Pesticides – Une initiative « puante » et précipitée du ministre Clarinval
Ah, Monsieur le Ministre Clarinval, quelle prouesse! Dans un élan de précipitation qui ferait rougir Speedy Gonzales lui-même, vous avez décidé d’autoriser sans attendre le nouveau pesticide Calantha. Oui, vous avez bien lu: ni validation européenne, ni consensus scientifique, juste une signature rapide pour faire plaisir à l’agro-industrie. Quel culot, quelle audace… ou plutôt, quel mépris pour notre agriculture locale et nos paysans!
Commençons par le commencement: le timing. Alors que toute l’Europe attend patiemment des évaluations rigoureuses, un examen de sécurité complet et la fameuse homologation européenne, vous, cher ministre, foncez tête baissée, bravant les procédures et les règles du jeu. On pourrait appeler ça de l’innovation, mais non: c’est tout simplement une course effrénée vers le court-termisme. La sécurité sanitaire? La préservation de la biodiversité? L’environnement? Tout cela passe après quelques intérêts industriels mal placés.
Mais là où votre décision frise le génie comique, c’est quand on regarde la finalité même de ce pesticide. Calantha est vanté pour améliorer le rendement des pommes de terre. Bravo! Mais attendez… ne s’est-on pas déjà retrouvé avec une production exceptionnelle pour 2025? Oui, une récolte si généreuse qu’on croule sous les pommes de terre, au point que certains stocks se vendent à 0 euro la tonne! Autrement dit: nous avons plus de patates que de débouchés, et voici qu’on autorise un pesticide pour en produire encore plus. Quel sens économique, quelle cohérence!
Cette stratégie ressemble fort à un pari perdu d’avance: augmenter massivement la production alors que le marché est saturé, sans réflexion sur la rentabilité réelle des exploitations agricoles. Les agriculteurs, eux, ne sont pas dupes. Cette nouvelle bombe chimique ne leur apportera rien, car vendre des tonnes de pommes de terre à prix cassés ne compensera jamais les coûts supplémentaires liés à l’achat et à l’utilisation de Calantha, ni les risques sanitaires encourus.
Au contraire, cette décision bénéficie uniquement aux multinationales de l’agrochimie, prêtes à écouler leurs produits toxiques à grand coup de lobbying et de promesses creuses. Pendant ce temps, nos fermiers se retrouvent piégés dans un engrenage infernal: produire toujours plus, investir toujours plus, tout en voyant leurs marges se réduire comme peau de chagrin. Voilà la triste réalité derrière ce vernis de progrès supposé. Alors, cher ministre, plutôt que de céder aux sirènes de l’agro-industrie, il serait peut-être temps de soutenir une agriculture durable, respectueuse de l’environnement, et surtout économiquement viable pour nos producteurs locaux. L’urgence climatique et la sauvegarde de nos terroirs exigent plus de prudence, de rigueur scientifique et un vrai dialogue avec les agriculteurs, plutôt qu’une course folle vers des autorisations précipitées.
En résumé: la précipitation n’a jamais été synonyme de sagesse. Autoriser Calantha dans ces conditions, c’est choisir les profits rapides au détriment de la santé publique, de la planète et de ceux qui travaillent la terre avec passion. Une belle illustration de cette incohérence politico-économique qui, hélas, perdure encore trop souvent. Espérons que le bon sens finira par triompher avant que le sol ne soit définitivement empoisonné par des décisions aussi hasardeuses qu’irresponsables.
On pourrait s’interroger sur la raison pour laquelle Occupons le Terrain pose le pied sur le terrain miné des pesticides. Comme vous le savez, le slogan de notre campagne est « Pour des territoires vivants, Stop Béton Maintenant! ». Le mot-cœur de ce slogan est « vivants ». Or pour que les territoires que nous défendons restent « vivants », nous devons donc lutter avec force contre ce type de pesticides, véritables poisons pour nos sols et notre biodiversité.
Enfin, Nature & Progrès et l’ONG française Pollinis ont introduit en date du 18 mai un recours en annulation au Conseil D’Etat contre l’autorisation délivrée par le ministre Clarinval. Nous vous invitons à lire leur communiqué de presse.

