Fléron et environs – Non au circuit de motocross, oui à la préservation de la nature
La haute vallée du ruisseau Sainte-Julienne, zone agricole reconnue pour son intérêt paysager et ses arbres et haies remarquables, a été lourdement saccagée par la création d’un circuit de motocross. Une première épreuve a eu lieu en mai et il pourrait servir à nouveau à l’avenir.
Nous avons reçu ce communiqué du Comité de Sauvegarde de la Haute Vallée de la Sainte-Julienne appelant à une mobilisation contre la destruction de cette zone de fort intérêt environnemental par la création de ce circuit.
Nous le publions bien volontiers et nous vous appelons à signer la pétition.
Le comité de sauvegarde – composé de riverains de cet écrin naturel à cheval sur les communes de Fléron, Blegny, Soumagne et Beyne-Heusay – a déposé un recours à la Région Wallonne contre l’octroi d’un permis d’environnement de classe 2 autorisant un circuit de motocross pour une durée de 3 jours.
Infractions urbanistiques, environnementales et au code de l’eau
Il y a eu des infractions évidentes aux droits de l’urbanisme, de l’environnement et du code de l’eau. Le comité sera attentif à la remise en l’état originel et naturel de la vallée et du ruisseau.
En effet, les règles urbanistiques interdisent de modifier le relief du sol sans permis d’urbanisme et enquête publique. Des arbres et haies remarquables répertoriés dans un site reconnu d’intérêt majeur paysager ont été arrachés sans égard à la protection de la biodiversité (période de nidification) et du droit de l’environnement. Par ailleurs, dans notre région lourdement meurtrie par les inondations, il est légitime de s’inquiéter de l’établissement d’obstacles à l’écoulement naturel de l’eau qui sont d’ailleurs en totale contradiction avec le Code Wallon De l’Eau de 2018.
Il appartient à la police de l’environnement de faire son travail afin de faire remettre la haute vallée du ruisseau Sainte-Julienne dans son état naturel et d’empêcher toute future pratique de sport moteur dans cet écrin.
Une « randonnée de 200 motos »
Les 8, 9 et 10 mai 2026, 600 pilotes de motocross et plusieurs milliers de spectateurs se sont rassemblés à Retinne pour une manche du championnat de Belgique. Organisé par le MC Heuseux, en collaboration avec la VMCF, le BOTC et Spirit of Georges Jobé, l’événement a engendré d’importantes nuisances environnementales et sonores au carrefour des communes de Fléron, Soumagne, Blegny et Beyne-Heusay.
Bien qu’un permis d’environnement de trois jours ait été octroyé pour une « randonnée de 200 motos », la réalité du terrain a largement dépassé le cadre de l’autorisation. La haute vallée du ruisseau Sainte-Julienne, zone agricole pourtant reconnue comme Périmètre d’Intérêt Paysager (PIP) et répertoriée à l’inventaire des Arbres et Haies Remarquables (ARHEM), a été lourdement saccagée. Les riverains dénoncent des modifications sensibles du relief par la création « d’un nouveau circuit », l’arrachage de haies, le non-respect des horaires, un chaos au niveau de la mobilité et une canalisation sauvage et illégale du ruisseau, ce qui aggrave dramatiquement les risques d’inondation et d’écoulement.

Une surprenante procédure d’autorisation
Les riverains s’indignent que l’autorisation ait été délivrée le 29 avril par le fonctionnaire technique du SPW DPA alors que les demandes d’avis envoyées aux différentes instances wallonnes (DNF, cellule bruit, ruralité, urbanisme) sont toutes restées sans réponse.
Le Code du développement territorial (CoDT) exige un permis d’urbanisme et une enquête publique pour effectuer les travaux d’aménagement du circuit. Le permis environnemental n’a pas tenu compte de plusieurs mesures de protection, notamment l’interdiction d’obstruer le ruisseau. Il affirmait, par exemple, en totale contradiction avec les lois de la nature protégées par la législation wallonne, que la manifestation n’empiétait pas sur la période sensible de nidification. Il a ignoré les mesures wallonnes de protection de la Haute Vallée. Enfin, en termes de délais, les travaux d’aménagement du circuit ont débuté le 9 avril, soit plus de 20 jours avant la décision des autorités wallonnes du 29 avril. La décision a été rendue publique le 7 mai pour une période d’affichage et de recours de 20 jours, soit à peine 2 jours avant l’événement.
Remise en état originel et classement de la haute vallée
Face au risque de voir ce circuit devenir récurrent, la mobilisation citoyenne s’organise en urgence. Un arrêt du Conseil d’État avait déjà annulé un projet similaire sur ce site en 1998.
Aujourd’hui, les défenseurs du site réclament l’interdiction immédiate de tout sport moteur dans le vallon et la remise en l’état originel et naturel de la vallée et du ruisseau. À long terme, ils exigent le classement intégral de la Haute Vallée afin de sanctuariser définitivement ce réservoir de biodiversité et régulateur hydraulique local.
Pétition des riverains et reportage photos
La pétition initiée par le comité de sauvegarde dès le week-end de motocross a déjà récolté plus de 600 signatures de riverains, surtout de Retinne (Fléron), Saive (Blegny), Evegnée (Soumagne) et Queue-du-Bois (Beyne-Heusay).
N’hésitez pas à signer cette pétition : https://sauvonslavalleedelajulienne.wordpress.com/petition
Infos pratiques :
Site : https://sauvonslavalleedelajulienne.wordpress.com
Photos : https://sauvonslavalleedelajulienne.wordpress.com/photos
Contact Presse : Collectif de sauvegarde de la Haute Vallée de la Sainte-Julienne
Courriel : hautevalleedelajulienne@gmail.com

