Waremme – La Ville annonce vouloir acheter le Bois de la Tannerie

Waremme – La Ville annonce vouloir acheter le Bois de la Tannerie

Ce n’est pas encore tout à fait une victoire mais c’est une nouvelle avancée : le bourgmestre de Waremme a annoncé le 14 avril, lors de la dernière séance du Conseil communal, que la Ville envisageait d’acquérir une grande partie de la parcelle du bois de la Tannerie, qui était menacée par un projet immobilier dont ni la Ville, ni les riverains ni le collectif d’habitants ne voulaient.

Une solution complète et définitive devrait arriver dans les prochains mois. En attendant, c’est l’occasion de revenir sur ce projet qui a été l’objet d’une belle mobilisation.

Un projet ravageur

Dans la catégorie des projets destructeurs d’un maximum d’espaces verts sur une surface limitée, celui-là méritait certainement un prix!

Rue de la Tannerie, aux abords de l’hyper centre-ville de Waremme, se trouve un petit bois d’environ 3000 m². Il jouxte un ruisseau (le Geer) et est la continuité de l’étang de pêche, ce qui en fait un lieu plus qu’appréciable pour l’accueil de la biodiversité.

C’est le lieu qu’a choisi la société SEDAB Invest pour construire 53 places de parking, un immeuble à appartements, un centre médical, un centre polyvalent, un espace communautaire et des bureaux. Et pour construire tout ça, il faut simplement raser le bois!

Jetez un œil sur les deux illustrations ci-dessus, en mode « Avant » et « Après » (si SEDAB avait pu mener à bien son projet!).

A V A N T

A P R E S

En décembre 2023, la Ville de Waremme avait rejeté ce projet, en s’appuyant sur sa décision d’imposer un moratoire suspendant toute nouvelle demande de permis pour des lotissements. Le promoteur avait contesté cette décision en introduisant un recours auprès de la Région wallonne. Malgré un nouveau refus de la Région en mars 2024, le ministre en charge de l’Aménagement du Territoire à l’époque, Willy Borsus, avait quand même (comme en bien d’autres endroits!) accordé le permis de construire.

Première victoire au Conseil d’État

Heureusement un collectif « Sauvons le Bois de la Tannerie », s’est formé en août 2024 pour refuser l’abattage des 82 arbres, conserver la qualité de l’air et l’effet rafraîchissant naturel d’un tel espace boisé et pointer le risque d’inondations si les arbres ne drainaient plus l’eau sur le site. Le collectif a lancé une pétition pour se faire entendre au Parlement de la Région wallonne et annoncé qu’il envisageait un recours au Conseil d’État.

Suite à la pression exercée par cette pétition (plus de 2300 signatures en quelques jours), la Ville a décidé de déposer son propre recours dans le cadre dit « en extrême urgence » au Conseil d’Etat. Bien lui en a pris: fin septembre, le Conseil d’État a décidé la suspension temporaire des travaux.

Depuis lors, le dossier avait quitté la lumière de l’actualité publique et des discussions avaient lieu entre les avocats de la Ville et du promoteur. Jusqu’à l’annonce par le bourgmestre d’un rachat de terrain pour sécuriser l’avenir du bois.