Ans – Une partie de la Petite Fagne est (provisoirement) sauvée!
La société SRL TRASIS INVEST est une success story : créée en 2004, installée à Ans depuis 2014 et active dans le domaine de la médecine radioactive, elle est en plein développement. Elle cherche donc depuis plusieurs années à s’agrandir. Pour cela, elle a acquis un terrain de 6 hectares à côté de ses installations actuelles et à l’arrière de la gare d’Ans.
C’est là que commence le problème. Car cette parcelle fait partie d’une vaste friche de 17 hectares. Par le passé, ce terrain était occupé par une fabrique à huile, une briqueterie et un atelier de construction métallique avec de nombreux hangars. Tous ces bâtiments ont été rasés il y a une cinquantaine d’années.
Depuis lors, la nature a repris ses droits sur la friche et une biodiversité variée s’y est développée. Avec un petit plus : comme des terres de remblai provenant de la région de Spa ont été utilisées en grande quantité, cela a permis à des espèces adaptées au milieu fagnard de s’y installer. Ce sont elles qui ont inspiré le nom donné à cette zone et au collectif qui s’est constitué pour la défendre : La petite Fagne Ansoise. Cet espace vert est par ailleurs connu de la Région Wallonne en tant que Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB).
Inutile de dire que la construction d’une nouvelle usine sur cette friche allait en bouleverser tout l’équilibre. Et pourtant, le projet avançait à pas de géant : la réunion d’information publique avait eu lieu en février 2025, l’étude d’incidences réalisée dans la foulée et la demande de permis allait bientôt être déposée à la Commune. Jusqu’à ce mardi 19 mai où la société Trasis a annoncé qu’elle renonçait à ce projet… parce qu’elle avait trouvé mieux !
Elle vient en effet de racheter l’ancienne usine pharmaceutique Mithra dans le zoning de Flémalle, déclarée en faillite en 2024.
A ce stade, l’affaire fait deux heureux. La société Trasis avait prévu 70 millions d’euros d’investissement pour la construction de ses nouvelles installations, elle n’en dépensera que 40 pour acheter et adapter le bâtiment de Flémalle qui est en excellent état vu qu’il ne date que de 2017. Comme il est plus grand que les besoins actuels de Trasis, celle-ci a en plus une réserve pour poursuivre son développement.
De son côté, le collectif « La Petite Fagne » voit s’éloigner le danger immédiat qui pesait sur ce terrain et s’épargne le stress d’une enquête publique qui était imminente.
Reste qu’un danger plane toujours sur le site : Trasis va essayer de valoriser le terrain qu’elle avait acheté et dont elle n’envisage certainement pas de faire cadeau au collectif ou à une autre association. Rien n’est donc joué. Mais le collectif vient de gagner un temps précieux qui sera bien utile pour poursuivre son travail visant à protéger durablement ce magnifique site.

