Mons – Stop au projet d’urbanisation à Ghlin

Mons – Stop au projet d’urbanisation à Ghlin

Vous arrivez malheureusement trop tard: l’enquête publique s’est achevée le lundi 18 mai 2026 à 9H.

Nous laissons néanmoins la lettre-type visible, afin qu’elle puisse inspirer d’autres collectifs qui seraient confrontés au même type de projet.

Ghlin, situé au nord-ouest de la commune de Mons, est  la plus étendue des dix-neuf sections de commune qui constituent désormais la ville de Mons. Bordée de bois au nord, la localité sert de transition entre le Borinage proprement dit, de tradition industrielle, et le pays agricole de Jurbise et Lens. Elle fait partie de la région naturelle appelée Campine hennuyère.

Un projet d’urbanisation comprenant 52 maisons unifamiliales, 73 appartements et 2 bâtiments pour des fonctions tertiaires ou mixtes ainsi que la construction de voiries est actuellement soumis à l’enquête publique. En regard des impacts négatifs de ce projet, le collectif citoyen « Stop à l’urbanisation à Ghlin » s’est rapidement formé pour s’y opposer.

Le collectif dénonce entre autres une urbanisation galopante sur l’ensemble de la commune de Mons, un accapparement de terres agricoles, une menace importante pour la biodiversité et les nombreuses espèces présentes sur le site, des soucis techniques d’égouttage, une gestion des eaux pluviales sur un site caractérisé par un sol humide, une nappe phréatique peu profonde et un aléa karstique et enfin de futurs problèmes de mobilité avec un engorgement du quartier

 


Lettre de réclamation 

Administration Communale

Grand Place 22

7000 Mons

 

À l’attention du Bourgmestre et du Collège communal de la Ville de Mons.

 

Dossier : LOT/25.0006/RM/LD

Concerne : Demande d’un permis d’urbanisation pour un projet pouvant accueillir 52 maisons unifamiliales et jusqu’à 73 appartements ainsi que 2 bâtiments pour fonctions tertiaires ou mixtes et la réalisation de voiries.

 

Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Echevins,

Par la présente, je souhaite exprimer mon opposition au projet repris en rubrique. Sans être directement situé dans les zones les plus exposées aux écoulements d’eau, l’analyse du dossier et l’observation du site m’amènent à m’interroger de manière approfondie sur la pertinence globale de cette urbanisation. Mes principales préoccupations concernent :

  1. Une menace pour la biodiversité présente sur le site

Le terrain visé, d’une superficie de plus de 4 hectares, constitue aujourd’hui une mosaïque de milieux diversifiés. Cet ensemble participe à un équilibre écologique local et à des continuités biologiques que l’étude d’incidences reconnaît elle-même, notamment à travers le rôle des haies. L’étude mentionne également la présence d’espèces d’amphibiens protégées dans l’environnement proche, ce qui est cohérent avec la nature humide du site. Or, ces espèces sont particulièrement sensibles aux modifications de leur habitat. Dans ce contexte, il apparaît problématique que l’évaluation de la biodiversité repose sur une seule campagne de terrain, réalisée sur une journée. Une telle approche ne permet pas d’appréhender correctement les dynamiques écologiques, en particulier pour des espèces dont la présence varie selon les saisons. Il convient par ailleurs de rappeler que la législation applicable – loi du 12 juillet 1973 sur la conservation de la nature, arrêtés du Gouvernement wallon du 20 et du 27 novembre 2003, directives européennes « Habitats » (92/43/CEE) et « Oiseaux » (2009/147/CE), ainsi que l’arrêté du 9 mai 2019 relatif aux liaisons écologiques – impose une attention particulière à la préservation des habitats et des continuités écologiques.

Les connaissances scientifiques actuelles montrent en outre que la destruction d’un écosystème ne peut être compensée de manière équivalente. Plusieurs travaux scientifiques de renommés mondiales mettent en évidence des pertes durables de biodiversité, même en présence de mesures compensatoires.

  1. Un accaparement de terres agricoles

Une partie de la parcelle envisagée pour le projet est exploitée par la Ferme Rouge, dont elles représentent environ 10 % de l’activité. Cette ferme permet à un grand nombre d’habitant.e.s de Ghlin de manger des légumes locaux et de qualité (vente sur le marché de Ghlin le samedi matin). Leur disparition s’inscrit dans une dynamique de réduction progressive des surfaces agricoles locales. Cette perte fragilise concrètement une exploitation existante et participe à la disparition progressive d’une agriculture de proximité.

  1. Le raccordement d’une partie de l’égouttage du projet à celui de la Résidence Moncoureur

Le réseau d’égouttage de la Résidence Moncoureur, datant du début des années 1960 a été prévu pour environ 30 habitations et possède un diamètre et une pente calculés pour un débit précis. L’ajout d’une partie du nouveau lotissement peut entraîner des problèmes de surcharge et de saturation de ce réseau qui n’est pas prévu pour.

  1. La gestion des eaux pluviales

La question de la gestion de l’eau ne peut être ignorée. Le site est caractérisé par un sol humide, une nappe phréatique peu profonde et un aléa karstique. Dans ce contexte, le recours à des dispositifs d’infiltration et à des bassins de rétention en points bas introduit une incertitude quant à la gestion des eaux pluviales. Les observations locales montrent déjà des difficultés d’évacuation de l’eau lors d’épisodes pluvieux. Dès lors, l’augmentation des surfaces imperméabilisées et la concentration des eaux vers certains points du site posent la question de l’équilibre hydrologique global.

  1. La mobilité dans le quartier

Si on se base sur un des rapports CSD INGENIEURS+, Ghlin va dans les prochains mois « s’enrichir » de 832 logements, et pour 832 logements en Wallonie, le nombre estimé de véhicules se situe généralement entre 915 et 1 248, selon que l’on se base sur les statistiques réelles de motorisation ou sur les normes de stationnement imposées lors de projets immobiliers. Les voiries actuelles de Ghlin, déjà saturées et en mauvaises états, ne sont pas dimensionnées pour absorber ce flux de véhicules supplémentaires (et la future déviation via la Géothermie n’y changera rien quand tous ces projets seront réalisés), qui entrainera également nuisances sonores, problèmes de stationnement et risques accrus pour les piétons fautes de trottoirs adaptés ou de voitures stationnées sur lesdits trottoirs.

  1. La rupture du lien social (déséquilibre démographique)

Un apport massif et soudain de population (environ 300 à 400 nouveaux arrivants d’un coup) dans le quartier empêche l’intégration progressive. Au lieu de nouveaux voisins, on crée une « enclave » déconnectée de la vie associative et historique du village. La prédominance des appartements favorise souvent une population plus volatile ou des investisseurs locatifs, ce qui réduit l’implication citoyenne et fragilise la cohésion sociale à long terme. En bref, création d’un « quartier dortoir ».

  1. Les bâtiments tertiaires et/ou mixtes

Le projet n’indique pas clairement ce qu’il entend par bâtiments tertiaires et/ou mixtes. L’ajout de bâtiments tertiaires ou mixtes dans un lotissement résidentiel peut s’avérer contre-productif si l’on privilégie la tranquillité, l’homogénéité du quartier et la valeur patrimoniale à long terme. Cet ajout risque d’entraîner une rupture de la sérénité résidentielle, des conflits d’usage et de stationnement ainsi qu’une suroffre commerciale avec les nombreux commerces qu’habrite le quartier.

En conclusion

En regard de ces préoccupations, je demande au Collège communal de refuser l’octroi de ce permis d’urbanisation. Je souhaite être tenu au courant des suites réservées à ce dossier.

Copier-coller de la lettre-type fournie par le collectif

Remarques personnelles

 

NOM : ……………………………………………………

PRENOM : ………………………………………………

ADRESSE : ……………………………………………………………………………………………

CODE POSTAL : ………… COMMUNE : ……………………………………………..……………

ADRESSE EMAIL : …………………………………………………………………………………..

DATE : Le …  ……… 2026

SIGNATURE :