Libin – Exploitation d’un puits pour un centre de production de sapins de Noël

Libin – Exploitation d’un puits pour un centre de production de sapins de Noël

Vous arrivez malheureusement trop tard: l’enquête publique s’est achevée le vendredi 30 janvier 2026.

Nous laissons néanmoins la lettre-type visible, afin qu’elle puisse inspirer d’autres collectifs qui seraient confrontés au même type de projet.

 

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles…

Comme vous le savez, le réseau Occupons le Terrain fonctionne essentiellement sur base des informations transmises par ses membres (collectifs, associations, personnes individuelles). Or les informations concernant cette enquête publique à Transinne (Libin) nous sont parvenues à moins de 48 heures de la clôture de cette enquête. Ce court laps de temps ne nous permet pas de mettre en place un formulaire automatisé de réponse à l’enquête publique comme nous avons l’habitude de le faire.

Dans l’urgence, nous vous proposons dès lors deux solutions à mettre en place avant le vendredi 30 janvier à 12H00 :

  1. Soit télécharger une des deux lettres de contestation que nous avons reçues, vous en inspirer pour l’adapter selon vos propres remarques et l’envoyer par mail à urbanisme@libin.be ou par courrier à l’adresse suivante : Commune de Libin – 14 Rue du Commerce – 6890 Libin
  1. Soit (la moins bonne des solutions – voir plus loin) signer la pétition qui a été mise en ligne en suivant le lien : https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/preservons-l-eau-bien-commun-face/275841

Nous avons pour habitude de déconseiller une pétition en ligne lors d’une phase d’enquête publique. En effet, sur le plan strictement légal, l’Autorité communale peut considérer une pétition comme une seule lettre de contestation lors de l’enquête publique, et ce peu importe le nombre de signatures récoltées par la pétition. Il vaut mieux privilégier la lettre de réponse signée individuellement. Mais dans l’urgence, il vaut mieux signer cette pétition que de ne rien faire du tout…

Pourquoi s’opposer à ce projet ?

« Demande d’obtention d’un permis en vue d’exploiter une prise d’eau non potabilisable destinée à alimenter un centre de production et de commercialisation de sapins de Noël et de produits dérivés. »

Le problème soulevé par cette demande relève avant tout d’un enjeu éthique.

En soutenant la démarche de cette entreprise, la collectivité prendrait position en faveur de l’exploitation d’une ressource en eau (qui est un véritable bien commun) dans le cadre d’un projet strictement privé  destiné à l’arrosage de cultures non nourricières, dans un contexte de raréfaction croissante de l’eau et de changement climatique.

Par ailleurs, ce type de culture est régulièrement mis en cause pour son recours important aux pesticides et aux produits phytosanitaires, avec des impacts potentiels sur les sols, les ressources en eau et la biodiversité.

Enfin, l’implantation et l’expansion de telles activités posent la question d’une concurrence déloyale sur le marché foncier agricole. Les cultures non nourricières contribuent à une pression accrue sur les terres, au détriment d’une agriculture alimentaire locale, durable et résiliente.

Au-delà des garanties annoncées, l’expérience montre que les engagements environnementaux sont difficiles à contrôler dans la durée et que les moyens de vérification effective restent limités. Autoriser un captage privé revient dès lors à faire reposer la protection d’une ressource naturelle commune sur des promesses, sans certitude quant à leur respect à long terme.

De plus, permettre à une entreprise de disposer d’une ressource en eau gratuite ou très faiblement valorisée constitue un avantage économique indirect. L’argent ainsi économisé représente un gain financier susceptible d’être réinvesti, notamment dans l’acquisition de nouvelles terres agricoles, accentuant encore la pression foncière au détriment de l’agriculture nourricière.

À l’inverse, le recours à l’eau du réseau public, bien que non idéal sur le plan écologique, présente au moins l’avantage de s’inscrire dans le principe du pollueur-payeur : l’eau est comptabilisée, facturée à son juste coût, et soumise à des restrictions collectives en période de pénurie.

Dès lors, l’argument selon lequel l’autorisation d’un puits permettrait de préserver le réseau d’eau ne peut suffire à justifier l’appropriation privée d’une ressource naturelle, surtout lorsque l’usage envisagé concerne des cultures non nourricières, que les bénéfices économiques sont privatisés et que les risques environnementaux demeurent collectifs.

Si, comme nous, vous êtes soucieux de l’avenir, de la préservation de l’environnement et de l’héritage que nous laisserons aux générations futures, nous vous invitons à faire entendre votre voix en adressant vos remarques à l’administration communale.