Dossier “Datacenters et techno-fascisme – La face sombre de l’IA”
En trois ans à peine, l’Intelligence Artificielle s’est imposée dans le monde entier, bousculant les modes d’analyse, de recherche et de travail. Mais l’IA ne relève pas uniquement du monde aérien de la pensée: elle est aussi fermement ancrée dans le monde matériel.
D’une part, parce que l’IA ne peut fonctionner sans les gigantesques datacenters, qui stockent et traitent des milliards d’informations à une vitesse stupéfiante mais au prix de dégâts environnementaux de grande ampleur et d’une consommation énergétique gigantesque. Et, d’autre part, parce que l’IA brasse des sommes colossales qui offrent en retour un pouvoir démesuré à des maîtres de la high tech défendant des conceptions économiques et politiques à la fois ultra-libérales et ultra-autoritaires.
Chez nous, deux initiatives récentes tentent de gripper la marche en avant frénétique de l’IA. Un collectif citoyen remet en cause le permis accordé à Google pour la construction d’un datacenter à cheval sur les communes de Farciennes, Sambreville et Aiseau-Presles. Et le mouvement Code Rouge appelle une « action massive rassemblant activistes et organisations unis contre l’oligarchie techno-fasciste » du 27 au 29 juin.
Nous avons donc décidé de consacrer un dossier en deux parties aux datacenters et à ce « techno-fascisme »: une exploration détaillée du monde des datacenters dans ce numéro et une présentation d’initiatives de mobilisation et de résistance dans divers pays dans le prochain numéro.

