Namur – Parc Léopold : une mascarade qui ne restera pas sans suite

Namur – Parc Léopold : une mascarade qui ne restera pas sans suite

Nous vous avons déjà souvent parlé de la saga autour du Parc Léopold à Namur, menacé par le vaste projet (centre commercial, bureaux, logements) « Le Côté Verre » porté par la société Besix avec la « bénédiction » – pour ne pas dire autre chose – de la majorité communale. Un combat vieux de plus de douze années et qui n’est pourtant pas prêt de se terminer.

Ce vendredi 19 septembre, la Commission des Recours (organe régional) appelée à statuer sur les 16 recours émis à l’encontre de projet par divers riverains et associations a donc statué et rejeté en bloc les motivations présentées par les plaignants.

Dans un plantureux document de 139 pages où s’accumulent les copiés-collés, la commission balaye tous les arguments présentés par les avocats : le PRU jugé incontournable pour la réalisation du projet est soudainement, suite à la décision du Conseil d’Etat qui l’annulait, devenu inutile et contournable, le projet qualifié de lieu d’expérience se voit finalement qualifié d’une simple démolition / reconstruction des bâtiments existants …etc.

Les fonctionnaires délégués d’abord et la commission de recours ensuite n’auront reculé devant rien pour justifier une décision dont la connotation politique est évidente au vu des sensibilités politiques des soutiens au projet et de celles appelées à statuer sur les recours à l’encontre de celui-ci.

L’ASBL Ramur, bien qu’ayant elle-même introduit un de ces recours, ne s’est fait aucune illusion sur l’issue de cette commission. Et comme elle le fait remarquer à juste titre, c’est aujourd’hui la démocratie qui en paie le prix.

La Ville ayant déroulé le tapis rouge à Besix, les travaux préparatoires qui incluent l’abattage des arbres du Parc Léopold vont donc pouvoir débuter. Mais la suite de l’histoire reste dans les mains des avocats et du Conseil d’Etat d’une part, et de la tutelle (régionale) d’autre part.

L’ASBL Ramur va en effet introduire un recours au Conseil d’Etat en annulation et en suspension pour éviter ce carnage alors même que ce projet pourrait se voir bloqué définitivement sur décision ultérieure de cette juridiction. Dans ce cas extrême, on se retrouverait à la fois avec un espace dévégétalisé et un projet à l’arrêt d’une manière qui pourrait être définitive sous sa forme actuelle.

Par ailleurs, en date du 26 septembre, les trois conseillères Ecolo (dans l’opposition au Conseil communal) ont introduit un recours auprès de la tutelle contre la décision du Collège communal namurois de remettre le couvert concernant l’avenant au bail emphytéotique entre la Ville et le promoteur du projet de pôle multifonctionnel au Square Léopold. Elles précisent dans un communiqué que « le Collège a en effet repris la même décision et le promoteur peut par conséquent, dès à présent, abattre tous les arbres du Square alors que le projet n’est pas certain, compte tenu de l’insécurité juridique qui entoure le permis. Le Collège tente à nouveau de couper l’herbe sous les pieds des citoyennes et citoyens qui s’apprêtent à déposer des recours contre le permis, dès lors que l’abattage des arbres pourrait intervenir avant que les recours ne soient examinés et même avant qu’ils ne soient déposés. Nous le répétons, c’est antidémocratique, c’est également irresponsable. » Par conséquent, elles demandent au Collège de suspendre cette décision jusqu’à ce que tous les recours soient éteints.

Au vu de tous ces éléments, la saga est donc loin d’avoir trouvé son épilogue. Et l’ASBL Ramur, face au bashing dont elle fait l’objet sur les réseaux sociaux, tient à rappeler qu’elle soutient un projet de moindre envergure et de nature à contenter le plus grand nombre tout en préservant une bonne partie du parc.