Ans – Ne laissons pas massacrer la Petite Fagne ansoise
Il y a quelques mois, un collectif s’est constitué afin de protéger une friche de 17 hectares située à Ans. Par le passé, ce terrain était occupé par une fabrique à huile, une briqueterie et un atelier de construction métallique avec de nombreux hangars. Tous ces bâtiments ont été rasés il y a une cinquantaine d’années.
Depuis lors, la nature a repris ses droits sur la friche et une biodiversité variée s’y est développée. Avec un petit plus : comme des terres de remblai provenant de la région de Spa ont été utilisées en grande quantité, cela a permis à des espèces adaptées au milieu fagnard de s’y installer. Ce sont elles qui ont inspiré le nom du collectif : La petite Fagne Ansoise.
Cet espace vert est par ailleurs connu de la Région Wallonne en tant que Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB). De nombreuses personnes s’y promènent depuis toujours (et leur nombre a augmenté récemment depuis que…
La menace se précise
La société SRL TRASIS INVEST, créée en 2004, installée à Ans depuis 2014 et active dans le domaine de la médecine radioactive, veut agrandir ses installations et s’implanter sur la friche : la petite Fagne Ansoise est en danger de disparition !
TRASIS a organisé une « Réunion d’Information préalable » (RIP) le 12 février 2024 à la Maison communale d’Ans pour présenter un avant-projet qui pourra encore être fortement modifié… ou abandonné à cet endroit et redéployé ailleurs (si le pression est suffisamment forte).
Nous n’en sommes encore qu’au début du processus (voir l’encadré plus détaillé à la fin de cet article). Une RIP de ce type est légalement suivie d’une période de 15 jours pendant laquelle toute personne qui le souhaite (riveraine du site, habitant la commune ou à l’extérieur de celle-ci) peut faire connaître ses remarques, ses questions, ses critiques et ses propositions alternatives qui seront analysées par un bureau d’études dans le cadre d’une Etude d’Incidences sur l’Environnement (EIE). Les conclusions de cette étude seront ensuite transmises à la société Travis qui devra en tenir compte dans la préparation de son projet final.
C’est pourquoi, aujourd’hui, chaque citoyen qui souhaite préserver ce lieu de biodiversité doit réagir en envoyant une lettre d’incidence pour le 27 février 2025, (date limite) à la fois au Service de l’environnement d’Ans et à la société TRASIS.
Comment réagir ?
Il existe deux moyens pour cela:
– Soit par mail à envoyer aux adresses environnement@ans-ville.be et smits@trasis.com avec copie souhaitée à petitefagne.ans@outlook.fr.
– Soit par lettre à envoyer à la fois au Service Environnement et Urbanisme de la Ville d’Ans (Esplanade de l’Hôtel communal, 1 à 4430 Ans) et à la société TRASIS (rue Gilles Magnée, 90 à 4430 Ans).
Si vous le souhaitez, vous pouvez déposer vos deux lettres à l’adresse-relais du collectif « La Petite Fagne ansoise » (Luc Dubois, 32, rue Deltour à 4431 Loncin) qui transmettra aux deux destinataires.
Avec quel contenu ?
Vous pouvez bien entendu envoyer votre propre courrier personnel entièrement rédigé par vous (c’est la meilleure formule !).
Il existe aussi une autre possibilité plus simple et plus rapide : le collectif a rédigé une lettre-type que nous reproduisons ci-dessous et que vous télécharger en suivant ce lien : 2025-02-22 – Site – Ans – Lettre EIE. Lisez-là attentivement ; si vous le souhaitez, modifiez-la et ajoutez-y vos remarques personnelles ; puis envoyez-là (par mail ou par courrier papier) aux adresses mentionnées-là AVANT LE 27 FEVRIER.
Collège communal d’Ans
Service Environnement et Urbanisme
Esplanade de l’Hôtel communal, 1 – 4430 Ans
environnement@ans-ville.be
urbanisme@ans-ville.be
Société TRASIS
A l’attention de Monsieur François SMITS
Rue Gilles Magnée, 90 – 4430 Ans
smits@trasis.com
OBJET : Concerne Projet SRL TRASIS INVEST – Projet de catégorie B
Étude d’incidences sur l’environnement, relative à un projet immobilier soumis à permis unique de classe 2, portant sur la construction d’un ensemble de bâtiments à vocation industrielle sur le site dit « Fabrique à Huile », sis entre les rues de la Fabrique à Huile et Doumier et la ligne de chemin de fer LGV2 (ligne 36). Parcelle Ans, Division 2, Section B, 119W 4.
Madame, Monsieur,
Par le présent courrier, je souhaite porter à l’attention du Service Environnement et Urbanisme ma volonté de voir l’étude d’incidence analyser les points suivants qui me concernent et me préoccupent tout particulièrement :
• La petite Fagne Ansoise m’apporte du bien-être indispensable à la vie en ville qui améliore la qualité de vie des citadins et constitue un espace de jeux pour les enfants des alentours (ex. : mouvements de jeunesse d’Ans).
• La petite Fagne Ansoise est un espace riche de sa flore et de sa faune (dont des espèces protégées) que le projet immobilier proposé va détruire de manière irréparable. Mêmes les arbres qui y constituent une forêt risquent de mourir, soit par le piétinement de leurs racines par les engins de chantier, soit par l’arrachage de leurs racines et de leurs congénères avec qui ils échangent des nutriments. C’est tout un écosystème qui est en péril.
• La forêt citée ci-dessus a une effet essentiel pour la captation de CO2 et de diminution de la température, d’autant plus essentiel pour les habitants qui vivent à proximité du lieu. Ce projet menaçant une forêt qui grandit et qui agit déjà sur son environnement serait-il cohérent avec la politique de transition de la ville d’Ans qui plante plusieurs milliers d’arbres ?
• La diminution de la surface verte pour construire les bâtiments et les nouvelles voiries va engendrer une diminution du pouvoir de rétention en eau de cette parcelle. Quels seront les impacts sur les écoulements des eaux souterraines et les eaux de ruissellement ?
• Le site concerné par le projet regorge de galeries souterraines. Quels seront les impacts des travaux de construction, en particulier les travaux de terrassements, sur ces galeries souterraines et sur la stabilité du nouveau site ainsi que des maisons avoisinantes? Quel sera l’impact sur le réseau d’égouttage existant ?
• Le projet va augmenter le nombre de véhicules dans une zone déjà saturée, sur des voiries avec des places de parkings insuffisantes, ce qui va amener de nouveaux embouteillages aux heures de pointes et de l’encombrement pour toutes les voiries alentours.
• Le promoteur vante la proximité de la gare et la mobilité douce. Toutefois, l’accès à la gare à pied prend 10 minutes et se révèle parfois un vrai challenge dû au trafic routier. Il n’existe pas de pistes cyclables pour se rendre du quartier, et encore moins à partir du site, à la gare d’Ans.
• Le projet va, de manière certaine, produire de la pollution de l’air (chauffage des logements et circulation des voitures), de la pollution sonore et de la pollution lumineuse.
• Quelle sera l’impact de la pollution lumineuse causée par la présence du site (l’éclairage des voiries privées et des habitations) sur le bien-être des riverains qui ont une vue directe sur ce lieu, ainsi que sur la flore et la faune alentour ?
En conclusion, ce projet individuel ne peut se concevoir de manière isolée. Il convient de l’examiner de manière globale si l’on veut réellement avancer en matière de mobilité douce, d’écologie, de sociologie, de ressources en eau, car il vient s’insérer dans une situation existante au niveau de la ville et de ses environs. En outre, il doit vivre sur la durée.
REMARQUES PERSONNELLES :
En vous remerciant d’avance pour votre attention,
NOM :
PRENOM :
ADRESSE :
CODE POSTAL :
COMMUNE :
SIGNATURE (uniquement pour les courriers papier, inutile pour les mails) :
RIP, EIE, EP,… comment s’y retrouver ?
Lorsqu’un promoteur veut faire construire un nouveau bâtiment, un lotissement,… d’une certaine importance, il doit suivre une procédure détaillée.
Celle-ci commence par une Réunion d’Information Préalable (RIP) où le promoteur présente à la population son avant-projet. Celle-ci ouvre une période de 15 jours durant laquelle toute personne qui le souhaite peut adresser des questions, remarques, critiques et propositions au bureau d’études qui doit réaliser une Etude d’Incidences sur l’Environnement (EIE).
C’est dans cette phase que se trouve actuellement le dossier à Ans, qui a commencé par la RIP du 12 février et qui se termine donc le 27 février.
Une fois cette Etiude (EIE) terminée (cela prend généralement plusieurs mois), elle est transmise au promoteur qui pourra alors intégrer ses recommandations dans ce qui deviendra alors son projet « définitif ».
Celui-ci fera l’objet d’une demande de permis qui sera soumise à une enquête publique (EP) d’une durée de 15 ou 30 jours avant la prise de décision par les autorités concernées (communales ou régionales) d’accorder ou non le permis.
Et le processus peut se poursuivre encore un certain temps si le promoteur ou les habitants ne sont pas d’accord avec la décision de la commune et déposent des recours auprès du gouvernement wallon ou du Conseil d’Etat.
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RIP, EIE, EP,… comment s’y retrouver ? Celle-ci commence par une Réunion d’Information Préalable (RIP) où le promoteur présente à la population son avant-projet. Celle-ci ouvre une période de 15 jours durant laquelle toute personne qui le souhaite peut adresser des questions, remarques, critiques et propositions au bureau d’études qui doit réaliser une Etude d’Incidences sur l’Environnement (EIE). C’est dans cette phase que se trouve actuellement le dossier à Andenne, qui a commencé par la RIP du 19 février et qui se termine donc le 6 mars. Une fois cette Etude (EIE) terminée (cela prend généralement plusieurs mois), elle est transmise au promoteur qui pourra alors intégrer ses recommandations dans ce qui deviendra alors son projet « définitif ». Celui-ci fera l’objet d’une demande de permis qui sera soumise à une enquête publique (EP) d’une durée de 15 ou 30 jours avant la prise de décision par les autorités concernées (communales ou régionales) d’accorder ou non le permis. Et le processus peut se poursuivre encore un certain temps si le promoteur ou les habitants ne sont pas d’accord avec la décision de la commune et déposent des recours auprès du gouvernement wallon ou du Conseil d’Etat. |

