Liège – Le Busway à Burenville, cheval de Troie de Matexi?
Vous arrivez malheureusement trop tard: l’enquête publique s’est achevée le lundi 13 juillet 2026.
Nous laissons néanmoins la lettre-type visible, afin qu’elle puisse inspirer d’autres collectifs qui seraient confrontés au même type de projet.
Des transports publics mieux développés, oui… mais pas à n’importe quel prix!
Le collectif « Sauvons le poumon vert de Burenville » nous a fait part de son inquiétude face aux dégâts qu’occasionnera ce projet à l’environnement :
LETEC prévoit la mise en place de 4 lignes de Busway (bus à haut niveau de service) à travers Liège pour compléter l’offre du tram. D’après LETEC, « le busway reprend les atouts du tram – régularité, efficacité, amplitude – avec plus de souplesse et des travaux plus légers. Pensé pour les axes très fréquentés, il permet de circuler plus vite, plus souvent et plus facilement. ».
Cela implique que le busway passe le plus souvent possible en site propre. Ce qui est un défi difficile à résoudre sur de grandes portions des tracés prévus, à cause de l’importance de la circulation des voitures et du grand nombre d’emplacements de parkings le long des trottoirs.
Mais les tracés prévus pour le Busway réservent parfois de très mauvaises surprises. C’est notamment le cas sur la ligne 1 prévue pour relier Ans à Chênée : dans le quartier de Burenville, une portion importante de la ligne 210 du RAVeL devrait être détruite pour céder la place à un site propre en double sens pour ce busway.
Pourquoi ce choix bizarre ?
Parce que cette portion du RAVeL, très fréquentée, longe le site de l’ancien charbonnage de l’Espérance, qui a été reconquis par la nature et est devenu une véritable forêt qui abrite une grande biodiversité et qui apporte fraicheur et oxygène à tout le quartier. Or ce site est lui-même menacé par un projet immobilier pharaonique : un lotissement de 430 logements projeté par la société Matexi!
Et donc le passage du busway à cet endroit ne peut se comprendre qu’en lien avec ce projet immobilier! Avec comme résultat global:
- La portion du RAVeL « tunnel de verdure » sera détruite et déplacée plus loin sous forme d’un RAVeL « sentier sans ombre »;
- A la place du RAVeL existant, la création du site propre pour le busway nécessiterait la destruction de près de 1000 arbres qui longent actuellement le RAVel… et ce site propre serait doublé par une nouvelle voirie à double sens (toujours pour permettre l’accès voitures au lotissement). Soit 4 voies automobiles au lieu de l’actuel tunnel de feuillage ;
- Tout cela pour favoriser la desserte d’un lotissement qui, lui, terminerait de détruire la quasi-totalité de la forêt actuelle!
Réflexion visionnaire pour la vie en ville ou cadeau offert à la promotion immobilière ?
Si vous pensez que le tracé du Busway doit être revu, nous vous proposons de signer la lettre ci-dessous et de la renvoyer avant le 13 juillet, date de la clôture de l’enquête publique.
Pour prendre connaissance de la publication officielle de la Ville de Liège et en savoir un peu plus, vous pouvez cliquer ici.
Lettre de réclamation à compléter et à renvoyer au Collège communal ou à l’Administration communale (adresses à utiliser ci-dessus)
Objet : Observations dans le cadre de l’enquête publique – Projet Busway M/96899 CG
Référence du dossier : M/96899 CG
Madame, Monsieur le Bourgmestre,
Mesdames, Messieurs les Échevins,
En tant que personne soucieuse d’un développement urbanistique raisonné et raisonnable, je me permets de vous adresser mes commentaires concernant le projet de ligne de Busway (Ans – Chênée) et le réaménagement entre le CHC Mont-Légia et Fontainebleau. Mes remarques portent essentiellement sur le périmètre CHC–Place Saint-Nicolas à Burenville, incluant le site historique du charbonnage Espérance – Bonne Fortune.
Si l’importance de développer les transports en commun et les mobilités douces est pleinement comprise, des réserves subsistent quant à ce projet tel qu’il est présenté.
En effet, le Busway, tel que proposé se réalise au mépris des engagements affichés par la Ville et la Région en matière de préservation de la nature, ainsi que des besoins croissants de nature exprimés par les habitants.
À ce titre, il est particulièrement préoccupant de constater que ce projet implique le sacrifice de plus de 980 arbres, rien que sur la longueur du RAVeL prévue d’être dévoilée et jouxtant le Poumon Vert de Burenville et ce, en totale contradiction avec le plan Canopée de la Ville. La compensation avancée ne repose, à ce stade, sur aucun fondement scientifique solide. Par ailleurs, même en cas de replantation, une perte nette de biodiversité est à prévoir: les arbres actuellement en place constituent un écosystème mature, aux performances écologiques optimales, que de jeunes plantations ne pourront égaler avant de nombreuses années, si tant est qu’elles y parviennent. Ces nouveaux arbres, plus vulnérables, nécessiteront du temps pour s’implanter et seront exposés à davantage de risques.
En outre, la disparition de cet espace boisé entraînera une perte significative en matière de régulation thermique: l’effet d’îlot de fraîcheur, lié à l’ambiance forestière et au tunnel végétal ombragé existant, ne pourra être compensé à court ni moyen terme. Des mesures réalisées le 25 juin 2026 à 17h00 illustrent très concrètement cet écart: 55°C sur le bitume à l’entrée du RAVeL, 46,3°C sur le tarmac ensoleillé à l’entrée du RAVel, contre 27,8°C sur le tarmac à l’ombre de la canopée, et 24,7°C sur le sol forestier, sous la canopée et en lisière. Ces écarts significatifs parlent d’eux-mêmes et témoignent de la qualité du milieu actuel, en état de régénération avancée, offrant de multiples services écologiques essentiels.
En négligeant ces éléments, il passe sous silence une réalité désormais incontestable: face à l’urgence climatique, chaque atteinte à la nature contribue à aggraver la situation et met en péril notre avenir collectif.
De plus, ce projet sous-estime gravement l’importance vitale des fonctions écologiques, sociales et surtout sanitaires assurées par ces espaces naturels, pourtant essentiels en milieu urbain dense. Les arbres, les fleurs, les oiseaux, les insectes, … – présents en nombre sur le tracé actuel ne sont pas de simples éléments de décor: ils constituent de véritables alliés pour notre santé. De nombreuses études démontrent que la présence de nature agit directement sur le stress, les émotions et les comportements, en améliorant significativement le bien-être mental et physique. La psychologie de l’environnement confirme ces liens étroits entre nature et santé, mettant en évidence leur rôle clé dans la qualité de vie. Dès lors, préserver ces milieux ne relève pas du confort, mais d’un véritable enjeu de santé publique. Cette réalité est d’ailleurs renforcée par l’approche « One Health », reconnue internationalement, qui rappelle que la santé humaine est indissociable de celle des animaux et des écosystèmes: toute atteinte à ces équilibres naturels constitue donc une dégradation directe de notre santé globale.
À cet enjeu s’ajoute l’incidence majeure de la durée des travaux, annoncée à plus de deux ans, avec une mise en service visée à l’horizon 2030. Durant cette période, les usagers seront privés des bénéfices essentiels qu’offre ce RAVeL. Or, ils sont nombreux à le fréquenter régulièrement, que ce soit pour la promenade, l’apprentissage du vélo par les enfants, le bien-être ou le maintien du lien social. Cette indisponibilité prolongée portera également atteinte à l’accessibilité de plusieurs lieux desservis par cet axe, tout en privant la population de certains usages du quotidien.
De ce fait, je vous demande de bien vouloir acter mes observations et de les intégrer au procès-verbal de cette enquête publique. Je reste à votre disposition pour tout échange complémentaire.
Je demande que cette réclamation soit enregistrée individuellement et jointe intégralement au dossier administratif.
Remarques personnelles
En conclusion, je m’oppose au projet tel que déposé par l’Opérateur de Transport de Wallonie. Je demande au Collège de refuser le permis d’urbanisme pour ce projet afin de se conformer aux orientations stratégiques de la Ville de Liège en matière d’Urbanisme, ces éléments appelant à une réévaluation des choix d’aménagement afin de respecter les engagements environnementaux et le besoin collectif.
Je souhaite être tenu au courant des suites données à ce dossier.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Bourgmestre, Mesdames, Messieurs les Échevins, l’expression de mes salutations distinguées.
NOM : ……………………………………………………
PRENOM : ………………………………………………
ADRESSE : ……………………………………………………………………………………………
CODE POSTAL : ………… COMMUNE : ……………………………………………..……………
ADRESSE EMAIL : …………………………………………………………………………………..
DATE : Le …… ……………….. 2026
SIGNATURE :

