Waremme – Non! Le Bois de la Tannerie n’est pas sauvé!

Waremme – Non! Le Bois de la Tannerie n’est pas sauvé!

Vous arrivez malheureusement trop tard: l’enquête publique s’est achevée le lundi 22 septembre 2025.

Nous laissons néanmoins la lettre-type visible, afin qu’elle puisse inspirer d’autres collectifs qui seraient confrontés au même type de projet.


Le bois de la Tannerie est un joyau de biodiversité situé en centre-ville de Waremme (en province de Liège), interconnecté au Geer et à l’Etang. Un lieu de chasse exceptionnel de diverses espèces de chauves-souris..

Malheureusement, la société SEBAD Invest veut construire un immeuble de logements sur l’une des trois parcelles divisant le bois. Et ce alors que le Conseil communal de Waremme a voté le 13 juillet 2023 un moratoire afin de geler toutes les nouvelles demandes de logements collectifs (lotissements et immeubles à appartements).


À l’attention du Collège communal de la ville de Waremme
service de l’Urbanisme
Rue J. Wauters, 2
4300 WAREMME

Référence du dossier : 874.1/SL/RC/65.2025

Concerne : Projet de construction d’un immeuble à appartements avenue de la Tannerie

 

Mesdames, Messieurs,

 

Veuillez, je vous prie, trouver ci-dessous, mes réclamations et observations relatives au projet de construction d’un immeuble de 8 appartements, d’un carport et l’aménagement d’une zone verte, situé à 4300 Waremme, Avenue de la Tannerie et cadastré tel que stipulé dans l’avis d’annonce de projet: 1ère division section C n°893g3, 894y2 pie.

NOUVEAUX LOGEMENTS

La situation actuelle ne justifie pas la construction de nouveaux logements sur des parcelles naturelles. Dès lors que de nombreux logements vides peuvent être rénovés et que des parcelles déjà urbanisées peuvent être réhabilitées. De plus, de nombreux projets de nouveaux logements sont en cours de réalisation (les projets au Quartier des Hirondelles, le quartier Joseph Lemaire, les appartements rue de Selys et avenue Guillaume Joachim, …).

ATTEINTE À L’ENVIRONNEMENT

Le projet contesté s’implante dans une parcelle boisée en bordure du Geer et jouxtant l’Étang sur laquelle plus de 65 arbres ont été dénombrés par des riverains en 2023 (circonférence minimale : 70 cm). Le demandeur minimise fortement les impacts négatifs et irrémédiables de l’abattage de 39 arbres, avec absence de plan précis des arbres à abattre et la surface concernée, ce qui est inacceptable. Le demandeur minimise l’ancienneté du bois qui était déjà existant en 1971. L’absence de relevé d’espèces protégées par la société Pissart ne signifie pas qu’il n’y a pas d’espèces protégées dans le bois, d’autant plus que celui-ci est interconnecté avec sa prairie, la rivière le Geer et l’étang très poissonneux, et ce dans une zone humide, ce qui en fait un site doté d’une riche biodiversité, un joyau en centre-ville de Waremme à préserver.
En outre, en l’absence d’un SDT abouti, afin de préserver les espaces verts et les forêts de l’artificialisation indépendamment de leur affectation au plan de secteur, un moratoire sur les constructions de logements collectifs a été mis en place par la ville de Waremme en juillet 2023. La ville de Waremme a décidé de ne plus délivrer de permis de construire pour des logements collectifs et/ou multiples jusqu’à la mise en application du nouveau SDC à venir.

L’étude d’incidences environnementales ne prend également pas en compte la perte du bénéfice de tous les arbres et arbustes à des gabarits inférieurs qui créent plusieurs strates permettant d’augmenter la retenue de l’humidité/fraicheur très appréciée en saison de canicule. En effet, le bois crée un îlot de fraicheur cher aux riverains immédiats par sa densité arborée et arbustive au m². De plus, il permet l’absorption du CO2 améliorant la qualité de l’air. Il est donc important de le maintenir afin de respecter les objectifs du Plan Climat de la Ville de Waremme.

Cette parcelle a d’autant plus d’intérêt qu’elle est située dans le couloir écologique de la trame verte et bleue.

Par ailleurs, ne trouvant pas de détails dans les documents fournis par le demandeur, je m’alarme de la manière dont seront traitées les plantes invasives, les terres excavées durant le chantier. Notamment la renouée du Japon pour laquelle il existe très peu de méthodes efficaces quant à son éradication. Actuellement, c’est le couvert forestier qui circoncit cette espèce (contrairement aux allégations de l’étude du bureau Pissart). L’ouverture du bois lui permettra de s’étendre, surtout si les engins de chantier la répandent sur leur passage.

Enfin, les mesures de compensation prévues par le projet manquent de précision. En ce qui concerne la végétalisation des murs et des toitures, elle ne peut être considérée comme une mesure compensatoire. En effet, une étude récente (étude GROOVES de l’agence régionale de la biodiversité en IDF) a conclu que les toitures végétalisées ne remplacent en aucun cas les autres espaces verts urbains et ne doivent pas servir de caution verte aux projets d’artificialisation des sols, et ne remplacent pas le pouvoir de drainage et d’absorption des nombreux arbres qu’abrite le bois.

ATTEINTE À LA BIODIVERSITE

Le bois visé par les constructions est pourvu d’une riche biodiversité interconnectée avec le Geer, la prairie et l’étang, de l’avifaune et de chauves-souris protégées, non inventoriées par le bureau Pissart.

Les riverains ont pu constater dans le bois, la présence d’écureuils, d’un couple de chouettes hulotte, de chauves-souris et des oiseaux migrateurs qui empruntent le couloir écologique de la trame verte et bleue de la rivière du Geer.

NUISANCES GENERALE DU SITE

Le projet prévoit qu’il n’y aura pas de nuisance particulière. C’est évidemment nier les nuisances importantes pour les riverains situés aux alentours de la parcelle:

  • Les habitants aux alentours perdront les bienfaits du bois (calme, îlot de fraicheur, qualité de l’air) dans un environnement déjà très urbanisé;
  • Les riverains et les espèces animales vivant dans le bois feront aussi face à de nouveaux bruits avec l’arrivée massive de nouveaux habitants dans une surface restreinte avec, notamment, le passage des véhicules sur le chemin d’accès qui aura lieu à toute heure du jour et de la nuit. Le bruit des véhicules et leurs phares éclairant les fenêtres des chambres des immeubles voisins vont impacter le sommeil des voisins directs;

La densification du quartier (et la perte de vue sur le bois qui fait la richesse de Waremme) fait perdre nécessairement de la valeur aux logements alentours. Aucune compensation n’est prévue pour les riverains.

Remarques personnelles

 

 

 

 

En conclusion, je demande à l’autorité publique de refuser ce projet et de préserver ce précieux bois pour les générations futures.
Je vous prie d’agréer l’expression de mes salutations distinguées.

NOM : ……………………………………………………
PRENOM : ………………………………………………
ADRESSE : ……………………………………………………………………………………………
CODE POSTAL : ………… COMMUNE : ……………………………………………..……………
DATE : Le …  ……… 2025

SIGNATURE: