Anthisnes – De nouvelles menaces planent sur le grand bois
L’histoire qui suit relève du conte de fée, mais dans une version passablement gore… quoiqu’un happy end ne soit pas à exclure.
Il était une fois aux confins de l’agglomération liégeoise, un grand bois, situé sur la commune d’Anthisnes mais qui était tellement étendu qu’il poussait ses arbres et ses ombrages jusqu’à la commune voisine de Comblain-au-Pont. C’était un lieu de balade, de sport et de rencontre comme on n’en fait plus, ou si peu, de nos jours.
Hélas, à proximité de ce grand bois vivait une sorcière aux pouvoirs terribles. Elle avait pris la forme d’une carrière et le nom de Grès du Bois d’Anthisnes. Et, au fil des ans, elle n’avait pas cessé de grignoter des morceaux du grand bois. Son appétit est gargantuesque puisque ce sont pas moins de 18 hectares du grand bois qu’elle a déjà dévorés. Mais cela n’a pas suffi à la rassasier. Aujourd’hui, elle arrive à la limite de la zone d’exploitation, telle que reprise au plan de secteur. Et son souhait est de modifier ce plan et d’exploiter ce qui est pour le moment en zone forestière.
Tout est-il perdu pour le grand bois ? Heureusement non. Car, en janvier 2024, un Prince Charmant est arrivé. Répondant au doux nom de « collectif Le Bois d’Anthisnes », il a sonné l’alarme et il a commencé un important travail de fond afin de protéger le bois, montrant aux yeux de tous et de toutes que le grand bois fait partie d’une véritable ceinture verte autour de Liège et qu’il représente en cela un maillon essentiel dans la continuité d’une liaison biologique de première importance.
Et, en ce beau printemps de l’an de grâce 2025, le moment d’un grand affrontement a sonné.

L’entreprise Grès du Bois d’Anthisnes, qui exploite la carrière, va déposer une demande de permis unique, c’est-à-dire un permis d’urbanisme doublé d’un permis d’environnement. Mais pour obtenir ce permis magique, la sorcière du GBA doit faire réaliser tout d’abord une étude de l’impact de son activité sur l’environnement… et donc sur le grand bois. Le 17 juin aura lieu une réunion publique d’information qui ouvrira une période de deux semaines pendant laquelle la population pourra donner son avis sur l’avenir de la carrière et du grand bois.
Le Prince Charmant a bien compris que cette démarche peut déboucher sur le meilleur comme sur le pire.
D’un côté, elle montre que le travail du collectif a payé. Depuis le début, celui-ci réclame au carrier et à la Commune de régulariser l’activité dans le grand bois, puisque jusqu’ici aucun document valable ne fixe les conditions d’exploitation de la carrière, permettant à la sorcière d’étendre son emprise sans rencontrer de vraie résistance. Ce permis unique permettrait de fixer clairement les impositions en termes de nuisance sonore, de gestion des eaux, de protection des nappes…
Mais, de l’autre, cette demande de permis est un point de passage obligatoire pour la carrière si elle veut continuer à s’étendre. Il ne s’agit donc pour elle que d’une première étape avant une future demande d’extension. Et la réalisation de cette étape lui permettrait, d’un coup de baguette magique, de faire disparaître tous les « petits accommodements avec la loi » qu’elle a accumulés depuis des années.
Le Prince Charmant a bien l’intention d’empêcher une telle régularisation « en douce » de tous les empiètements réalisés au fil des ans dans le grand bois et surtout il veut en éviter d’autres à l’avenir. Il fourbit ses questions pour la réunion d’information du 17 juin, prépare ses arguments et appelle tous les manants, les apothicaires et les autres êtres vivants qui veulent défendre le grand bois à le rejoindre et à lui apporter le fruit de leurs réflexions et de leurs expériences et la force de leur détermination.
Soyons donc nombreux à rejoindre le collectif à la réunion d’information publique mardi 17 juin à 19h30 à la salle communale d’Anthisnes et dans toutes les actions qui suivront.

