Boussu – Non au projet de contournement d’Hornu
Vous arrivez malheureusement trop tard: l’enquête publique s’est achevée le mardi 30 juin 2026.
Nous laissons néanmoins la lettre-type visible, afin qu’elle puisse inspirer d’autres collectifs qui seraient confrontés au même type de projet.
Le projet de contournement d’Hornu (N547a), actuellement soumis à enquête publique, est présenté comme un simple projet visant à fluidifier la circulation et désengorger le centre-ville. La réalité est toute autre. Derrière cette route se cache un projet aux conséquences potentiellement graves et irréversibles pour l’environnement, la sécurité publique, notre territoire et l’ensemble des citoyens.
L’un des points les plus alarmants concerne le Marais d’Hornu, secteur directement lié au projet et historiquement connu comme un site fortement pollué. Plusieurs documents officiels et études environnementales évoquent la présence de déchets enfouis, hydrocarbures, métaux lourds, cyanures, PCB, PFAS, pollution ancienne persistante et possibles émissions de biogaz. À cela s’ajoute un élément extrêmement préoccupant : des investigations officielles indiquent qu’au moins 14 bombes non explosées datant de la Seconde Guerre mondiale pourraient encore être présentes sous terre. Comment envisager un chantier d’une telle ampleur sur un terrain dont la dépollution n’est toujours pas finalisée et présentant encore des risques majeurs pour la sécurité publique ?
Ce projet menace également directement plusieurs zones naturelles sensibles : le Marais d’Hornu, le Terril du Sept et différents corridors écologiques abritant plusieurs espèces protégées. Il entraînera en parallèle une artificialisation supplémentaire des sols, augmentera les risques de ruissellement et d’inondation et provoquera une destruction irréversible d’un environnement local déjà fragilisé. De nombreuses interrogations subsistent également sur la manière dont le projet est présenté au public, plusieurs phases n’étant pas clairement intégrées au dossier actuel, empêchant une vision globale et transparente des véritables conséquences futures.
Enfin, ce projet impactera directement les habitants avec des conséquences bien réelles : augmentation du trafic, nuisances sonores permanentes, pollution de l’air, expropriations possibles, destruction d’habitations, perte de valeur immobilière et dégradation durable du cadre de vie de nombreux riverains. Face à l’ensemble de ces éléments, le collectif citoyen Non au contournement d’Hornu demande une seule chose : l’abandon pur et simple de ce projet. Nous refusons qu’un projet aussi dangereux, destructeur et opaque soit imposé à notre commune.
Voici la lettre de réclamation qui a été utilisée dans le cadre de l’enquête publique, notamment par le formulaire de signature et d’envoi qui se trouvait au bas du présent article :
À l’attention du Collège communal de Boussu
Service Urbanisme
Rue François Dorzée 3 – 7300 Boussu
Objet : Opposition motivée – demande de refus ou suspension du permis relatif au projet suppression de la voirie communale, création d’une voirie entre Saint-Ghislain et l’axiale Boraine
Madame la Bourgmestre,
Mesdames et Messieurs les membres du Collège communal,
Par la présente, je souhaite formellement m’opposer au projet de contournement d’Hornu actuellement soumis à enquête publique.
Après analyse du dossier, il apparaît que ce projet soulève d’importantes inquiétudes sur les plans environnemental, sécuritaire, juridique, urbanistique, économique et humain. Au vu des éléments ci-dessous, je demande le refus du permis ou, à tout le moins, la suspension de la procédure afin qu’une instruction complète, globale et indépendante soit réalisée.
- Projet incomplet et artificiellement fractionné
Le projet soumis à enquête publique ne constitue qu’une partie d’un projet global visant à relier l’Axiale Boraine à Saint-Ghislain. Le tronçon futur traversant le Marais d’Hornu n’est pas intégré à la procédure actuelle alors qu’il constitue une partie essentielle du projet final. Cette présentation par tronçons empêche une évaluation globale réelle des impacts et crée un risque évident de fait accompli administratif rendant inévitable la poursuite future de l’ensemble du projet.
- Site historiquement pollué : le Marais d’Hornu
Le projet est directement lié au secteur du Marais d’Hornu, ancienne décharge historiquement reconnue comme fortement polluée. Plusieurs documents publics mentionnent la présence de déchets enfouis, métaux lourds, cyanures, PCB, sulfates, hydrocarbures, PFAS et émissions possibles de biogaz. Des études menées par SPAQUE sont toujours en cours et la dépollution complète n’est pas finalisée. Autoriser un projet de cette ampleur dans un tel contexte paraît prématuré et insuffisamment sécurisé.
- Risque pyrotechnique reconnu officiellement
Les investigations historiques réalisées dans le cadre des études SPAQUE indiquent qu’au moins quatorze bombes non explosées datant de la Seconde Guerre mondiale pourraient encore être présentes dans les sols. Les travaux prévus (terrassements, excavations, égouttage, tranchées, fondations, remblais) pourraient exposer ouvriers, riverains et sécurité publique à des risques majeurs. Aucune garantie complète et transparente n’est apportée au public sur ce point.
- Impacts environnementaux et biodiversité insuffisamment évalués
Le projet traverse ou longe des zones naturelles sensibles : Marais d’Hornu, Terril du Sept, corridors écologiques et secteur de Marcasse. Le dossier reconnaît lui-même la présence ou la possible présence d’espèces protégées telles que le crapaud calamite, le crapaud accoucheur, l’orvet fragile, la bondrée apivore ainsi que plusieurs espèces d’oiseaux protégées. La notice d’incidences admet que certains impacts sur la nature restent non déterminés, ce qui rend toute autorisation prématurée.
- Risques hydrologiques, artificialisation et précaution climatique
Le projet prévoit nouvelles surfaces imperméabilisées, fossés, noues, canalisations, modifications du relief et rejet vers le Saubin. Plusieurs cartes officielles montrent déjà des zones à risque de ruissellement et d’inondation. Le dossier ne démontre pas l’absence d’aggravation des écoulements vers les habitations. De plus, le projet entraîne une artificialisation supplémentaire des sols alors que les politiques publiques imposent aujourd’hui de limiter l’imperméabilisation et de préserver l’infiltration naturelle des eaux dans un contexte de changement climatique.
- Atteinte directe aux riverains et au cadre de vie
Le projet entraînera augmentation du trafic, nuisances sonores permanentes, pollution de l’air, vibrations, dégradation du cadre de vie, perte potentielle de valeur immobilière, modification des accès routiers locaux, destruction d’au moins une habitation et possibles expropriations. Plusieurs habitants directement concernés ne semblent pas avoir reçu une information complète et claire concernant l’ensemble des conséquences réelles du projet.
- Incohérence urbanistique et atteinte aux droits des propriétaires
Le projet impacte un secteur composé d’habitations implantées dans un environnement résidentiel historiquement destiné à l’habitat. De nombreux propriétaires ont acquis leurs biens dans un cadre ne laissant pas présager l’arrivée future d’une infrastructure routière de transit de cette ampleur. Ce projet modifierait profondément la destination du quartier, porterait atteinte au droit de propriété et créerait des nuisances incompatibles avec le caractère résidentiel des lieux.
- Alternatives insuffisamment étudiées et absence de nécessité publique démontrée
Aucune démonstration suffisante ne permet d’établir que cette infrastructure constitue la seule réponse proportionnée aux problèmes de mobilité invoqués. D’autres alternatives semblent insuffisamment étudiées : amélioration des axes existants, gestion différente des poids lourds, optimisation des carrefours, adaptation du BHNS, transports publics renforcés ou variantes routières moins impactantes.
- Impact économique local insuffisamment pris en compte
Le détournement d’une partie importante du trafic hors du centre d’Hornu pourrait affecter directement l’activité économique locale en diminuant la fréquentation naturelle des commerces de proximité. Cet impact économique potentiel ne semble pas avoir été suffisamment analysé.
- Information du public insuffisante
Plusieurs citoyens concernés indiquent ne pas avoir bénéficié d’une information claire, complète et accessible sur l’ensemble des conséquences réelles du projet. Des interrogations existent notamment sur l’affichage, l’information des riverains directement impactés et la qualité effective de la participation citoyenne.
- Décision prise sans projet définitivement stabilisé
Des éléments essentiels du projet ne semblent toujours pas définitivement établis, notamment concernant la dépollution du Marais, les futures phases du tracé, les risques techniques liés aux sols et certaines contraintes environnementales. Il paraît prématuré d’autoriser un projet dont plusieurs paramètres fondamentaux ne sont pas encore totalement maîtrisés.
- Risque de précédents urbanistiques futurs (ZACC / urbanisation future)
La présence d’une zone d’aménagement communal concerté (ZACC) à proximité immédiate du projet impose de clarifier si cette nouvelle infrastructure pourrait également servir, directement ou indirectement, à faciliter une urbanisation future du secteur. Les incidences cumulées entre infrastructure routière et développement urbanistique futur doivent être analysées globalement.
- Utilité publique insuffisamment démontrée
La justification avancée reposant principalement sur le désengorgement du centre d’Hornu ne paraît pas suffisamment démontrée par des études publiques récentes, indépendantes et comparatives permettant d’établir qu’une nouvelle infrastructure lourde constitue réellement la solution la plus adaptée.
- Principe de bonne administration et transparence
Une procédure administrative impliquant expropriations potentielles, atteintes environnementales majeures et impacts directs sur les riverains impose une transparence totale et une information complète du public. Toute impression selon laquelle les décisions seraient déjà arrêtées avant analyse réelle des observations citoyennes porterait atteinte à la confiance légitime des citoyens dans la procédure publique.
15. Insuffisance de l’évaluation des incidences sur les espèces protégéesLa notice du demandeur signale, sur la base d’inventaires du DEMNA, la présence d’espèces protégées par la loi du 12 juillet 1973 sur la conservation de la nature, notamment le crapaud calamite et le crapaud accoucheur, strictement protégés (annexe IV de la Directive Habitats), ainsi que l’orvet fragile et le criquet à ailes bleues.La notice reconnaît par ailleurs qu’un inventaire de terrain en période favorable ainsi qu’une éventuelle dérogation à la loi sur la conservation de la nature pourraient être nécessaires.Autrement dit, le demandeur admet lui-même que les incidences réelles sur ces espèces ne sont pas établies à ce stade.L’appréciation des incidences sur des espèces strictement protégées doit intervenir avant la décision sur le permis et ne peut être reportée à une étape ultérieure.Un projet ne peut être autorisé tant qu’il n’est pas démontré qu’il est légalement réalisable, c’est-à-dire tant que la nécessité puis l’obtention d’une éventuelle dérogation à la législation sur la conservation de la nature ne sont pas clarifiées.Une simple notice renvoyant à un inventaire « à faire » ne permet pas cette appréciation.En conséquence, une étude d’incidences complète devrait être imposée avant toute décision relative à ce projet.
DEMANDE FORMELLE
Au vu de l’ensemble des éléments exposés ci-dessus, je demande :
- le refus du permis dans sa version actuelle ;
- la suspension immédiate de la procédure ;
- une étude globale portant sur l’ensemble du projet complet ;
- la communication intégrale des études environnementales, hydrologiques et sécuritaires ;
- une analyse indépendante des risques liés au Marais d’Hornu ;
- une prise en compte réelle des impacts sur les riverains, l’environnement, la sécurité publique et l’économie locale.
Ce projet soulève trop d’incertitudes majeures en matière de sécurité, d’environnement, de mobilité, de pollution, de biodiversité, de cadre de vie, d’économie locale et de transparence pour qu’une autorisation puisse être accordée en l’état actuel du dossier.
Je demande que cette réclamation soit enregistrée individuellement et jointe intégralement au dossier administratif.
Remarques personnelles
NOM : ……………………………………………………
PRENOM : ………………………………………………
ADRESSE : ……………………………………………………………………………………………
CODE POSTAL : ………… COMMUNE : ……………………………………………..……………
ADRESSE EMAIL : …………………………………………………………………………………..
DATE : Le … ……… 2026
SIGNATURE :

