Gerpinnes – Une décision ministérielle qui pourrait faire jurisprudence

Gerpinnes – Une décision ministérielle qui pourrait faire jurisprudence

Gerpinnes, une charmante commune rurale située entre Charleroi et Philippeville, connait depuis plusieurs années une urbanisation galopante. Cette tendance s’est encore renforcée depuis le Covid et la volonté des gens de s’installer à la campagne. Depuis lors, les projets se multiplient dans la commune, les enquêtes publiques se suivent et les collectifs citoyens luttent avec d’autant plus d’acharnement.

Le dernier exemple en date concerne le projet de construction d’une villa et d’un immeuble de 17 appartements en « arrière-zone » de la parcelle située à l’allée des Bouleaux, en plein cœur d’une petite rue résidentielle. Un « comité de quartier des allées Bouleaux et Centrale » s’est formé dès l’apparition du projet et a mené une lutte acharnée contre ce dernier.

En août 2025, la Commune de Gerpinnes a refusé le permis pour partie : seule la construction de la villa en front de voirie a été acceptée par le Collège. Selon ce dernier, « un immeuble à appartements n’avait rien à faire là ». Décision confirmée par le Fonctionnaire de la Région wallonne, Raphaël Stokis, qui précisait à l’époque « C’était oui pour la villa, non pour l’immeuble. Comme d’habitude, les projets proposés doivent être en lien avec l’espace public dans lequel ils sont envisagés. Ici, on parle d’un immeuble au milieu de villas, qui se trouverait à l’arrière des maisons existantes et donc, qui surplomberait les jardins des habitants… « 

En septembre, le comité de quartier dénonçait des procédures qu’il jugeait illégales et envoyait un courrier au Ministre Desquesnes. Dans le même temps, le porteur du projet introduisait un recours auprès du Ministre contre la décision communale.

Fin décembre 2025, le Ministre a rendu sa décision défavorable pour l’immeuble à appartements. Son cabinet a précisé : « Le permis d’urbanisme a été octroyé pour la construction de l’habitation unifamiliale, sous conditions strictes, et refusé pour l’immeuble résidentiel de 17 appartements, le local technique indépendant et l’aménagement des deux zones de parking de 10 emplacements chacune ».

Ce qui est particulièrement intéressant et qui pourrait servir de jurisprudence pour les collectifs opposés à de tels projets est le rappel qui a été fait dans ce dossier : « la densification doit rester cohérente avec le contexte bâti existant et illustre l’importance des critères de volumétrie, d’implantation et de respect du cadre de vie, au-delà du seul zonage ». Un argument qui pourra resservir à n’en point douter.

Occupons le Terrain en profite pour féliciter ce comité pour cette belle victoire ainsi que pour les initiatives prises avec d’autres collectifs locaux pour la préservation des territoires.