Ans (Liège) – La célèbre entreprise Carat-Duchâtelet s’attaque à son tour à la « petite fagne ansoise »
Vous arrivez malheureusement trop tard: l’enquête publique s’est achevée le lundi 18 mai 2026.
Nous laissons néanmoins la lettre-type visible, afin qu’elle puisse inspirer d’autres collectifs qui seraient confrontés au même type de projet.
Derrière la gare d’Ans, la friche industrielle, renommée par les riverains « la petite fagne ansoise », suscite décidément bien des appétits, puisqu’après le projet TRASIS, voilà une seconde enquête publique introduite cette fois par l’entreprise Carat-Duchâtelet, bien connue pour ses transformations de voitures de luxe en voitures de super-luxe. L’entreprise s’était déjà fait « remarquer » l’automne dernier lorsqu’elle avait déboisé la totalité de la parcelle et ce, sans aucun permis!
Les riverains avaient réussi à stopper l’opération. Illégale ? Si peu: l’échevine de l’urbanisme ayant déclaré dans les médias qu’il y a bien eu défrichement, mais que cela a été régularisé dans la demande de permis unique. C’est la technique du « fait accompli » qui permet au contrevenant d’introduire sa demande a posteriori. Au moins ça annonce la couleur…
Voici la lettre de réclamation qui a été utilisée dans le cadre de l’enquête publique, notamment par le formulaire de signature et d’envoi qui se trouvait au bas du présent article :
Concerne : réclamation et observations relatives à l’enquête publique CARAT DUCHATELET SA concernant la demande d’obtention d’un permis unique de classe 2 pour construire un hall de production et des bureaux, transformation de véhicules de luxe, rue Fabrique à l’Huile, à 4430 Ans – Cadastré division 2 section B n° 119 V4
Madame, Monsieur,
Je considère que ce projet est totalement inadapté à notre époque et présente des incompatibilités majeures pour les raisons suivantes :
1. Dans le document transmis à l’Administration communale d’Ans en avril, il est stipulé que l’entreprise mentionnait qu’aucun déboisement n’est nécessaire.
Or, tout le terrain faisant l’objet de la demande de permis de bâtir a été mis à nu cet automne. Des arbres de taille remarquable (circonférence du tronc supérieur à 1 m !) ont été coupés sans demande de permis d’abattage préalable. Un officier de la Police Judiciaire a d’ailleurs dressé un procès-verbal de cette action illégale qui nous prive d’un espace naturel indispensable pour purifier notre air, faire écran au bruit des autoroutes et de l’aéroport et qui permettait l’infiltration des eaux de pluie, etc.2. Dans la demande de permis, il est fait mention que ce projet s’établit sur un site de grand intérêt biologique (réf. SGIB 3232). Ce lieu regorge d’une variété de milieux et d’espèces rares et protégées telles que l’autour des palombes, les batraciens (crapaud calamite et triton alpestre) et les lichens (5 espèces différentes : Cladonia chlorophaea – furcata – ramulosa – rangiformis et sqamosa).
Sur les 2 ha de la parcelle n°119V4, à peine un demi-hectare sera consacré à préserver la biodiversité, c’est-à-dire moins d’un quart du terrain. C’est évidemment trop peu !3. Les eaux usées (sanitaires, lavage des véhicules,…) seront évacuées via le système actuel d’égouttage de la rue Fabrique à l’Huile et du quartier Doumier.
Plusieurs riverains ont eu des problèmes liés à la saturation des égouts. Cette activité ne fera qu’augmenter ces nuisances.4. Des axes de ruissellement concentrés sont déjà présents sur la parcelle et tout autour. De plus, une zone humide se trouve sur la parcelle voisine et le cours d’eau l’Exhaure s’écoule également à proximité. Or, compte tenu du changement climatique, les phénomènes de « goutte froide », comme celui que nous avons vécu en juillet 2021, vont s’intensifier et se multiplier. L’imperméabilisation du terrain va forcément intensifier le ruissellement et cela va se répercuter dans le quartier et le système d’égouttage.
5. Le trafic routier ne s’arrangera pas si une nouvelle activité industrielle s’établit dans notre quartier, en plus des projets envisagés ou en cours tels que celui de TRASIS avec son afflux de camions de livraison prévu.
6. La société Carat-Duchatelet S.A. a envoyé récemment un correctif à sa demande initiale de permis de décembre signalant que les données relatives aux produits nocifs, toxiques, irritants, explosifs, etc., c’était une erreur. Cependant, un tableau très explicite de substances dangereuses figure dans ce même document. Difficile d’évaluer les risques de pollution et pour notre santé en cas de fuite de ces substances ! Rappelons que la parcelle est sur une zone de protection des captages et à forte densité de population.
7. La demande de permis précise plusieurs fois que les études d’incidences ne sont pas nécessaires car elles seraient en tous points comparables à celle de la future société voisine, à savoir TRASIS. Pour rappel, nous avons déjà attiré l’attention sur l’impact négatif de ce projet pour notre santé et notre cadre de vie et n’avons aucun apaisement à ce sujet.
À ce jour, l’étude d’incidences environnementales commandée par TRASIS pour sa propre demande de permis n’est pas encore terminée. Cet argument est donc irrecevable pour la demande actuelle de Carat Duchâtelet. De plus, les activités industrielles sont différentes et donc peuvent impacter différemment l’environnement et le bien-être des riverains.
Pour toutes les raisons présentées ci-dessus, une étude d’incidences environnementale, notamment sur les risques hydrologiques, est impérative !En conclusion, au vu des données relevées dans la demande de permis comprenant des arguments de spéculation, au vu de l’impact négatif de cette activité sur le cadre de vie des riverains, sur l’absence de clarté quant aux risques liés à cette activité industrielle et les nuisances qu’elle occasionnerait, je m’oppose à l’octroi de ce permis demandé par la société Carat-Duchâtelet S.A..
En vous remerciant pour la prise en compte de tous ces éléments dans votre analyse du dossier.
Je souhaite être tenu au courant des suites données à ce dossier.
Remarques personnelles
NOM : ……………………………………………………
PRENOM : ………………………………………………
ADRESSE : ……………………………………………………………………………………………
CODE POSTAL : ………… COMMUNE : ……………………………………………..……………
ADRESSE EMAIL : …………………………………………………………………………………..
DATE : Le … mai 2026
SIGNATURE :

