Enquête publique pour 4 immeubles dans le bois d’Avroy – décembre 2024

Désolé, vous arrivez trop tard :  l’enquête s’est clôturée le 6 janvier à 11h.

 

Le courrier qui suit sera transmis à la Ville de Liège, Service d’urbanisme, Quai de la Batte, 10 à 4000 LIEGE, en réponse à l’enquête publique réf. U/94105 G.

 

Madame, Monsieur,

Veuillez, je vous prie, trouver ci-dessous, mes réclamations et observations relatives au projet de construction de quatre immeubles de 5 à 7 niveaux pour un total de 80 logements, situé boulevard G. Kleyer 21-27 à 4000 Liège, au milieu du Bois d’Avroy, faisant l’objet de la demande de permis unique déposé par SA General Construction.

 

NOUVEAUX LOGEMENTS

La situation actuelle de la population liégeoise ne justifie pas la construction massive de nouveaux logements sur des parcelles boisées. En effet, les nouvelles perspectives n’envisagent plus qu’une augmentation tout à fait limitée de la population liégeoise (+/3.500 habitants) et des projets tels que celui-ci ne se justifient plus, dès lors que de nombreux logements vides peuvent être rénovés et que des parcelles déjà urbanisées peuvent être réhabilitées. Il est également à déplorer que ce projet ne prévoie aucun logement social, qui est pourtant le type de logement le plus demandé.

ATTEINTE A L’ENVIRONNEMENT

Le projet s’implante au milieu d’une parcelle boisée, de plus de 3 hectares, sur laquelle 3.251 arbres ont été dénombrés par des riverains en 2022. L’étude d’incidences réalisée minimise fortement les impacts négatifs et irrémédiables en se focalisant uniquement sur les arbres de haute valeur ajoutée, en ne considérant ni la surface d’emprise des travaux, ni les conséquences de l’effet lisière, ni l’impact des travaux de terrassement sur le système racinaire des arbres.

  • En ne considérant qu’une emprise des travaux classique, 2.438 arbres seraient abattus, ce qui est inacceptable dans le contexte actuel de réchauffement climatique particulièrement sensible dans les villes.
  • Le réchauffement climatique implique le besoin pour les citadins de plus d’arbres en ville afin d’en limiter les conséquences. C’est d’ailleurs la position de la Ville de Liège qui a développé la plan CANOPEE pour augmenter le nombre d’arbres en Ville, soit planter plus de 24.000 arbres pour 2030. Si Cointe ne fait pas partie des quartiers prioritaires, c’est justement en raison des surfaces boisées qui y sont présentes. En supprimant une grande partie de cet espace vert, le projet porte directement atteinte au plan CANOPEE.
  • À la suite du recensement des arbres, l’ULg a pu estimer que la capacité d’absorption annuelle de CO2 était de l’ordre de 25 tonnes. La réalisation de ce projet réduirait cette capacité de 70 à 80%. Aucune mesure compensatoire sérieuse n’est proposée par le promoteur qui n’évalue pas non plus les émissions de CO2 liées à la réalisation des travaux.
  • Cette parcelle a d’autant plus d’intérêt qu’elle est située à côté de plusieurs autres zones repris au PCDN (Prairie des Bruyères, Bois l’Évêque, Terril Piron, Parc de Cointe, Parc Comhaire, …) et participe ainsi à la chaîne des parcs décrite dans le projet de Territoire présenté en février 2024 par la Ville de Liège.
  • L’étude d’incidences ne prend également pas en compte la perte du bénéfice des tous les arbres et arbustes à des gabarits inférieurs qui créent plusieurs strates permettant d’augmenter la retenue de l’humidité/fraîcheur très appréciée en saison de canicule. En effet, le bois crée un îlot de fraîcheur cher aux riverains immédiats par sa densité arborée et arbustive au m². Il est donc important de le maintenir afin de respecter les objectifs du Plan Climat de la Ville de Liège.

Les mesures de compensation prévue par le projet manquent de précision. En ce qui concerne la végétalisation de toit, elle ne peut être considérée comme une mesure compensatoire. En effet, une étude récente (étude GROOVES de l’agence régionale de la biodiversité en IDF) a conclu que les toitures végétalisées ne remplacent en aucun cas les autres espaces verts urbains et ne doivent pas servir de caution verte aux projets d’artificialisation des sols.

BIODIVERSITE

Le bois visé par les constructions est riche d’une faune et flore intéressantes, voire protégées. De nombreuses observations en ce sens ont été consignées sur le site observations.be https://observation.org/bioblitz/2293/bioblitz-sauvons-le-bois-davroy/. Les riverains ont pu constater la présence de lucanes cerf-volant, de pics, d’une chouette hulotte, de chauves-souris et de lucioles en plein milieu du bois, à l’endroit où le demandeur projette la construction des immeubles.

Contrairement à l’étude d’incidence, un rapport sur la biodiversité déposé pour le projet dans une parcelle contigüe en 2023 a constaté : « la présence temporaire d’espèces intéressantes, voire rares ou menacées, ou de la faune éventuellement concernée par un statut de protection en Wallonie en vertu de la Loi sur la Conservation de la Nature ne peut être exclue, comme c’est le cas des espèces parapluies (concept écologique faisant référence aux espèces phares qui, par le biais de leur protection, peuvent servir à protéger de nombreux autres groupes biologiques) du réseau écologique des milieux boisés liégeois : lucane cerf-volant, pic mar, pic noir. ».

L’incidence négative de la pollution lumineuse sur la population d’insecte n’a pas été prise en compte, le promoteur ne précisant même pas le type d’éclairage envisagé. Quant au lucane cerf-volant, retirer du sol et déplacer les arbres morts risque de porter atteinte à 6 générations (cet insecte vit 5-6 ans à l’état de larve). Aucune mesure de compensation sérieuse n’a été proposée par le promoteur.

NON-RESPECT DES GABARITS

Le gabarit des immeubles proposés est inadapté à son environnement direct.

Un premier projet de 2017 sur la parcelle voisine a été refusé, entre autres, parce que :

    • L’un des bâtiments s’élevait jusqu’à 5 niveaux ;
    • La profondeur des immeubles ne respectait pas un maximum de 19 mètres ;
    • Un déboisement trop important était prévu ;
    • Les gabarits élevés relevaient d’une vision urbanistique révolue.

Or, il faut constater que le projet actuel est toujours inadapté : il s’agit d’immeubles de 5 à 7 niveaux de plus de 16m de hauteur qui vont déboiser une grande partie d’un poumon vert de la Ville.

Par ailleurs, le promoteur indique se limiter à 4 blocs d’habitation. Il faut cependant se rendre compte que dans la « nouvelle » version de son projet, il s’est limité à « coller » plusieurs immeubles de son projet initial de 7 immeubles.

PARKING

Le ratio de parking prévu se limite au strict minimum de 1,25 place par logement (1 attribuée par logement augmenté de 20 place communes). Cependant, selon les statistiques du SPF Mobilité, selon la classe socio-économique attendue du lotissement, le nombre de voitures par logement est supérieur à 2. Le boulevard Kleyer ne présente aucune opportunité de stationner les voitures excédentaires par rapport aux places de parking prévues. Le projet ne précise pas la présence (ou non) de parkings sécurisés pour les vélos.

MOBILITE

L’étude de mobilité réalisée à la demande du promoteur considère qu’uniquement 60 véhicules supplémentaires s’ajouteront à la circulation aux heures de pointe. Ce chiffre semble avoir été minimisé. L’étude ne prend pas en compte les difficultés déjà existantes de la rue Julien d’Andrimont. Par ailleurs, l’étude ne prend pas en compte non plus la circulation liée à la future école qui sera implantée à proximité dans l’ancien bâtiment du Forem, rue du bois d’Avroy, projet connu dont la valeur sociétale est significative.

NUISANCES ET ESTHETIQUE GENERALE DU SITE

Le projet prévoit qu’il n’y aura pas de nuisance particulière. C’est évidemment nier les nuisances importantes pour les riverains situés aux alentours de la parcelle :

    • Les habitants aux alentours perdront les bienfaits du bois (calme, îlot de fraîcheur) dans un environnement déjà très urbanisé (immeubles du Domaine du Bois d’Avroy de la rue Julien d’Andrimont) ;
    • Les riverains feront face à un trafic démultiplié ;
    • Les riverains feront aussi face à de nouveaux bruits avec l’arrivée massive de nouveaux habitants dans une surface restreinte ;
    • Les travaux d’envergure impliqueront nécessairement de fortes nuisances pour tous les riverains pendant la durée des travaux ;
    • La densification du quartier (et la diminution des espaces verts qui fait la richesse de Cointe) fait perdre nécessairement de la valeur aux immeubles alentours. Aucune compensation n’est prévue pour les riverains.

RISQUES DE RUISSELLEMENT

La parcelle se situe près d’une zone d’aléa de fort ruissellement au Sud du bois, rue des Bruyères. L’étude se base sur une période de retour des pluies de 50 ans. Or compte tenu du changement climatique, cette période est insuffisante. Si l’on prend en compte une période de 100 ans, le stockage prévu se révèle largement insuffisant. L’écoulement des eaux sur le Boulevard Kleyer risque d’impacter son versant Est et la rue des Wallons sur son versant Ouest.

forminator form id= »8347″