Code Rouge contre l’ Agroalimentaire: Nourrir les gens, pas le profit financier…

Code Rouge contre l’ Agroalimentaire: Nourrir les gens, pas le profit financier…

Ce samedi 1er mars, l’action de Code Rouge contre CARGILL a été un événement marquant dans le paysage des luttes environnementales et sociales. Code Rouge, un collectif engagé pour la justice climatique et sociale, a décidé de s’attaquer à CARGILL , un géant agroalimentaire multinational, en raison de ses pratiques jugées nuisibles à l’environnement et aux communautés locales.

En effet, CARGILL, l’une des plus grandes entreprises de négoce et de transformation de produits agricoles au monde, est souvent critiquée pour son impact sur la déforestation, la biodiversité et les droits des travailleurs. Chloé Levain de Code Rouge explique: “Au cours de l’année écoulée, les agriculteur·ices sont descendu·e·s en masse dans les rues pour réclamer une réforme du système alimentaire, et iels avaient raison. Les agriculteur·ices parviennent à peine à joindre les deux bouts, alors que l’agro-industrie réalise des profits sans précédent. Ces entreprises ne produisent pas de nourriture, elles produisent de la misère. Ensemble, choisissons un système alimentaire plus juste et plus écologique, sans entreprises comme Cargill !”  L’action de ce week-end visait donc à sensibiliser le public sur les conséquences des activités de CARGILL, notamment en matière de production de soja et d’huile de palme, qui sont souvent associées à la destruction des écosystèmes et à des violations des droits humains.

Le collectif a organisé des manifestations, des campagnes d’information et des actions directes pour attirer l’attention sur ces problématiques tout au long du week-end. Le blocage du site CARGILL au port de Gand par plus de 1.400 activistes le samedi 1er mars en a été le point d’orgue, surtout au niveau médiatique. Le dimanche 2 mars, c’est une manifestation devant le siège social de CARGILL (à Malines) suivie d’une conférence (à Bruxelles) sur l’avenir de l’agriculture qui étaient organisées par Code Rouge. Ces initiatives visent à mobiliser les citoyens et à inciter CARGILL à adopter des pratiques plus durables et éthiques. Code Rouge appelle également les consommateurs à prendre conscience de l’origine des produits qu’ils achètent et à privilégier ceux qui respectent l’environnement et les droits des travailleurs.

 

 

Cargill et l’agro-industrie

CARGILL achète des produits aux agriculteur·ices et les transforme principalement en produits bon marché qu’elle commercialise dans le monde entier. Sur le site gantois, par exemple, CARGILL transforme du soja en aliments pour animaux et en bio-carburant. Une entreprise gigantesque telle que CARGILL a la mainmise sur l’ensemble de la chaîne alimentaire: elle achète à prix très faible les produits des agriculteur·ices, encourage les monocultures et l’utilisation massive d’engrais et de pesticides, avec toutes les conséquences que cela implique pour la biodiversité, l’environnement et le climat. « Cargill oblige les agriculteur·ices à augmenter toujours plus les surfaces qu’iels cultivent, les empêchant de s’occuper correctement de leurs sols ou de leurs animaux et les obligeant à acheter des produits de plus en plus chers. Cargill rend les travailleur·euses agricoles dépendant·e·s des ventes aux enchères et des supermarchés, ce qui se traduit par des prix bas et une insécurité alarmante. Dans le même temps, ces entreprises importent des produits bon marché qui ne sont pas soumis aux mêmes exigences en matière d’environnement et de bien-être animal. Pour survivre, les agriculteur·ices doivent faire de gros investissements et signer des contrats qui les rendent encore plus dépendant·e·s des entreprises, des banques et des gouvernements ».

Quelques chiffres :

  • 20% des agriculteurs et agricultrices wallon·ne·s vivent sous le seuil de pauvreté (source)
  • Le chiffre d’affaires de CARGILL s’élève à 160 milliards en 2024 (source)
  • 100% des parts belges de CARGILL sont aux mains d’un holding luxembourgeois, leur permettant d’échapper à l’imposition en Belgique (source)
  • En 2024, la famille Cargill-MacMillan a reçu 2 milliards de dollars en dividendes et actions (source)
  • CARGILL contrôle, avec trois autres entreprises, 70% du marché global des céréales (source)

Solidarité avec les agriculteur·ices

Le mouvement de désobéissance civile a déjà ciblé l’aviation privée et les entreprises d’énergie fossile TotalEnergies et Engie. Aujourd’hui, il adopte une approche différente : il fait campagne en solidarité avec les travailleur·euses agricoles. Chloé Levain de Code Rouge déclare: “Les agriculteur·ices vivent de la terre : iels sont les premier·es à souffrir du changement climatique et de la dégradation de l’environnement. On pense bien sûr à la pénurie d’eau, à la perte de fertilité des sols et de biodiversité, aux conditions météorologiques extrêmes, aux saisons imprévisibles… C’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui en solidarité avec nos agriculteur·ices, pour lutter ensemble pour un système alimentaire plus juste et plus écologique.”

Cette action était soutenue par une large partie du monde agricole, dont vous pouvez découvrir la carte blanche, une lettre rédigée par 150 agriculteur.ices à cette occasion.

De notre point de vue, l’action de Code Rouge contre CARGILL s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre le changement climatique et pour la justice sociale. Elle met en lumière le rôle des multinationales dans la crise écologique et souligne l’importance de la responsabilité sociale des entreprises. En s’attaquant à des acteurs économiques puissants comme Cargill, Code Rouge espère contribuer à un changement systémique nécessaire pour un avenir plus durable et équitable. Cette lutte est essentielle pour garantir un équilibre entre les besoins économiques et la préservation de notre planète.