promis !) et qu’en cas de dépassements, les sanctions sont rares et insignifiantes, comme l’a encore démontré il y a quelques semaines le reportage du magazine Investigation sur La Une (RTBF).
Un collectif en plein envol
C’est tout cela – et bien d’autres choses encore – que pointe le collectif Stop aux nuisances de l’aéroport de Charleroi qui déploie actuellement une activité énorme pour expliquer tous les problèmes liés à l’extension des activités de l’aéroport.
Il faut dire au passage que l’enquête repose sur un document de près de 1.200 pages, difficile voire impossible à consulter et à comprendre en quelques jours seulement. Le collectif a donc mené un gros travail d’analyse et il multiplie les réunions publiques dans les communes les plus directement concernées.
L’un des points les plus sensibles concerne la hausse du nombre de vol annoncée avec gourmandise par BSCA – 34.000 vols en plus en comparaison avec le niveau de 2019, soit 67% d’accroissement – qui suscite l’inquiétude et des riverains et la colère de tous ceux qui se sont penchés avec sérieux sur ce dossier. Car, pour le collectif et de nombreux autres chercheurs, il est clair que l’aéroport génère davantage de nuisances que de bénéfices pour la région et les habitants et qu’il représente en plus un gouffre financier pour la Ville de Charleroi.
Réponse rapide
Cette enquête publique pour le renouvellement des permis de BSCA se termine le 25 février. Il est donc important de réagir très vite. Vous trouverez de très nombreux éléments pour cela sur la page Facebook du collectif et/ou en le contactant directement.
Et, bien sûr, l’activité du collectif ne s’arrêtera pas le 25 février…


