36 entreprises sont responsables de la moitié des émissions de C02 dans le monde ! (Dossier climat part.3)

36 entreprises sont responsables de la moitié des émissions de C02 dans le monde ! (Dossier climat part.3)

Trier soigneusement ses déchets, prendre les transports en commun à la place de la voiture, s’approvisionner chez un petit producteur bio plutôt que dans une grande surface,… voilà les gestes que les grands médias et le courant dominant de l’écologie n’arrêtent pas de promouvoir.

Bien sûr, au quotidien, il n’y a rien à redire à cela : mieux vaut prendre un peu soin de la planète à son échelle que de la cochonner volontairement ! Mais quand ces petits gestes du quotidien sont présentés comme des solutions d’ensemble, telles les « gouttes d’eau qui finissent par faire un océan » ou « la petite contribution individuelle de milliers de colibris contre l’incendie de la forêt »), on en arrive très vite à une arnaque pure et simple.

D’abord, parce que cela demande du temps, de l’énergie et surtout de l’argent que n’ont pas une grande partie de la population, même dans nos pays (très) développés. Il est impossible de se passer d’une voiture si on a des déplacement à faire quand on habite une zone rurale, le bio reste bien plus cher que le non-bio dans les rayons, pouvoir courir d’un petit producteur à un autre pour garnir son frigo ne rentre pas dans les possibilités d’une maman solo de deux enfants,… Dans l’idée que « le monde nouveau commence dans sa cuisine », c’est surtout la satisfaction d’être un intellectuel bien payé qui sort de la salle de bain et la culpabilisation qui est servie sur la tartine du pauvre !

Résoudre les problèmes « du quotidien » de manière sérieuse et sociale ne peut se faire qu’à travers des revendications collectives et des réalisations qui le sont tout autant : un réseau élargi de transport en commun en ville comme à la campagne, un contrôle des filières et des prix alimentaires qui assure à la fois un revenu décent à l’agriculteur et un prix d’achat raisonnable au consommateur, un blocage des loyers pour éviter que le budget logement n’avale tout le reste,… sont des réponses bien plus écologiques que les appels incessants à la « la responsabilité individuelle du citoyen ».

Mais même tout cela n’est encore qu’une partie limitée de la solution quand on voit quelles sont les causes des dérèglements climatiques et qui en sont les responsables. La dernière édition du rapport « Carbon Majors », publié par InfluenceMap (un institut de recherche indépendant basé à Londres), fait état d’un chiffre effarant (parmi beaucoup d’autres) : 36 entreprises sont responsables de la moitié des émissions de C02 dans le monde. Au premier rang desquelles les grandes entreprises pétrolières, privées ou étatiques. Et ces entreprises n’entendent ni réduire leur production ni se soumettre à des décisions contraignantes au niveau mondial, comme l’a encore montrée de manière glaçante l’échec de la Conférence internationale sur la pollution plastique cet été.

Bien sûr, ce n’est pas notre petit réseau Occupons le Terrain organisé à l’échelle de la minuscule Wallonie qui mettra aux pas les majors des énergies fossiles ou de la high tech. Ce n’est pas lui non plus qui pourra élaborer la stratégie gagnante pour arriver à ce résultat. Mais ce que nous pouvons faire a quand même toute son importance à notre échelle : pointer les vrais responsables des problèmes, démonter les « fausses solutions » et participer aux mouvements de réflexion et d’action qui résistent à la catastrophe que nous préparent riches et puissants et cherchent à faire naître un mouvement d’en bas pour un monde meilleur. Ce qui n’est quand même pas rien !

Pour compléter votre information, nous vous invitons à découvrir l’article de La Libre.