Neupré – Pas de nouvelle « industrie à banquets » à Neuville-en-Condroz
Au début du mois de janvier, le petit village de Neuville-en-Condroz a vu débarquer un projet pharaonique ayant pour objectif la transformation de l’ancienne ferme attenante au château. Dans ce projet, il était prévu d’accueillir rien de moins qu’un hôtel (17 chambres), des installations wellness, deux gîtes (40 places au total), un restaurant et une salle pour banquets (350 places assises, 450 debout!).
Bien entendu, tout cela était emballé dans la perspective attrayante de « dynamiser la commune ». Ce projet a pourtant été très vite considéré par les riverains comme étant en réalité une « Industrie à banquets et autres événements divers et variés ». Toutes ces activités auraient immanquablement amené beaucoup de monde, beaucoup de voitures et de trafic, du bruit et des nuisances pour tous ceux qui ont décidé de vivre dans un village régi par des prescriptions urbanistiques drastiques. Par ailleurs, de nombreux habitants de la commune ont déjà subi de fortes nuisances sonores à l’occasion d’événements et de banquets organisés dans la structure actuelle du vieux château et ne souhaitent évidemment pas que ces nuisances se multiplient.
Arrogance, insouciance et incompétence
Une demande de permis unique avait été déposée pour ce projet et l’avis d’ouverture de l’enquête publique affiché le 3 janvier (pour minimiser les risques de réaction dans la population?). Fait étonnant, le dossier ne comprenait pas d’enquête d’incidences sur l’environnement. Ce qui fait qu’on ne trouvait dans ce dossier aucune analyse de l’impact du projet sur le trafic local, aucune mesure ou analyse des émissions de bruit, aucune mesure particulière d’isolation phonique pour empêcher la dispersion du bruit inévitablement généré par ces activités,… Il n’y avait non plus aucune analyse des conséquences de ces activités sur la réserve ornithologique située à proximité ni référence au fait que le grand Cimetière Américain (internationalement connu et visité) interdit toute activité de vacances et de parc d’attraction aux parcelles qui bordent son territoire!
A un tel niveau, on se frotte les yeux en se demandant s’il n’y a pas des documents qui ont échappé à la lecture. Et bien non! Cet incroyable mélange d’arrogance, d’insouciance et d’incompétence (« C’est un projet magnifique et de prestige, on ne va perdre notre temps à s’encombrer avec des détails sans importance, ces péquenots de riverains et de décideurs communaux ne vont quand même pas oser nous faire … ») n’est pourtant pas si rare que cela. Par exemple, à Beyne-Heusay, en plein milieu du parc du Ry-Ponet, un projet de transformation de la ferme Sainte-Anne en dancing et salle de fête, reposait sur la même attitude de la part du promoteur… et s’est terminé par un échec total pour celui-ci.
Refus clair et net
Lorsque ce projet a débarqué à Neupré, la bourgmestre (MR) avait laissé entendre qu’elle prendrait conseil auprès d’un avocat pour tenter de modérer ces activités… Les riverains, eux, s’étaient mobilisés avec une soixantaine de réclamations et une pétition avec 73 signatures). Début avril, le fonctionnaire-délégué de la Région wallonne a rendu un avis défavorable et, peu après, le Collège communal de Neupré a rendu son verdict: même pas d’acceptation sous (éventuellement fortes) conditions, mais un refus pur et simple!
Même si un recours du promoteur du projet auprès de la Région wallonne et du Conseil d’État est toujours possible, on peut d’ores et déjà féliciter toutes celles et tous ceux qui ont bloqué un projet aussi nocif et méprisant pour la population.


