Seraing – Elia à la recherche d’une bouée de sauvetage

Seraing – Elia à la recherche d’une bouée de sauvetage

Chaque trimestre apporte un nouvel épisode dans la saga d’Elia dans le bois du Val Saint-Lambert.

Le scénario de départ était simple : la société Elia veut faire passer une ligne électrique à haute tension (six câbles haute tension de 220 000 volts) entre le bas de Seraing et Neupré en l’enfouissant dans le sol sur une longueur de 4 kilomètres. Sur papier, tout paraissait devoir se passer sans problème. Mais dans la réalité sur le terrain, tout est parti en vrille. Au point que le chantier est en panne..  mais que la nature autour de la tranchée est détruite pour longtemps.

Elia veut à tout prix continuer son projet en contournant la zone difficile. La société a donc sorti une autre carte de sa manche. Un deuxième scénario, censé tout résoudre… mais qui s’avère encore pire sur le plan environnemental. Car il annonce un nouvel abattage de 360 arbres. Et, cette fois-ci, cet abattage est prévu dans une zone de grand intérêt biologique, qui est en partie une zone Natura 2000.

Ce nouveau tracé implique de creuser une tranchée qui détruirait une bande de 6 mètres de large de lisière forestière sur 540 mètres de long le long de la forêt. Cette zone à déboiser atteindrait 16 mètres de large à certains endroits. Vu l’impossibilité pour les arbres de repousser sur cette tranchée, il y aura donc sur toute cette surface, si ce permis est accordé, une perte définitive et donc significative, de l’habitat naturel.

De nombreux travaux envisagés dans la demande de permis se heurtent aux prescriptions légales. Comme l’a fait remarquer un des opposants, l’article 29 §2 de la loi du 12 juillet 1973 sur la conservation de la nature interdit toute détérioration d’habitats naturels susceptibles d’affecter significativement un site Natura 2000 ; la Directive Habitats 92/43/CEE, transposée dans le droit wallon, impose de préserver l’intégrité des sites désignés ; la Cour de Justice de l’Union européenne, dans un arrêt (C-258/11), a confirmé qu’un projet entraînant la perte même minime d’un habitat protégé doit être refusé…

L’enquête publique sur cette nouvelle demande de permis vient de se terminer. Plus d’une centaine d’habitant.e.s ont introduit une réclamation. Et il ne fait pas de doute qu’un nombre bien plus grand de Serésien.ne.s  refusent qu’on abatte 360 arbres dans cette forêt protégée de grand intérêt biologique.

Le Collège communal devra rendre son avis sur cette demande de permis avant que la Région prenne la décision finale (sauf recours…). On est donc encore loin d’une perspective claire de solution pour Elia, ses liaisons électriques souterraines et surtout pour l’avenir du Bois du Val Saint-Lambert.