Soignies – Le projet Holcim sur le site du Perlonjour : une procédure en eaux troubles
Courant janvier 2025, nous vous avions décrit la menace qui pesait sur le site du Perlonjour à Naast, dans l’entité de Soignies. Pour rappel, le Perlonjour est un écrin de biodiversité qui s’est créée autour d’une ancienne carrière sous eaux. La société Holcim Belgique SA n’a rien trouvé de mieux que de vouloir implanter sur ce site bucolique un centre de regroupement, de tri et de prétraitement (concassage/criblage) de déchets inertes. De plus, une partie de la capacité annuelle de 100.000 tonnes (!) demandée dans le permis concernera l’amiante, dont la dangerosité de stockage et de transport n’a plus à démontrer ses effets dévastateurs sur la nature et la santé humaine…
Un comité de riverains, « Soignies Défense Rurale » s’était rapidement constitué pour s’opposer à ce projet. Face aux remarques de nombreux riverains quant à une procédure d’enquête publique pour le moins « boiteuse » (manque de publicité, inaccessibilité des documents relatifs à la demande, un délai annoncé au départ de 15 jours alors que ce type d’enquête publique en nécessite 30, …), l’Autorité communale s’est retrouvée quelque peu acculée et a procédé dans l’urgence à la rectification du délai d’enquête et à l’organisation d’une réunion d’information publique en présence de Holcim.
C’est en vue de préparer cette réunion difficilement obtenue que le collectif s’est adressé à nous afin d’obtenir de l’aide. Après une analyse du dossier par nos équipes, un membre d’Occupons le terrain s’est rendu sur place ce 27 janvier afin de soutenir le collectif et éventuellement poser les questions qui « grattent ». Près de 120 Sonégien(ne)s ont rejoint la réunion, de nombreux sièges supplémentaires ont d’ailleurs dû être trouvés en urgence. Et le modérateur engagé par la Commune pour tempérer les débats a dû faire appel à toutes ses compétences afin de tenter le garder le calme dans l’assemblée…
Nous vous avions alors demandé de réagir en masse à l’enquête publique via le formulaire en ligne automatisé que nous avons créé dans ce but. Et grâce à vous, ce fut un très beau succès. En moins d’une semaine, pas moins de 296 signatures ont été récoltées via ce formulaire ! Merci à vous.
L’enquête publique s’est clôturée le 3 février, et depuis les suites de la procédure semblent avoir plongé dans les eaux profondes du Perlonjour. En premier lieu, l’Autorité communale n’a pas organisé de séance de clôture officielle de l’enquête publique. Il s’agit pourtant d’une obligation légale prévue par le Code de l’Environnement qui régissait cette enquête. Pour rappel, au cours de cette réunion, les citoyens et citoyennes peuvent exprimer oralement leurs dernières remarques qui seront consignées et l’Autorité communale annonce officiellement le nombre de contestations reçues (par voie postale, email, via notre formulaire ou oralement).
Face à ce manquement à la procédure, le collectif a obtenu, après âpres négociations, une rencontre avec la Bourgmestre, l’Echevin de la Mobilité et celui de l’Environnement. Une fois de plus, les réponses fournies lors de cette rencontre sont restées très vagues et jettent plus la confusion dans les esprits qu’elles n’apportent des informations tangibles. Seul le nombre de contestations reçues via le formulaire automatisé a été annoncé par l’Autorité communale, tout simplement car elle savait que nous disposions de ce nombre total enregistré par notre système. Par contre, impossible pour le collectif d’apprendre le total des autres contestations reçues par l’Autorité communale, pourtant nombreuses car une autre lettre-type rédigée avant notre intervention dans le dossier avait énormément circulé dans la population sonégienne. Ce silence de l’Autorité communale quant aux chiffres réels de la contestation est donc pour le moins troublant. Pour le reste, les autres arguments développés lors de cette réunion sont dans le « respect minimum » des procédures mais font visiblement fi de tout moyen d’expression de la contestation citoyenne.
Depuis lors, le collectif a pris contact avec diverses administrations afin de communiquer sur le projet et ses impacts au-delà des frontières communales. Le dossier étant au stade de l’instruction, le devoir de réserve de ces administrations s’impose naturellement. Mais cela ne contribue évidemment pas à apaiser les peurs légitimes de la population. Afin de faire connaître médiatiquement le dossier et s’opposer au projet d’Holcim, le collectif a déposé une pétition en ligne que nous vous invitons à signer et à partager.
Nous resterons particulièrement attentifs aux développements futurs de ce dossier. D’autres initiatives seront probablement prises par ce collectif dans les tous prochains jours et nous vous en tiendrons directement informés.

