Soignies – Enquête publique : les carrières du Clypot menacées par un concasseur pour béton

Soignies – Enquête publique : les carrières du Clypot menacées par un concasseur pour béton

L’entreprise CCB souhaite développer une unité de recyclage des déchets de béton sur son site carrier du Clypot, à Soignies. Ce projet, actuellement en enquête publique, vise à intégrer une démarche d’économie circulaire en réutilisant des matériaux recyclés et en limitant les déchets. L’objectif annoncé par CCB est de recycler jusqu’à 60.000 tonnes de déchets de béton par an, provenant de ses centrales en Belgique et en France. Ces déchets seront transformés en granulats recyclés et réintroduits dans le cycle de production. L’entreprise insiste sur l’absence d’augmentation du tonnage total de production, qui restera fixé à 950.000 tonnes par an.

Si CCB met en avant les avantages environnementaux et logistiques de cette initiative, certaines inquiétudes se font entendre parmi les riverains, notamment vis-à-vis du charroi de camions, des nuisances sonores, de la pollution de l’eau et de l’air, … Les poussières dégagées par le concassage et le transport constituent l’élément qui suscite le plus de craintes : en effet, les constituants naturels ou artificiels des ciments sont susceptibles de contenir de la silice cristalline, nocive pour la santé lorsqu’inhalée sous forme de poussière fine. Or ces poussières de silice cristalline sont reprises comme agents cancérigènes de le Code du bien-être au travail, où il est bien stipulé que les employeurs doivent déterminer la durée d’exposition des travailleurs. Or, le dossier de demande de permis ne mentionne pas la gestion de la silice, pourtant un danger reconnu.

Un collectif de citoyens opposés à ce projet est donc en cours de formation et nous a transmis une lettre-type de réponse à l’enquête publique.

Occupons le Terrain apporte donc tout son soutien au collectif et vous invite à signer et à faire signer largement la lettre qui suit.

Attention! L’enquête publique s’est achevée le vendredi 25 avril 2025.


Vous pouvez retrouver ci-dessous la lettre-type rédigée par le collectif et qui a été utilisée dans le cadre de l’enquête publique :

Objet : Réponse à l’enquête publique relative à la demande de Permis d’environnement introduite par CCB
Réf. Dossier n°2025/899-10018987/LNA.jca

Madame la Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Echevins,

Je vous prie de trouver ci-dessous mes préoccupations et remarques en ce qui concerne la demande de CCB pour implanter et exploiter un centre de regroupement, de tri et de prétraitement de déchets de béton en provenance de ses centrales à béton, demande qui suscite également une grande inquiétude pour les raisons suivantes :

  1. Provenance :

Les déchets de béton doivent provenir uniquement des centrales béton CCB. Comment pouvez-vous garantir que CCB mettra tout en œuvre afin d’exécuter les contrôles qui s’imposent quant à la provenance des déchets ?  En effet, les erreurs et négligences dans d’autres centres de tri montrent que les contrôles visuels en amont ne sont pas infaillibles. Un simple contrôle visuel comme spécifié dans la procédure d’acceptation par le demandeur (page 62) ne peut être considéré comme un moyen suffisant d’évaluer la dangerosité des déchets, sans aucune possibilité de détection des substances polluantes inodores et invisibles.

  1. Cubage autorisé :

Les 60.000T de déchets de béton par an font partie des 950.000T prévues par le permis actuellement en vigueur. Quelles garanties et moyens de contrôle avez-vous pour limiter les risques de dérives et la transformation progressive d’un site carrier en un site de recyclage de béton ?

  1. Charroi et voirie :

Selon le demandeur, le présent projet n’induira pas d’augmentation du charroi par rapport à la situation maximale autorisée, puisque la quantité globale reste inchangée (page 70). Or, si l’on considère que le maximum de 950.000 tonnes par an de granulats valorisés n’a pas été atteint en 2024, le nombre de camions augmentera donc sur la voie publique avec la mise sur pied du recyclage du béton. De plus, les camions chargés de béton emprunteront le chemin du Clypot, voirie refaite récemment mais incapable de supporter ces 44 tonnes. A ce jour, trop de camions sortent encore des carrières non bâchés. Pour les riverains, il est important d’imposer un bâchage systématique pour les camions transportant ce type de déchets tant à la réception qu’à l’exportation.

  1. Pollution de l’air : particules fines – poussières cancérigènes

Les poussières générées par le concassage, le stockage, la manutention ou le transport auront immanquablement un impact sur la santé des riverains. Le processus de production en lui-même engendrera des rejets atmosphériques dont le béton est le composant majoritaire. Dans sa newsletter de mars 2025*, CCB lui-même mentionne la présence de silice :  « les poussières émises lors de cet évènement étaient majoritairement composées de calcaire broyé, une roche naturelle contenant de la silice. (…) La silice est une substance qui peut avoir un impact sur la santé à forte concentration et sur une longue durée … » . Or, le dossier de demande de permis d’environnement de CCB ne fait nulle part mention de silice.

La silice cristalline est classée cancérogène pour l’être humain par le Centre Internationale de Recherche sur le Cancer (Groupe 1) de l’Organisation mondiale de la Santé.

* https://www.riverains-carrieres-tournaisis.be/doc/CCB_communication%20mars%202025.pdf

Si, depuis 2020, les entreprises sont tenues légalement de prendre des mesures pour protéger leurs travailleurs, il n’existe, par contre, aucune norme pour protéger les habitants de ces poussières cancérigènes. Pour mieux évaluer les risques sanitaires des riverains du site d’activités émettrices de silice cristalline, nous exigeons l’ajout de l’élément suivant dans les conditions particulières du permis, à savoir : le prélèvement régulier des émissions de particules fines dans l’environnement, dans et autour du site d’exploitation (min 700m) et rendre accessible les données issues de cette surveillance.

Il est également recommandé d’étudier l’impact sur les cultures agricoles ainsi que l’élevage.

  1. Concassage à sec :

Le demandeur mentionne (pages 28 & 69) que la nouvelle installation de concassage-criblage des déchets de béton opère à sec : pas de consommation spécifique d’eau.

Le concassage à sec augmente la diffusion des poussières dans l’air. Il est indispensable de limiter au maximum les rejets atmosphériques déjà très nombreux aux alentours du site. C’est pourquoi, nous exigeons l’obligation de l’abattage des poussières par l’eau et ce, systématiquement afin de réduire significativement la concentration atmosphérique des poussières.

  1. Impact sur les eaux :

Dans le cas où l’eau est utilisée pour réduire les poussières durant l’opération de concassage, aucune mesure n’est prévue pour limiter la concentration de silice dans la Gageole ou près de la zone de captage d’eau. Une étude d’incidences sur l’environnement devrait être menée (EIE).

  1. Nuisances sonores :

S’agissant d’un concasseur mobile, quel moyen de contrôle ou quelle garantie avons-nous que le concasseur mobile sera systématiquement positionné à l’endroit prévu ? En effet, une déviation de 50 m de l’endroit prévu pourrait avoir un impact acoustique conséquent entraînant un dépassement des normes DB autorisées.

De plus, l’étude acoustique a été réalisée sur base d’un niveau de puissance théorique du concasseur mobile.

Un relevé des émissions sonores doit absolument être effectué et communiqué une fois le concasseur mobile installé car une modification de 3 DB par rapport au niveau théorique engendrerait un dépassement des normes acoustiques comme mentionné dans le rapport initial et nécessiterait un ou des aménagements.

Enfin, il y aurait lieu de boiser davantage les merlons sur plusieurs lignes entre l’entreprise et les zones d’habitations afin d’atténuer le bruit, notamment ceux situés le long de la rue Godimont.

Remarques personnelles

 

 

 

 

En conclusion:

Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, je m’oppose fermement à l’octroi du permis demandé, repris en objet de cette lettre. Je souhaite être tenu au courant de l’évolution du dossier.

D’avance, je vous remercie pour la suite réservée à cette lettre et vous prie de recevoir, Madame la Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Echevins, l’assurance de ma considération distinguée.

 

NOM : ……………………………………………………
PRENOM : ………………………………………………
ADRESSE : ……………………………………………………………………………………………
CODE POSTAL : ………… COMMUNE : ……………………………………………..……………
DATE : Le …  ……… 2025

SIGNATURE :