Ans – Le permis pour le projet Ans Park est refusé par la Région

Ans – Le permis pour le projet Ans Park est refusé par la Région

Voilà une décision bienvenue… et qui va faire du bruit !

Ans Park est un projet sur lequel les groupes « Ardent Real Estate » et « De Vlier Real Estate » travaillent depuis une quinzaine d’années et qui vise à transformer totalement un vaste espace (120.000 m²) situé sur la commune d’Ans mais en bordure immédiate du quartier de Rocourt (Liège). Il prévoit la construction d’une tour de 6 étages avec des bureaux aux étages et de l’Horeca au rez-de-chaussée, un deuxième bâtiment de commerces et de bureaux et enfin un troisième consacré à des activités sportives d’intérieur.

Bien entendu, pour les promoteurs – et la commune d’Ans qui soutient à fond ce projet – Ans Park devrait donner un gros coup de boost au commerce, à l’emploi, au logement, à la culture et à l’attractivité de la commune. Bref, la fête de Noël tous les jours !

La réalité est quand même – beaucoup – plus problématique.

Un projet commercial sans réflexion d’ensemble

Ans Park Il prévoit la création de nouvelles structures commerciales alors que toute la zone où il devrait voir le jour est aujourd’hui saturée de commerces de type « grandes surfaces » et surtout complètement bouleversée par la fermeture des deux grandes surfaces phares, le Makro (déjà fermé) et le Cora (fermeture programmée pour la fin de l’année).

Il intègre une tour de bureaux alors qu’il n’y a aucune voie de transport en commun à proximité, ce qui signifie que la grande majorité des employés seront obligés de venir au travail en voiture, augmentant encore la congestion habituelle dans beaucoup d’endroits à Ans.

Le même argument s’applique évidemment aussi aux commerces et aux activités de loisirs. Cela explique pourquoi ce projet implique l’asphaltage de toute une partie de la zone pour pouvoir y installer 1400 emplacements de parking, un non-sens complet alors que partout on souhaite donner la priorité à la mobilité collective (tram, bus et train) et à la mobilité douce (vélo et marche à pied).

Un tiers de la surface visée par ce projet est aujourd’hui consacrée à l’agriculture. Détruire et bétonner ces terres, c’est aller à l’encontre de tout ce qu’il faut faire aujourd’hui pour faire vivre une agriculture urbaine et locale qui s’évère de plus en plus indispensable.

Ce projet se contente donc de rajouter des commerces et des bureaux à la vaste zone commerciale qui va d’Alleur à Rocourt et qui est en voie d’être sinistrée par les fermetures du Makro et du Cora. Il ne repose sur aucune réflexion d’ensemble sur l’avenir de cette zone.

Opposition résolue

Fort de l’appui de la commune depuis le début de l’élaboration du projet, les promoteurs s’attendaient sans doute à ce que celui-ci passe dans l’allégresse générale.

Mais très cuite une opposition s’est développée. D’une part, 500 personnes (en grande majorité ansois.es et liégeois.es) ont réagi lors de l’enquête publique. D’autre part, la Ville de Liège a ainsi rendu un avis négatif, demandant à ce qu’on réhabilite d’abord les deux sites de Cora et Makro.

Après analyse du dossier, la Région wallonne a donc décidé de refuser le permis, demandant, elle aussi, à ce qu’on reconvertisse d’abord des friches existantes (Cora, Makro…) avant d’envisager de nouvelles constructions.

Recours en vue ?

Comme on pouvait s’y attendre, cette décision n’est pas du goût des porteurs de ce projet. Tant les promoteurs que la ville d’Ans déclarent « à chaud » réfléchir à la possibilité d’introduire un recours. Ils ont 30 jours pour cela.

Affaire à suivre donc mais belle première victoire contre un projet d’un autre temps où aligner des complexes commerciaux était présenté comme la marque du progrès.