Profondeville – Un projet d’extension de carrière dévastateur
Vous arrivez malheureusement trop tard: l’enquête publique s’est achevée le vendredi 6 février 2026.
Nous laissons néanmoins la lettre-type visible, afin qu’elle puisse inspirer d’autres collectifs qui seraient confrontés au même type de projet.
Un projet d’extension de la carrière HEIDELBERG MATERIALS à Lustin est actuellement soumis à enquête publique sur les territoires des communes de NAMUR et PROFONDEVILLE. Ce projet vise à prolonger l’exploitation de la carrière existante pour plusieurs décennies, avec la poursuite d’activités industrielles lourdes et nuisibles telles que l’extraction, le concassage, les tirs de mines et le transport de matériaux, au cœur d’un territoire habité, rural, touristique et d’intérêt biologique.
Cette extension avait pourtant été refusée en 1999.
Le projet impliquerait la destruction d’une zone de forêt ancienne et serait implanté à proximité d’une zone Natura 2000, nécessitant une dérogation exceptionnelle à la Loi sur la conservation de la nature pour plusieurs espèces de faune et de flore.
Il porterait une atteinte irréversible à l’identité paysagère de cette partie de la vallée mosane, avec l’industrialisation définitive du massif forestier. De plus, une moitié du synclinal de Walgrappe, formation géologique unique en Belgique et reconnue depuis plus d’un siècle, serait détruite.
Lettre de réclamation à compléter et à renvoyer au Collège communal ou à l’Administration communale (adresses à utiliser ci-dessus)
À l’attention du Collège communal de Profondeville
À l’attention du Fonctionnaire délégué et du Fonctionnaire technique de la Région wallonneObjet : Réponse à l’enquête publique concernant la demande de permis unique n°10098353 – Extension de la carrière de Lustin (Heidelberg Materials)
Madame, Monsieur,
J’ai pris connaissance de la demande de permis unique introduite par la société Heidelberg Materials dans le cadre de l’enquête publique relative au projet d’extension de la carrière de Lustin. Après analyse attentive du dossier et de l’étude d’incidences sur l’environnement, je vous fais part de mon opposition formelle à ce projet et demande le refus du permis sollicité. Il est à noter que cette extension avait déjà été refusée en 1999.
Ce projet constitue une industrialisation lourde et nuisible d’un territoire habité, rural, touristique et d’intérêt biologique pour près de 40 ans. Il est porteur d’impacts environnementaux, sanitaires, paysagers et sociaux majeurs qui sont largement sous-évalués.
L’étude d’incidence reconnait elle-même que les données sur les eaux souterraines sont insuffisantes, que la modélisation du ruissellement n’est pas fiable, que la qualité du gisement présente des incertitudes, que la commune est en zone à risque radon, que les tirs de mines vont augmenter le ressenti des vibrations, que la silice cristalline dépasse les normes sur site, que des espèces protégées sont présentes et que le sentier de promenade traverse la zone de carrière. Mais malgré cela, le dossier conclut systématiquement que les impacts seraient « non significatifs ».1. Un projet industriel. Il ne s’agit pas d’une carrière isolée, mais d’une installation industrielle lourde implantée au cœur d’un territoire habité. L’extension projetée engagerait la commune pour plusieurs décennies avec des tirs de mines, des remblais massifs, des bassins et zones de stockage, un trafic poids lourds et une artificialisation irréversible du massif forestier mosan.
2. Une extension ni indispensable, ni justifiée. L’argument selon lequel cette extension serait indispensable à l’approvisionnement en matériaux ne repose sur aucune démonstration objective.
La motivation réelle du projet est avant tout économique : permettre à une multinationale allemande de prolonger son activité afin d’augmenter la rentabilité pour ses actionnaires, alors que les nuisances seront supportées localement par les habitants pendant plusieurs décennies.
3. Atteintes à la santé et à la qualité de vie. Les riverains subissent déjà aujourd’hui les nuisances.
L’extension rapprochera encore les fronts de taille des habitations, ce qui accentuera les vibrations ressenties, les risques de fissuration et de dégradation des bâtiments, le stress et l’insécurité pour les riverains, la dévalorisation durable du patrimoine immobilier.
Concernant les poussières, l’exploitation génère des émissions contenant de la silice cristalline, reconnue cancérogène. L’étude d’incidences reconnaît un dépassement des valeurs limites sur site sans pouvoir démontrer de manière fiable l’absence d’exposition pour les riverains.
Par ailleurs, la commune de Profondeville est classée en zone à risque radon. Les tirs de mines sont susceptibles de favoriser la migration de ce gaz radioactif, sans qu’aucune campagne de mesure n’ait été réalisée ni sur le site, ni dans les habitations. Dans un tel contexte, le principe de précaution devrait s’imposer.
4. Risques liés au sous-sol et aux eaux souterraines et de surface. Le site se situe dans un contexte géologique complexe avec nappes perchées, roches fracturées et captages d’eau potable à faible distance. L’étude hydrogéologique repose sur des données insuffisantes et ne permet pas de garantir l’absence de rabattement de nappe, l’absence d’impact sur les captages, l’absence de tassements, d’instabilités à long terme ou encore l’absence d’assèchement des sols.
L’étude minimise la présence d’exhaure et ne modélise pas les eaux de ruissellement.
5. Impacts sur la biodiversité et les paysages mosans. Le projet entraînera la destruction d’un massif forestier connecté aux versants de la Meuse, support de corridors écologiques majeurs. Il provoquera la disparition d’habitats naturels, la fragmentation du maillage écologique, la destruction d’habitats d’espèces protégées.
Les mesures compensatoires sont reportées à l’après-exploitation, dans plusieurs décennies.
Sur le plan paysager, l’extension constitue une industrialisation irréversible d’un versant boisé typique de la vallée mosane, visible depuis les villages, les belvédères et les sentiers de randonnée.
Lustin et Profondeville sont historiquement appelées les « Perles de la Meuse ». Ce projet porte atteinte à ce patrimoine paysager emblématique.6. Mobilité, sécurité et cadre de vie. Aujourd’hui, 60% des matériaux sont transportés par camions. Il est peu crédible d’affirmer que l’extension n’aura aucun impact sur le charroi. Celui-ci concerne Lustin, Rivière et Bois-de-Villers mais également les autres communes traversées par les convois et dégrade la qualité de vie bien au-delà du seul périmètre de la carrière.
7. Le sentier n°20. Le sentier vicinal n°20, repris à l’Atlas des chemins de 1841, constitue un élément important du réseau de promenades. Il sera directement impacté par l’extension, ce qui constitue une atteinte au patrimoine public et au tourisme local. Ce sentier a été déplacé par les exploitants de la carrière. Je suis particulièrement opposé à la régularisation du tracé modifié illicitement.
8. Impact aérologique et climatique local. Le creusement d’un canyon dans un axe O/SO-E/NE aura un impact aérologique et climatique dommageable pour le village de Lustin, la vallée de la Meuse et Profondeville, en modifiant les circulations d’air, les effets de couloir et la dispersion des poussières.
9. Tourisme et loisirs : incompatibilité avec une carrière active. Le territoire est un espace de tourisme vert : randonnées, trail (Houppy Trail, Lustirun), VTT, cyclotourisme, belvédères mosans. La cohabitation avec une carrière active est incompatible avec cette vocation.
L’extension conduirait à la destruction d’une part majeure du magnifique synclinal de Walgrappe, dont le caractère exceptionnel est reconnu depuis plus d’un siècle dans la littérature géologique. Il s’agit d’un patrimoine naturel remarquable de la vallée mosane, qui serait irrémédiablement mutilé.
10. Une atteinte disproportionnée à l’intérêt général. Ce projet ne respecte pas le principe de proportionnalité entre l’intérêt privé d’une multinationale et l’intérêt général de la population.
Il impose 40 ans de nuisances supplémentaires, de dégradations et de destructions au profit exclusif d’intérêts économiques privés.
Remarques personnelles
En conclusion,
Ce projet :
• n’est ni indispensable, ni justifié,
• met en danger la ressource et la qualité de l’eau, la santé et le sous-sol,
• porte atteinte à la biodiversité et aux paysages mosans,
• dégrade durablement la qualité de vie,
• sacrifie l’intérêt général au profit d’intérêts privés.
En application du principe de précaution, du Code de l’Environnement et du principe de bon aménagement du territoire, je demande le refus du permis unique pour l’extension de la carrière de Lustin.
NOM : ……………………………………………………
PRENOM : ………………………………………………
ADRESSE : ……………………………………………………………………………………………
CODE POSTAL : ………… COMMUNE : ……………………………………………..……………
ADRESSE EMAIL : …………………………………………………………………………………..
DATE : Le … ……… 2025
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