Stop à l’urbanisation de Ghlin
Habité dès la préhistoire, le village de Ghlin apparaît pour la première fois dans un diplôme impérial en 974. Successivement aux mains des familles de Condé, d’Havré, de Ligne ou encore de Croy, Ghlin se développa autour de ses bois et de l’extraction du grès et du calcaire. Aux XVIIIe et XIXe siècles, charbonnages, verreries, brasseries et moulins marquèrent son essor industriel, jusqu’à la création de la zone industrielle Ghlin-Baudour en 1960. À la même époque, la commune devint un lieu de villégiature apprécié par les familles nobles et bourgeoises montoises, qui y firent construire de nombreux châteaux.
Aujourd’hui, Ghlin a conservé son caractère paisible et verdoyant, tout en accueillant des infrastructures modernes comme l’hippodrome de Wallonie, devenu une référence européenne des sports équestres. Son patrimoine religieux et culturel reste vivant, avec l’église néo-gothique Saint-Martin, la chapelle de Notre-Dame de Moulineau ou encore l’ancien site de l’abbaye d’Épinlieu. Le parc du Joncquoy, transformé en espace public et agrémenté d’un arboretum, rappelle quant à lui le passé aristocratique de la localité tout en offrant un lieu de détente apprécié des familles.
Localisation
Ghlin (Mons)
Date de création
Avril 2026
Statut juridique
Association de fait
Description du site
Le périmètre du projet étudié est situé entre la rue Eva Dupont, la rue Augustin Brohée et la résidence Moncoureur à Ghlin. Actuellement la parcelle du site est divisée selon le zonage suivant:
– Au nord-ouest de la parcelle, une zone de prairie en fauche et une zone de prairie accueillant des chevaux, bordée de haies de haut jet
– Au centre de la parcelle, une bande boisée relativement dense et positionnée sur la dépression karstique existante
– Autour de la bande boisée, une zone de culture recouvrant une grande surface du site (pomme de terre)
– Au nord-est de la parcelle, une zone en friche présentant une végétation jeune de colonisation. Cette zone comprend la présence de nombreuses immondices et de tas de chaux
– Au sud-est de la parcelle, une zone artificialisée partiellement asphaltée utilisée comme espace de stockage pour du matériel et des véhicules divers.
Le site est bordé par l’urbanisation le long de la rue A. Brohée, de la rue du Temple ainsi que par la résidence Moncoureur. En revanche, la rue Eva Dupont, se caractérise par une faible densité bâtie, avec un espace non urbanisé en bordure sud de la parcelle.
Menace
La société Evillas souhaite réaliser un développement immobilier sur ce terrain, d’une superficie de 4,1 ha, qui est intégralement repris en zone d’habitat au plan de secteur. Le programme général du projet envisagé à ce jour vise l’ouverture de voiries et la construction d’un nouveau quartier destiné à accueillir des maisons unifamiliales (52 unités) et des volumes à appartements (73 unités).
Ce terrain n’est pas non plus un espace vide… Il est constitué de prairies, de terres cultivées, de haies et de zones naturelles qui participent à la biodiversité locale. L’étude d’incidences repose néanmoins sur une seule journée d’observation, ce qui ne permet pas d’évaluer correctement les impacts réels du projet sur la biodiversité. En parallèle, une partie des terres est exploitée par un producteur local. Leur disparition contribuerait à réduire encore la souveraineté alimentaire de la région.
L’ampleur du projet pose aussi question. Avec une densité bien plus élevée que celle du quartier et l’arrivée de plusieurs centaines de nouveaux habitants, les conséquences seront forcément visibles… Augmentation du trafic, pression sur les écoles, les crèches et les services de santé… D’autant plus que d’autres projets immobiliers sont prévus à Mons et Ghlin, sans que leurs effets cumulés soient réellement pris en compte. Le site s’inscrit en zone d’habitat au plan de secteur, en zone d’habitat urbain de seconde couronne au schéma de développement communal, et en aire C1 au guide communal d’urbanisme, ce qui implique une attention particulière à l’intégration des nouvelles constructions dans leur environnement existant et au respect du tissu résidentiel (qui aux alentours est de 8 à 9 logements par hectare).
Projet alternatif
– Préserver prioritairement le site dans ses fonctions naturelles, en reconnaissant qu’un biotope, une fois artificialisé, ne peut être restauré à l’identique, même avec des mesures compensatoires.
– Maintenir une large partie du terrain en zone non constructible, dédiée à la biodiversité, à l’agriculture locale et à la régulation naturelle de l’eau.
– Soutenir et pérenniser le terrain affecté à l’agriculture, en garantissant le maintien des surfaces agricoles et en valorisant les circuits courts et la souveraineté alimentaire.
– Envisager uniquement, si nécessaire, une urbanisation très limitée et ciblée (en bordure de route), sur les zones les moins sensibles, avec une densité faible et des constructions adaptées (sans caves, sans concentration d’immeubles)
– Organiser une concertation réelle avec les habitants, permettant de construire un projet respectueux du territoire et du bien commun ; et ce, avant toutes décisions définitives.
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