Charleroi – Le projet de centre de tri industriel à Gosselies une nouvelle fois refusé
Il y a des gens qu’on ne connait pas mais dont on est certain qu’on adorerait les détester si on les rencontrait un jour. Les responsables du projet de centre de tri de la société VDRT par exemple…
Début 2014, la société VDRT a demandé un permis pour construire un vaste complexe industriel sur le site du terril du Grand Conty, à Gosselies. Il comprenait notamment un centre de tri, une centrale à béton, un centre logistique, un immeuble de bureaux ainsi qu’une unité de regroupement et de prétraitement de terres excavées et de déchets dangereux, dont de l’amiante et des matériaux goudronneux. Pas moins !
Et où la société VDRT envisageait-elle de déposer ce joli cadeau ? Sur un lieu à grand intérêt biologique, reconnu pour la diversité de la faune et de la flore locale ! A proximité de quoi ? D’un axe hyper fréquenté et déjà très congestionné. Et dans quelle zone ? Celle où est implanté le broyeur à métaux de la société Keyser, plusieurs fois épinglé pour ses émissions de poussières toxiques.
Rien d’étonnant donc à ce que les habitants aient vigoureusement contesté ce projet, son bruit et ses pollutions, par une pétition et lors de l’enquête publique qui a eu lieu en janvier 2025. Ils avaient d’ailleurs été rejoints par les trois communes les plus concernées voisines de Pont-à-Celles, Charleroi et Courcelles qui avaient rendu des avis défavorables. Dans la foulée, à la mi-avril, le fonctionnaire délégué de la Région wallonne avait refusé le permis.
Devant une telle unanimité, on aurait pu penser que la société VDRT allait laissé tomber ce projet. Que nenni ! A peine un mois plus tard, en mai 2025, elle rentre une nouvelle demande de permis très partiellement modifiée, le bâtiment administratif étant déplacé afin de respecter une zone non constructible le long de l’autoroute – mais avec une demande de dérogation pour le parking camions !
Malgré ces modifications pour le moins limitées, cette deuxième demande connaît évidemment le même sort que la première : refus général.
Cette fois-ci, tout le monde se dit que l’affaire est pliée. Que nenni (bis) ! Car l’entreprise décide d’introduire un recours auprès du gouvernement régional.
Fin décembre, le ministre François Desquesnes (les Engagés) a confirmé le refus du permis unique, suivant les avis défavorables rendus par les trois communes. Sa décision met principalement en évidence les risques de pollution et d’atteinte à l’environnement, ainsi que l’augmentation significative du trafic de poids lourds, jugée problématique pour la sécurité et la mobilité locales.
En toute bonne logique, on peut imaginer que le dossier est refermé pour de bon… sauf si la société VDRT décide d’aller en recours au Conseil d’Etat. Après deux refus de permis et un refus de recours, elle aurait toutes les raisons de se retenir. Mais jusqu’ici, cette société semble avoir fait sienne la devise des « Bronzés font du ski » : « Oublie que t’as aucune chance, vas-y fonce, on sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher ! »

