Namur – Le Parc Léopold (provisoirement) à l’abri !

Namur – Le Parc Léopold (provisoirement) à l’abri !

Ce mardi 11 février, l’association Ramur nous a fait part d’une victoire importante dans la lutte engagée il y a plus de douze ans contre le projet « Le Côté Verre » porté par Besix et la Ville de Namur pour transformer le quartier du parc Léopold. Ce projet dévastateur, qui comprenait notamment l’abattage de tous les arbres restants, était un mastodonte s’étalant sur plus de 44.000 m² et composé d’un centre commercial, de bureaux et d’unités résidentielles.

Le parcours du dossier, depuis 2012, a pour le moins été chaotique, entre diverses enquêtes publiques et consultations populaires (dont les autorités n’ont pas finalement tenu compte), contre-projet proposé par Ramur (dont les autorités n’ont pas non plus tenu compte), mobilisations citoyennes organisées par l’association pour faire revivre le parc Léopold par des actions symboliques, … jusqu’à une décision du Conseil d’Etat qui est venue stopper (momentanément ?) ce ballet infernal !

En effet, le Conseil d’État vient d’annuler l’arrêté ministériel du 1er août 2022 qui validait définitivement le Périmètre de Remembrement Urbain (PRU) « Quartier Léopold » à Namur. Or, ce document est la base légale qui permettait la destruction du parc et la transformation ou construction de bâtiments. Cette annulation du PRU empêche donc de facto la poursuite du projet.
C’est une décision forte, qui repose sur des manquements graves en matière de procédure et de participation citoyenne et qui aura des conséquences beaucoup plus larges, à Namur et ailleurs. Ramur propose ici une première analyse « à chaud ». Nous reviendrons bientôt plus en détail sur ce dossier et sur la décision du Conseil d’Etat.

Quels sont les principaux manquements ?
  1. Un défaut de consultation des autorités environnementales : le Pôle Environnement n’a pas émis d’avis, considérant que le Code du Développement Territorial (CoDT) ne lui conférait pas cette mission.
  2. Une consultation publique insuffisante : Les citoyens et associations concernées n’ont pas été suffisamment impliqués dès les premières étapes du projet, les privant de la possibilité d’influencer la décision.
  3. Une absence d’analyse des alternatives : aucune alternative crédible à la délimitation du périmètre du PRU n’a été sérieusement étudiée, en contradiction avec les exigences de la directive européenne sur l’évaluation environnementale (directive EIPP).
Quelles sont les répercussions ?

En premier lieu, une suspension du projet : le PRU est annulé.

Toute nouvelle version du projet qui serait présentée devra en outre répondre aux exigences légales en matière de transparence, de participation citoyenne et d’évaluation environnementale.

Et par conséquent, toute la procédure revient donc au point de départ.

Pourquoi cette décision est-elle essentielle ?

En premier lieu, elle constitue un précédent important !

Cette décision renforce la jurisprudence en matière de respect des procédures environnementales, posant un cadre plus strict pour les futurs projets d’aménagement en Wallonie.
Cette annulation rappelle l’importance d’une planification urbaine rigoureuse, transparente et participative. Prendre en compte les alternatives et les avis des citoyens n’est pas une option, c’est une obligation.

Ce jugement constitue donc un succès de la plus grande importance pour tous ceux qui (collectifs ou citoyens), comme Ramur, militent pour une meilleure protection de l’environnement.

Et maintenant ?

Ramur, qui avait introduit ce recours, se réjouit de cette décision du Conseil d’Etat qui remet le respect des procédures et la consultation citoyenne au centre des débats. Cependant, le collectif est bien conscient que si une bataille a été gagnée, la guerre est loin d’être finie…

Le Collège communal a d’ailleurs déjà fait savoir par voie de presse son intention de poursuivre le projet initial et ses craintes de voir le promoteur Besix se retirer par lassitude. Une manière de remettre une pression maximale sur le dossier en profitant du battage médiatique actuel ? Affaire que nous ne manquerons pas de suivre de très près…