Liège – Permis refusé pour la maison de détention à Grivegnée

Liège – Permis refusé pour la maison de détention à Grivegnée

Comment couler une bonne idée ? En la plaçant à un mauvais endroit et en essayant de l’imposer à la population ! Nouvelle illustration avec le projet de création d’une maison de détention à Grivegnée qui vient d’être définitivement coulé.

Petit rappel : la création de maisons de détention telles que les avaient promues l’ancien ministre fédéral de la Justice Vincent van Quickenborne était une plutôt bonne idée au vu de la situation désastreuse des prisons surpeuplées en Belgique. Elles étaient destinées à accueillir des détenus devant exécuter de courtes peines (moins de trois ans de prison) et « présentant un profil de risque faible et motivés pour reprendre leur vie en main ». Prévues pour accueillir quelques dizaines de détenus, elles devaient leur permettre de recevoir un suivi de réinsertion sociale et professionnelle et de faire quelques sorties à l’extérieur.

Voilà pour la bonne idée. Par contre, le grand prix du mépris social est attribué sans hésitation à ceux qui ont choisi le lieu d’implantation pour la future maison de détention à Liège. Saisissant l’occasion de pouvoir mettre la main sur un bâtiment qui a servi jadis d’auberge de jeunesse puis de centre de réunion, ils ont donc eu l’idée d’installer cette maison de détention en plein cœur du quartier de Grivegnée.

Détaillons un peu la situation : il s’agit d’un quartier ancien, jadis florissant mais dont certaines rues sont clairement en voie de précarisation et d’appauvrissement ; le bâtiment existant est au centre d’un petit parc, seule zone verte aux alentours ; il était prévu dans le projet de construire à côté du bâtiment existant (et en détruisant une grande partie de la zone verte) une annexe en mode « silo industriel » du plus mauvais goût architectural ; aucune réflexion n’avait été menée pour assurer la circulation et le parking du personnel et des fournisseurs.

Sans doute pour éviter une opposition dès l’annonce du projet, les brillants esprits du ministère et de la Régie des Bâtiments n’avaient ni concerté ni même simplement informé la Ville de Liège de ce projet. Résultat inévitable et immédiat : dès que le projet a été rendu public, il a provoqué une levée de boucliers dans tout le quartier. Des centaines d’habitants ont signé une pétition contre le projet et la Ville a rendu un avis négatif !

Le fonctionnaire-délégué de la Région a refusé le permis en novembre 2024 mais la Régie des Bâtiments a introduit un recours le mois suivant. La direction juridique des recours du contentieux du Service Public de Wallonie a ensuite rendu un refus et le ministre wallon de l’Aménagement du territoire vient de mettre un terme à l’affaire en confirmant ce refus.

Victoire donc pour les habitants du quartier qui avaient l’impression de se retrouver mis devant un fait accompli et défaite complète pour un projet qui avait du sens mais qui a été littéralement suicidé par ses propres initiateurs !