Liège – Le poumon vert de Burenville en danger
L’ancien charbonnage de Burenville à Liège (situé sur les hauteurs de la rive gauche de la Meuse, entre la rue des Hotteuses et la rue de l’Espérance) est fermé depuis 1974. Le site est aujourd’hui en friche et a été conquis par la végétation, dont un grand nombre d’arbres.
Évidemment, un tel endroit, pas trop loin du centre-ville et à côté d’un accès autoroutier est un véritable aspirateur à promoteurs. Dans ce cas-ci, c’est la société Matexi qui affirme vouloir y construire – devinez quoi – un « écoquartier » (what else?) qu’elle a baptisé « Belle Fleur 187 » en souvenir du passé minier de l’endroit. Au menu, plus de 400 logements, mêlant au moins 150 maisons et 250 appartements. Avec les promesses habituelles: sauvegarde d’une partie de la végétation actuelle, un parc aménagé d’un hectare, une partie des parkings en sous-sol, une attention pour la mobilité douce,…
Pour les habitant·e·s du quartier, la vision est moins idyllique. Le site est minier, instable et jalonné de puits de mine non sécurisés qui risquent de s’affaisser. Le sol est pollué (métaux lourds, hydrocarbures), rendant le terrain dangereux pour la santé publique, notamment en cas de dispersion des particules pendant les travaux. Le projet est situé en zone d’aléas d’inondation et de ruissellement, qui seront aggravés par l’artificialisation des sols. Le chantier, prévu pour durer plus de 20 ans, va causer de fortes nuisances (bruit, poussières nocives, vibrations qui risquent d’endommager gravement les maisons avoisinantes). La circulation, déjà très problématique à l’heure actuelle, risque de devenir intenable et le stationnement quasi impossible (à ce propos, Matexi vante la proximité de son projet avec la future ligne de Busway 1. Mais le futur est plus que flou en ce domaine puisque les 4 lignes de Busway auraient dû démarrer en même temps que le tram mais les 3 principales lignes, dont la 1, sont désormais attendues… pas avant 2030 (et sans doute plus tard!).
A tout cela s’ajoute évidemment la question centrale: le terril est devenu un véritable « poumon vert » dont la disparition aurait des effets négatifs. La Ville de Liège affirmant vouloir désormais ne plus accepter de constructions sur des terrains qui ne l’ont pas été auparavant, il faudra la convaincre qu’un ancien terril, tout « industriel » et « artificiel » qu’il ait été mais qui a été conquis par la végétation est bel et bien un espace vert rendant de nombreux services à la population et devant être conservé.
Un collectif « Sauvons le poumon vert de Burenville » s’est créé récemment pour informer la population de la réalité du projet Matexi. Si vous voulez entrer en contact avec lui, rendez-vous sur sa page Facebook, toutes les bonnes volontés seront bien accueillies!
Le processus légal n’en est encore qu’au début de son parcours. Une réunion d’information publique (RIP) devait avoir lieu en mars mais elle n’a pas encore été organisée. Le promoteur présentera son avant-projet lors de celle-ci. Cette RIP ouvrira une période de consultation pendant laquelle chacun·e pourra poser des questions, émettre des critiques et proposer des alternatives qui seront traitées dans le cadre d’une Enquête d’Incidences sur l’Environnement (dont la réalisation demande généralement quelques mois). Une fois celle-ci réalisée, Matexi devra en intégrer les conclusions dans son dossier avant de déposer officiellement une demande de permis pour son projet. Celle-ci donnera lieu à une enquête publique, qui sera suivie par une décision de la Ville de Liège… et de possibles recours en justice.
Cela peut sembler long mais peut ne prendre qu’un an (recours en justice non compris!). Alors, autant se préparer bien à l’avance sans perdre trop de temps…


