Ans Park non merci ! Ans n’a pas besoin d’un nouveau projet-dinosaure
Un vaste espace (120.000 m²) situé sur la commune d’Ans mais en bordure immédiate du quartier de Rocourt (Liège) fait l’objet d’un énorme projet commercial qui est soumis à l’enquête publique depuis le 19 avril et jusqu’au 17 mai.
Depuis une quinzaine d’années, les groupes « Ardent Real Estate » et « De Vlier Real Estate » travaillent sur un projet qui vise à transformer totalement l’ensemble de cet espace. Il prévoit la construction d’une tour de 6 étages avec des bureaux aux étages et de l’Horeca au rez-de-chaussée, un deuxième bâtiment de commerces et de bureaux et enfin un troisième consacré à des activités sportives d’intérieur.

Ce projet est un exemple parfait de ce qu’il ne faut plus faire aujourd’hui, et cela pour plusieurs raisons :
- Il prévoit la création de nouvelles structures commerciales alors que toute la zone où il devrait voir le jour est aujourd’hui saturée de commerces de type « grandes surfaces » et surtout complètement bouleversée par la fermeture des deux grandes surfaces phares, le Makro (déjà fermé) et le Cora (fermeture programmée pour la fin de l’année);
- Il intègre une tour de bureaux alors qu’il n’y a aucune voie de transport en commun à proximité, ce qui signifie que la grande majorité des employés seront obligés de venir au travail en voiture, augmentant encore la congestion habituelle dans beaucoup d’endroits à Ans;
- Le même argument s’applique évidemment aussi aux commerces et aux activités de loisirs. Cela explique pourquoi ce projet implique l’asphaltage de toute une partie de la zone pour pouvoir y installer 1400 emplacements de parking, un non-sens complet alors que partout on souhaite donner la priorité à la mobilité collective (tram, bus et train) et à la mobilité douce (vélo et marche à pied);
- Un tiers de la surface visée par ce projet est aujourd’hui consacrée à l’agriculture. Détruire et bétonner ces terres, c’est aller à l’encontre de tout ce qu’il faut faire aujourd’hui pour faire vivre une agriculture urbaine et locale qui s’évère de plus en plus indispensable;
- Ce projet se contente de rajouter des commerces et des bureaux à la vaste zone commerciale qui va d’Alleur à Rocourt et qui est en voie d’être sinistrée par les fermetures du Makro et du Cora. Il ne repose sur aucune réflexion d’ensemble sur l’avenir de cette zone.

Elément important: la Ville de Liège, dont l’avis était demandé à cause de sa proximité immédiate avec l’espace visé par ce projet, vient de rendre un avis résolument négatif à celui-ci.
Attention! L’enquête publique s’est achevée le samedi 17 mai 2025.
Vous pouvez retrouver ci-dessous la lettre-type rédigée par le collectif et qui a été utilisée dans le cadre de l’enquête publique :
Objet : réclamation et observations relatives à l’enquête publique (réf. PU 2025/37) concernant la demande de permis pour le projet « ANS PARK »
Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Échevins, Monsieur le Président du CPAS,
Un vaste espace situé sur la commune d’Ans (aux abords du magasin Décathlon, entre les rues des Français, de l’Arbre-Courte-Joie, du Commerce et du Zoning) fait l’objet d’un énorme projet d’urbanisme dénommé « Ans Park » qui vise à transformer et étendre un ensemble commercial par la construction d’une tour de 6 étages avec des bureaux aux étages et de l’Horeca au rez-de-chaussée, un deuxième bâtiment de commerces et de bureaux et enfin un troisième consacré à des activités sportives d’intérieur.
Je considère que ce projet est totalement inadapté à notre époque et une aberration tant économique qu’écologique.
- Un mauvais choix économique
La périphérie liégeoise (et Ans en particulier) se trouve déjà dans une situation de saturation en ce qui concerne les grandes surfaces commerciales. Or, de plus en plus de grandes chaînes (Hema, Makro et maintenant Cora) ferment leurs portes. Et on voit que le centre d’Ans, de même que celui de Liège, présente de plus en plus de cellules commerciales vides. Même si cela est dû en partie aux nouvelles habitudes des consommateurs qui utilisent l’e-commerce, la concurrence des grands centres commerciaux pèse lourdement.
Plutôt que de construire de nouveaux complexes commerciaux en périphérie, je pense qu’il est essentiel :
- de ramener les commerces de proximité dans les centres de villes, quartiers et villages.
- de réhabiliter en priorité les grandes cellules commerciales vides telles que le MAKRO et bientôt le CORA.
Je joins à cette réflexion de fond deux éléments significatifs liés au projet tel qu’il est présenté :
- La zone de construction est reprise au plan de secteur comme une zone d’activité mixte, c’est-à-dire une zone d’activité économique et commerciale. Or, une partie de ce projet contient une zone de sport et loisirs qui ne correspond pas au plan de secteur.
- Les promoteurs se targuent de remplir « une dent creuse » afin de réhabiliter un chancre. Ce projet ne correspond pas aux ambitions définies par le Schéma de Développement de l’Arrondissement de Liège (SDALg). En effet, l’augmentation de la surface commerciale sur le site correspond à 11.780 m² au sol pour un total de 41.024 m² brut de surfaces économiques et commerciales alors que l’ambition du SDALg est de ne plus construire de complexes commerciaux et économiques de plus de 10.000 m².
- Un projet qui ne vise pas l’inclusion de la population locale
De nombreuses activités proposées dans le cadre du projet Ans Park ne sont pas destinées à la population locale (il est mentionné dans le dossier que le revenu par habitant de la population riveraine est inférieur de 6,6% à la moyenne). C’est le cas pour les activités de conférences, teambuilding, wellness et autres qui s’adressent essentiellement à des entreprises extérieures et à leur personnel. C’est le cas aussi des activités de « loisirs sportifs » pour lesquelles la société Sparkx dit viser un public pouvant habiter à des dizaines de kilomètres.
Par ailleurs, la commune d’Ans a-t-elle réellement besoin d’un hall omnisport supplémentaire alors que celui de Loncin vient d’être intégralement rénové, qu’un autre est en projet à Alleur et qu’il y a déjà des terrains de padel à l’Espace Vital d’Alleur et à Hognoul?
- Une mobilité… qui deviendrait vite immobile
Le projet prévoit qu’une grande partie des employés de bureau, des travailleurs des magasins et des consommateurs arriveraient sur le site en voiture. Mais, déjà aujourd’hui, les croisements des rues aux alentours du site sont complètement saturés. Le croisement rue du Commerce/rue du Vicinal à un taux de saturation de 135% et il est de 250 % au niveau du giratoire sud de la sortie autoroutière. De plus, la rue des Français, l’artère la plus fréquentée de de la commune au vu de son positionnement, est la plupart du temps encombrée et déjà considérée comme un véritable cauchemar de mobilité par tous les usagers de cette route.
Le dossier d’Ans Park prévoit une augmentation du taux de saturation de 64% pour le premier croisement et de 126% pour la sortie autoroutière. Ces chiffres n’ont rien d’exagéré quand on voit qu’une des sociétés commerciales porteuses de ce projet (Sparkx) veut attirer des gens habitant à plus de 1 heure de trajet en voiture d’Ans!
Le bureau d’études PLURIS, qui a réalisé l’étude des incidences sur l’environnement pour ce projet, dit qu’il n’y a aucune solution permettant de diminuer de manière fondamentale la situation projetée en heure de pointe le samedi.
La mobilité douce ne pourrait pas régler ce problème.
- Premièrement, même si le projet propose aussi des cheminements piétons qui amèneraient les consommateurs du complexe commercial au RAVEL qui part de la gare d’Ans, le dossier prévoit que 56% des achats seront des achats lourds. Le transport à pied ou à vélo de ces marchandises serait irréaliste dans ce cas-ci et augmenterait la part modale d’utilisation de la voiture.
- Deuxièmement, le déploiement du nouveau réseau TEC diminue de manière drastique les bus menant à ce site. Le 48, ligne urbaine, présente une diminution de 43% de fréquence des bus en jours scolaires et de 64% en jours non scolaires. Pour la ligne interurbaine 71, il n’y a qu’un bus par heure avec une plage horaire de 9h30 à 13h30, dans laquelle aucun bus ne passe. De plus, cette ligne de bus ne roule pas les week-ends ni les jours fériés. Quant au Busway, son tracé n’est pas encore définitivement défini et il n’est pas prévu avant au moins 2030.
Les problèmes de mobilité seraient donc impossibles à résoudre… et à supporter pour les riverains.
- Une destruction de terres agricoles de qualité
Une partie importante du projet, celle concernant la zone de sports et loisirs, se situe sur un champ de 3600 m². Ce champ subvient à nos besoins alimentaires et ne peut donc être qualifié de dent creuse ni de chancre ! Le projet Ans Park est en totale contradiction avec la volonté des autorités exprimée à tous les niveaux (Europe, Wallonie, province de Liège) et tout particulièrement avec les objectifs du Schéma de Développement de l’Arrondissement de Liège (SDALg) de développer l’agriculture locale et les circuits courts. Ce champ fait partie de la ceinture alimentaire liégeoise, les terres de Hesbaye étant connues pour leur fertilité, et à ce titre demande à être préservé.
- Une menace pour la biodiversité
Ce champ est aussi un espace de biodiversité, certes marqué par l’utilisation agricole et l’empreinte humaine mais varié au niveau des biotopes. Il procure un corridor écologique à la faune et à la flore.
Cet espace pourrait aisément être revalorisé au niveau biologique et développé en y intégrant des haies vives d’essences indigènes, voire un verger de hautes tiges d’anciennes variétés, et des potagers collectifs accessibles aux riverains.
Pour toutes ces raisons, j’estime que ces terres doivent rester à usage agricole.
- Des risques accrus de ruissellements d’eau et d’inondations
Le projet Ans Park ne tient pas compte des aléas d’inondation qui sont connus.
D’une part, une partie du complexe serait construite sur les axes de ruissellement concentré d’eau bien identifiés. D’autre part, en bétonnant et en asphaltant une grande partie du site, il limiterait de manière importante les zones ou l’eau pourrait s’infiltrer naturellement dans le sol. C’est une folie à notre époque où le risque est de plus en plus grand d’avoir de très fortes pluies sur un temps très court, ce qui multiplie les risques d’inondations, comme en juillet 2021.
Le projet prévoit des noues paysagères ainsi que des bassins de rétention paysagers afin de recueillir les eaux pluviales… mais aussi un merlon paysager qui va encore aggraver le problème de ruissellement en cas de fortes pluies.
Enfin, même si le projet ne se situe pas à proximité de puits de mine, les galeries, le sous-sol calcaire et la couche arable argileuse rendent très dangereuse l’infiltration des eaux de pluie. Le bureau d’études PLURIS signale que 75 % des accidents d’effondrement du sous-sol sont dus aux infiltrations. Moins il y a de surfaces permettant ces infiltrations, plus la concentration d’eau sera forte aux endroits restants et plus grand sera le danger d’effondrement du sous-sol.
Il faut donc garder au maximum les terres vierges de toute artificialisation afin de permettre la meilleure infiltration des eaux de pluie et assurer sur celles-ci une revalorisation biologique (haies, arbres, verdure) qui permet à la fois une meilleure absorption des eaux de ruissellement et une amélioration de la biodiversité.
Remarques personnelles
En conclusion:
je vous demande donc de rendre un avis NEGATIF à ce projet.
Je souhaite être tenu au courant de votre décision et des suites de ce projet.
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CODE POSTAL : ………… COMMUNE : ……………………………………………..……………
DATE : Le … mai 2025SIGNATURE :

