Saint-Ghislain – A Hautrage, une victoire importante contre Biogas!
C’est officiel: le projet d’usine de biométhanisation à Hautrage est enterré. Du moins, pour l’instant…
Le 18 juin 2026, les fonctionnaires technique et délégué de la Région wallonne ont refusé le permis de construire pour le projet porté par le géant danois Copenhagen Infrastructure Partners (CIP). Une décision accueillie avec soulagement et fierté par les riverains, les élus locaux et les associations, qui se battent contre ce projet depuis des années.
« Le dossier n’était ni transparent, ni abouti », résume Frédéric Boreux, porte-parole du comité de riverains. Une victoire qui prouve une fois de plus que la mobilisation citoyenne paie.
Un projet imposé, une opposition unanime
Dès son annonce, le projet « Biogas Hautrage » a suscité une levée de boucliers. L’usine devait traiter 900.000 tonnes d’effluents d’élevage et de déchets agro-industriels par an, avec une production de biométhane injecté dans le réseau Fluxys et de BioCO₂ liquide. Problème : 80 % du lisier aurait été importé de Flandre, et l’usine aurait fonctionné 24h/24 et 7j/7, à 350 mètres seulement des premières habitations — contre 3 kilomètres pour l’usine similaire visitée au Danemark.
Face à ces risques sanitaires, environnementaux et de nuisances (odeurs, trafic de camions), l’opposition s’est organisée. Pas moins de 1.375 courriers d’opposition ont été déposés en février 2026 lors de l’enquête publique consacrée à ce projet et une pétition a circulé pour maintenir la pression sur les décideurs.
« Depuis le début, ils nous disent que Hautrage est le seul site où il est possible de s’implanter. Mais si c’est le cas, pourquoi menacent-ils de partir dès qu’on leur dit non ? », s’interroge Frédéric Boreux, non sans ironie.
La délégation au Danemark : quand même les Danois disent non!
Pour tenter de convaincre, CIP a invité une délégation de Saint-Ghislain à visiter son usine de Tønder au Danemark fin janvier/début février 2026. Parmi les participants: des conseillers communaux, des agriculteurs et des représentants d’associations de riverains.
Le bilan de cette visite? Un renforcement des craintes. « À Tønder, l’usine est isolée, dans une zone à 33 habitants au km², et située à 3 km des habitations. À Hautrage, on parle de 330 habitants au km² et de 350 mètres des maisons ! » a expliqué François Roosens, conseiller communal du Mouvement Citoyen.
Pire: le bourgmestre de Tønder lui-même a confirmé qu’il n’aurait pas accepté le projet dans les conditions prévues à Hautrage, notamment à cause de la proximité des habitations. « Il devait nous convaincre des avantages du projet. Mais quand on lui a exposé la réalité de Hautrage, il nous a dit qu’il n’aurait jamais donné son accord », a confié Frédéric Boreux, du comité de riverains.
Un dossier bancal, un refus logique. Et maintenant?
Le refus du permis par la Région wallonne n’est pas une surprise pour les opposants. « Au vu des nombreuses lacunes, incohérences et contradictions du dossier, il aurait été incompréhensible qu’une analyse objective aboutisse à l’obtention de ce permis », déclare le collectif de riverains. Manque de transparence, études incomplètes, risques sous-estimés : le projet accumulait les faiblesses.
La bataille est gagnée, mais la guerre n’est pas finie. « On reste vigilants. Cette victoire, c’est celle de la raison et de la mobilisation citoyenne. Mais on sait que les promoteurs de ce genre de projets ne lâchent pas facilement », prévient un membre du comité. A raison puisque CIP a déposé en dernière minute un recours contre le refus de permis auprès du ministre de l’Aménagement du territoire.
Une chose est sûre: à Hautrage, on a prouvé que l’union fait la force. Et que quand une communauté se serre les coudes, même les géants industriels doivent plier bagage.
En attendant, une chose est sûre: à Hautrage, on a prouvé que l’union fait la force. Et que quand une communauté se serre les coudes, même les géants industriels doivent plier bagage.

