Libin – La commune se tait… et le projet de puits de la société Greencap est accepté !
L’acceptation récente du permis déposé par Greencap à Libin, autorisant le forage et l’exploitation d’un puits d’eau destiné à leur culture intensive de sapins de Noël, soulève de graves préoccupations et pose la question de la volonté réelle de la commune de refuser ce projet. En effet, cette dernière n’a tout simplement pas rendu d’avis après l’enquête publique et le rapport du fonctionnaire technique de la Région wallonne plutôt positif envers le projet. La commune a précisé qu’elle n’avait tout bonnement pas trouvé d’arguments pour répondre au rapport technique.
Pourtant, une pétition ayant récolté plus de 600 signatures avançait plusieurs éléments pertinents : une appropriation privée alarmante de l’eau (pourtant un bien commun essentiel), la menace que cette monoculture agressive du sapin de Noël fait peser sur toute la biodiversité locale, sans oublier la pression considérable exercée sur le foncier agricole par les achats massifs de terres menés par cette entreprise.
L’eau est un bien commun fondamental, un droit universel qui ne saurait être privatisé ni exploité sans considération des besoins collectifs et des équilibres naturels. En accordant ce permis à Greencap, les autorités ouvrent la porte à une exploitation importante des ressources en eau souterraine, dont dépend pourtant l’ensemble des habitants, des agriculteurs locaux et des écosystèmes environnants. Cette utilisation intensive risque d’appauvrir les nappes phréatiques, de diminuer la qualité et la disponibilité de l’eau pour tous, au profit d’un usage commercial à visée purement lucrative.
Par ailleurs, la monoculture de sapins de Noël pratiquée par Greencap détruit la richesse écologique de la région. En remplaçant les habitats naturels par d’immenses plantations uniformes, cette pratique réduit drastiquement la biodiversité locale : oiseaux, insectes pollinisateurs, petits mammifères et plantes indigènes sont tous impactés. La disparition progressive de ces espèces fragilise les écosystèmes, diminue leur résilience face aux aléas climatiques, et compromet la santé globale du territoire.
Loin d’être anodine, la multiplication de telles monocultures est un signal inquiétant d’une logique productiviste qui sacrifie la diversité et la durabilité environnementale à court terme. L’exemple de Greencap met en lumière l’urgence de repenser nos modes d’exploitation agricoles, afin de privilégier des pratiques respectueuses de la nature, favorisant la coexistence des activités humaines avec la vie sauvage.
Enfin, il faut également souligner la pression croissante sur le foncier agricole engendrée par les achats massifs de terres par Greencap autour de Libin. Cette concentration des terres entre les mains d’un seul acteur économique limite l’accès à la terre pour les petits paysans et les initiatives agricoles diversifiées. Elle contribue à la disparition progressive des exploitations familiales et de l’agriculture locale, au profit d’un modèle industriel standardisé et éloigné des besoins des communautés rurales.
En somme, l’acceptation du permis de forage accordé à Greencap n’est pas simplement une décision administrative isolée. Elle symbolise un choix politique contestable, qui privilégie les intérêts privés au détriment à la fois du bien commun, de la biodiversité et de la pérennité du tissu agricole local. Il est indispensable que les citoyens, les acteurs associatifs et les élus s’engagent pour défendre la gestion collective et responsable des ressources naturelles, promouvoir une agriculture diversifiée et durable, et protéger le patrimoine agricole face aux logiques spéculatives.
Pour être complets, il est à noter que le dossier n’est peut-être pas tout à fait clos. Car une possibilité de recours auprès du Service Public de Wallonie est prévue dans la procédure et peut-être activée jusqu’au lundi 11 mai inclus.
Ne laissons pas l’eau, la terre et la biodiversité devenir de simples marchandises monopolisées par quelques entreprises. C’est en préservant ces biens communs que nous garantirons un avenir vivable et équitable pour les générations présentes et futures, à Libin et ailleurs.

