Wallonie et Bruxelles – Tournée des avant-premières « Le vivant qui se défend »
Durant la deuxième semaine de septembre, Occupons le Terrain a participé activement au début de la tournée belge des avant-premières du documentaire de Vincent Verzat « Le vivant qui se défend ». En effet, nous sommes intervenus dans les débats qui ont suivi les projections à Waremme, Bruxelles, Namur et Liège.
S nous avons malheureusement dû déplorer l’absence du réalisateur pour raisons de santé (nous en profitons pour lui souhaiter un prompt rétablissement), ces rencontres ont à chaque occasion été un véritable succès de foule. Tout le monde n’a malheureusement pas su obtenir de place pour ces projections, mais la plupart des cinémas se sont engagés, au vu du succès, à organiser d’autres séances. Par ailleurs, la tournée des avant-premières continue en d’autres lieux.
Le documentaire
« Le VIVANT qui se défend » est un long métrage documentaire (90 min) de Vincent Verzat, produit par Partager c’est Sympa.
Le film retrace son cheminement entre militantisme et naturalisme, sa recherche d’un équilibre entre combat et contemplation. Partant d’un récit personnel et sensible, le film fait le lien entre les animaux sauvages et les luttes qui sont menées partout en France contre la destruction de leurs habitats.
« Le VIVANT qui se défend » trace un chemin pour vivre digne et affronter ce qui vient.
Lien vers la bande-annonce.
Le réalisateur
En 2015, Vincent Verzat lance la chaîne de vidéos Partager c’est Sympa sur Facebook et YouTube, pour réagir à des sujets d’actualité.
D’abord seul, il est rapidement rejoint par deux collègues et l’équipe se place en soutien des associations et ONG militantes environnementales : grâce à des vidéos rythmées, filmées au cœur de l’action, et une figure principale qui guide les spectateurs à l’intérieur des mobilisations, Partager c’est Sympa amplifie la voix du mouvement climat français.
Structurée sous la forme d’une association, la chaîne grossit jusqu’à avoir quatre salariés. Elle s’autonomise rapidement grâce au financement participatif qui permet directement aux gens de contribuer à soutenir la chaîne. Cette autonomie permet à Partager c’est Sympa de s’orienter vers des sujets plus complexes, qui relèvent moins de l’actualité brûlante, et de les explorer dans des formats qui laissent plus de place à l’investigation.
L’essence de la chaîne demeure : des vidéos dynamiques portées par Vincent, qui vulgarisent un sujet, et incitent les gens à agir en proposant systématiquement un call-to-action, un moyen d’engagement simple et accessible.
Ce format est un succès : la chaîne atteint 420 000 abonnés sur Facebook et 310 000 sur YouTube en 2025.
Traversée par de nombreux questionnements, Partager c’est Sympa a su se réinventer à plusieurs reprises : c’est également ce qu’il se passe en 2021. Après 5 mois d’arrêt, Vincent reprend les vidéos seul et réoriente la chaîne vers des sujets sur le vivant et la biodiversité. Sans abandonner la couverture des grandes mobilisations environnementales, la ligne éditoriale articule dorénavant ces événements politiques avec la découverte du pistage et de l’affût, des enquêtes sur la forêt et la rencontre de vidéastes animaliers et de naturalistes.
La déclaration du réalisateur à propos du long-métrage
« Cela fait 10 ans que j’enquête sur les grands enjeux écologiques, économiques et sociaux, que je filme les mobilisations environnementales, que je suis témoin sur le terrain de la destruction des habitats et du dérèglement climatique.
Il y a quatre ans, j’ai vécu le désarroi intime, l’éco anxiété face au dérèglement climatique. Et dans le même temps, j’ai pris la mesure de mon ignorance du monde vivant, comme beaucoup de militants environnementaux : nous défendons “la nature” mais nous ne la connaissons pas ou si peu.
Or notre déconnexion du vivant a un prix : c’est à force d’être aveugle aux autres espèces, aux dynamiques écologiques, aux milieux, que nous créons un monde où rien d’autre ne saura vivre.
Alors j’ai pris un tournant vers le monde sauvage, je me suis auto-formé et j’ai reçu les leçons de naturalistes. J’ai enquêté sur la gestion forestière française, j’ai pisté et filmé des animaux qui vivent dans les interstices de notre monde, allant jusqu’à me lier au destin d’une renarde, d’un jeune cerf, et d’un blaireau. Cela dans l’espoir de trouver un second souffle à la lutte. Pour lui redonner du sens et de la vigueur.
Gardant un pied dans chacun de ces mondes qui ne se rencontrent pas, je suis devenu un passeur. Je vous livre un film entre l’investigation journalistique faite de rencontres sur le terrain, la quête personnelle et intime, et l’émerveillement naturaliste de l’observation d’animaux sauvages.
Des luttes forestières du plateau des Millevaches à la tanière d’une famille de blaireaux, en passant par les mégas bassines du Poitou, les cerfs du Vercors et l’autoroute A69, ce film est autant un voyage qu’une main tendue entre des mondes qui ne se rencontrent pas, ou si peu. »
Le public des avant-premières
Comme évoqué en début d’article, ces quatre soirées ont été un véritable succès de foule, avec des salles pleines à chaque projection.
Le public était varié, que ce soit en âge (de 20 à 80 ans), en statut social (étudiant, travailleur, pensionné, …) ou en termes d’engagement. En effet, si bon nombre de personnes étaient en lien -proche ou lointain- avec le milieu du militantisme, pour pas mal d’autres, cela a été l’occasion d’un premier contact avec le monde du vivant et des luttes qui y sont attachées.
Les longues minutes d’applaudissements nourris à la fin de chaque projection ont en tous cas démontré que le documentaire avait touché/ému le public présent, l’invitait à poursuivre la discussion autour des thèmes abordés et surtout passer à l’action !
Les débats
Le documentaire constitue une véritable porte d’entrée pour ouvrir la discussion sur de très nombreuses thématiques. Et cela a bien été le cas dans le cadre des quatre projections précitées.
Au travers des questions du public, de très nombreux thèmes ont ainsi pu être abordés : les moyens de lutter contre des projets inadaptés et nuisibles, la force des collectifs citoyens, les conditions pour gagner, le besoin d’un Stop Béton général, qu’est-ce que la désobéissance civile et jusqu’où peut-elle aller, quel lien avec la « violence » décrite par les médias, la complémentarité des associations subsidiées et non-subsidiées, le contexte politique wallon et fédéral (baisse des subsides, détricotage des mesures environnementales, criminalisation des associations, répressions policières et politiques, … ), le besoin pour les associations de se coordonner et d’évoluer ensemble sur diverses thématiques, …
Les questions étaient tellement variées qu’on ne saurait les citer toutes. Surtout qu’après les débats dans les salles de projection, les discussions se sont prolongées (parfois longuement) autour des stands des diverses associations présentes.
Le sentiment général, tant des organisateurs que du public présent, est que « Le vivant qui se défend » est un merveilleux documentaire qui ouvre très facilement la voie à la discussion tournant autour des thèmes liés à la défense de l’environnement en général, et à celle des « territoires vivants » en particulier. Il constitue de plus un véritable appel à l’action qui motive profondément le public présent.
En conclusion
Au vu du succès des « premières avant-premières belges », les cinémas se sont engagés à organiser des projections supplémentaires. De même d’autres associations organisent également des projections-débats dans les prochaines semaines (voir notre rubrique « Agenda »).
Que vous soyez déjà actif ou non dans la défense de nos territoires, Occupons le Terrain ne peut que vous recommander d’assister à ces avant-premières. Et pour nos collectifs et associations membres, cela constitue une excellente idée d’activité à organiser dans votre commune afin de sensibiliser les citoyen.ne.s à cette cause et ainsi renforcer votre lutte locale !

