Ciney – Un projet immobilier trop vite annoncé comme accepté
Depuis quelques années, une véritable frénésie immobilière s’est emparée de la Ville de Ciney. Et ce n’est malheureusement pas près de s’arrêter. En effet, en tenant compte de tous les projets immobiliers en cours, ce ne sont pas moins de 1.200 logements qui devraient sortir de terre d’ici quelques années !
Une frénésie qui fait parfois « déraper » l’Autorité communale en la personne de son Echevin des Travaux, Guy Milcamps, qui annonçait par voie de presse le 14 janvier dernier la validation du permis d’urbanisation pour le projet de logements au Tersoit. Propos sur lesquels il a dû revenir dès le lendemain en expliquant que le permis était « presque validé ». Mais que sous-entend ce « presque » ?
En fait, cette nouvelle mouture du projet n’en est qu’à ses balbutiements. Nouvelle mouture car ce projet avait déjà été présenté il y a une douzaine d’années, puis avait refait la une de l’actualité en 2022. Le porteur du projet, la société Prologe, a justifié cette question d’agenda en disant : « On avait d’autres projets en cours qui se déroulaient dans d’autres régions. C’est simplement la raison ». Mais, pour le moment, même les données essentielles du projet sont peu claires : en 2012, le projet évoquait 550 logements, puis 350 en 2022 et maintenant divers chiffres cités dans la presse parlent de 250 à 290 logements. Sans plus de précisions.
Le site sur lequel doit prendre place le projet est la ZACC (Zone d’Aménagement Communale Concertée) du Tersoit, une parcelle de près de 8,5 hectares dédiée actuellement à une fonction agricole (pâturage). De nombreux riverains s’étaient déjà fortement mobilisés lors des deux versions précédentes du projet et nul doute que la mobilisation sera encore forte lorsque le dossier avancera dans son (long) parcours administratif. Les principaux griefs envers le projet concernent les menaces sur l’environnement et la biodiversité, des problèmes de mobilité insolubles au vu de l’engorgement actuel de la Ville, des structures (crèches, écoles, santé, …) incapables d’absorber un tel flux de nouveaux habitants, …
Quoiqu’il en soit, comme évoqué plus haut, le projet n’en est qu’à ses balbutiements. Ce qui a en fait été accordé le 14 janvier dernier, c’est l’autorisation pour le promoteur de déposer un dossier de projet urbanistique auprès de l’administration communale. Comme il s’agit d’un projet s’étendant sur plus de 2 hectares, il sera d’office soumis à une Etude d’Incidence Environnementale (EIE). Cette étude nécessite l’organisation par la Commune d’une Réunion d’Information Préalable (RIP) à laquelle les riverains pourront soumettre leurs questions et remarques, et qui sera le lancement officiel de la procédure. L’étude devra être réalisée par un bureau agréé par la Région wallonne et prendra de nombreux mois avant de produire son rapport. Après seulement pourra être lancée l’enquête publique qui durera 15 ou 30 jours suivant le fait que le projet comprenne ou non la création de voiries.
A la date d’aujourd’hui, on peut donc légitimement tabler sur un minimum d’une année avant de voir l’Etude d’Incidence Environnementale clôturée et l’enquête publique annoncée. Suvi d’un nouveau délai de quelques mois pour une prise de décision finale. Nous sommes donc très loin d’un permis d’urbanisation validé ou « presque validé » comme cela a été annoncé. Néanmoins, on peut en déduire que l’Autorité communale est plus que favorable à ce type de projets (surtout en regard des investissements déjà consentis dans la Ville de Ciney par la société Prologe).

