Houffalize – Un nouveau projet agrivoltaïque soumis à enquête publique

Houffalize – Un nouveau projet agrivoltaïque soumis à enquête publique

Une fois n’est pas coutume, nous relayons ici une information apprise dans la presse, sans qu’un collectif de riverains ne se soit (à notre connaissance) constitué en opposition au projet. D’ailleurs, si un tel collectif prenait naissance, qu’il n’hésite pas à nous contacter via contact@occuponsleterrain.be et nous le guiderons dans les démarches d’opposition.

De quoi s’agit-il ?

La société anversoise Storm, qui développe ou co-développe déjà plusieurs projets éoliens et deux projets agrivoltaïques dans la province de Luxembourg, propose d’installer un projet agrivoltaïque sur 8,6 hectares de terres à usage agricole pour une capacité de production annuelle de 8.610 MWh, soit de quoi alimenter plus de 2.200 ménages.

Au Plan de secteur, la parcelle est considérée comme étant située en zone « de services publics et d’équipements communautaires » autrement dit des projets au profit de l’intérêt général, comme des écoles, des crèches ou des stations d’épuration pour donner quelques exemples. Elle est située non loin de la E25 à Fontenaille.

Comme dans d’autres cas de projets agrivoltaïques que nous avons relayés, nous ne pouvons pas à proprement parler d’accaparement de terres agricoles (au sens strict du Plan de secteur). Mais si ce terrain n’est pas officiellement considéré comme « zone agricole » au Plan de secteur, il est quand même utilisé au quotidien pour des activités agricoles.  Et on sait tous que le volet « agri » d’un projet agrivoltaïque est souvent réduit à portion congrue, avec un rendement nettement moindre. Le risque de perte de ressources agricoles est donc bien réel.

Intérêt général ?

La particularité de ces zones de « service publics et d’équipements communautaires » est que pour obtenir le permis pour un projet, il faut que ce dernier soit au profit d’intérêt général et, en principe, sans but de lucre au seul bénéfice du secteur privé. Dans le cas présent, vu que le projet est porté par un acteur privé qui fera du bénéfice sur l’électricité produite, il s’agit d’une première dérogation à la loi.

Mais jusqu’où peut aller la notion d’intérêt général ? Nous sommes parfois étonnés des décisions prises par les élu.e.s politiques. Il est ainsi généralement considéré que le fait de raccorder des panneaux photovoltaïques au réseau électrique, dans ce cas par la société de distribution ORES,  rencontre par principe l’intérêt général. Suffisamment ? C’est toute la question. On sait que le Conseil d’État a consacré ce principe d’intérêt général pour les champs d’éoliennes par exemple.

Autres questionnements ?

A l’analyse de l’annonce d’enquête publique disponible sur le site internet de la commune, on constate que le SPW estime que « le projet ne doit pas être soumis à une évaluation complète des incidences » et qu’ « une étude d’incidences sur l’environnement n’est pas nécessaire ». Pourtant, quelques lignes plus loin, on lit que la commune doit solliciter l’avis du SPW ARNE- Direction de Marche-en-Famenne du Département de la Nature et des Forêts pour un « projet pouvant générer un impact sur la faune et sur la flore ». Contradiction, quand tu nous tiens…

Toujours dans le même document, on constate également que la cellule GISER (Gestion Intégrée Sol Erosion Ruissellement) doit également rendre un avis quant au ruissellement des eaux, de même que la Direction juridique des Recours et du Contentieux quant à un « projet s’implantant en zone d’inondation 2021 ». Au vu de l’excellent mariage entre l’eau et l’électricité, on finira par croire que le porteur du projet s’appelle Claude François…

Enfin, comme le projet n’est pas constitué de bâtiments, il s’écarte en fait de toutes les réglementations urbanistiques en vigueur dans la commune d’où la demande de régularisation des 5 écarts commis par le projet.

Au regard de ces nombreuses contradictions et interrogations soulevées, ce projet nécessiterait certainement une étude approfondie du dossier soumis à enquête publique. Si un collectif de riverains veut se lancer dans l’aventure, comme dit en début d’article, qu’il n’hésite pas à nous contacter.

L’enquête publique se clôturera le jeudi 29 janvier 2026 à 11H00.