C’est un projet de mine d’or à ciel ouvert d’une dimension jamais vue en France (2,5 km de long sur 400m de large et 120m de profondeur) qu’un consortium russo-canadien veut implanter sur le site bien nommé de la Montagne d’or, en plein territoire amérindien guyanais. Dix concessions minières entourent le projet « Montagne d’Or » et la superficie additionnée de ces concessions, toutes valables jusqu’au 31 décembre 2018, est d’environ 150 km². La concession de la « Montagne d’Or » est, quant à elle, d’une superficie de 15,24 km² et les infrastructures minières devraient y occuper une surface de 8 km². L’objectif de cette prospection, qui devrait créer 750 emplois directs selon la direction de la Compagnie, est d’extraire 85 tonnes d’or sur le gisement, soit une production d’or d’environ 6,7 tonnes d’or par an, sur douze ans. Ce qui signifie qu’il va falloir, pour y arriver, broyer environ 460 millions de roches. Les industriels russes et canadiens associés dans cette Compagnie sont d’une part le groupe Norgold, dont le patron est Alexei Mordachov, deuxième fortune de Russie, qui détient 55% des parts, tandis que côté canadien, c’est la société Columbus Gold, une nouvelle venue, ce que l’on appelle dans le milieu une junior dont le rôle est de réaliser les études exploratoires avant de se retirer au profit de l’actionnaire principal. Le Président Macron, qui s’était rendu sur place en tant que ministre, soutient ce projet russe. Dans une intervention sur France Télévision Guyane en octobre 2017, il a en effet déclaré : « « C’est un projet qui, je le pense, sur ses fondamentaux, peut être bon pour la Guyane », ajoutant : « Je souhaite que la Guyane puisse réussir avec ses atouts et je ne suis pas pour la mettre sous une cloche ». Ce projet est pourtant fortement contesté localement, notamment par un collectif nommé « Or de question ». Ce 3 avril avait lieu la séance inaugurale d’un débat public rendu obligatoire par la saisine de la Commission nationale du débat public (CNDP) par France Nature Environnement en 2017. C’était donc l’occasion pour les opposants et les défenseurs du projet de se compter, en présence des représentants de la Compagnie et de quelques élus pour la plupart favorables au projet. Mais à vrai dire, les opposants ont composé la grande majorité des 400 personnes présentes, notamment grâce aux marcheurs de la Jeunesse Autochtone de Guyane (JAG, arrivés à environ deux cents au son des tambours, et aux membres du collectif « Or de Question », qui ont animé le début de la séance avant de la quitter après le boycottage de la projection du film sur les dégâts occasionnés par les mines d’or au Brésil voisin proposé en réponse de la vidéo de présentation du projet par ses promoteurs. Un seul des représentants de la Compagnie, Pierre Paris, s’est en effet retourné pour regarder le reportage, les autres préférant lui tourner le dos. Questionné sur les multiples infractions que montrait le documentaire, Pierre Paris les a catégoriquement exclues en raison de la réglementation française en vigueur. A quoi, Christophe Pierre, de la JAG, a rétorqué lors de sa réplique fort applaudie qu’“Énormément de choses sont inscrites dans les lois françaises – le pays des droits de l’homme – qui ne sont pas respectées ici»… C’est dans cette ambiance que des ateliers et des séances de travail devraient se poursuivre jusqu’au 7 juillet prochain.

Avec Véronique Valentino de L’Autre Quotidien : https://www.lautrequotidien.fr/fil-rouge/2017/11/16/les-peuples-autochtones-mobiliss-contre-un-projet-de-mine-dor-gante-soutenu-par-ma-cron-tde69 avec Marine Calmet & Marie De França de Naturerights : http://www.naturerights.com/blog/?p=2084 et avec Fabrice Nicolino de Reporterre : https://reporterre.net/Soutenu-par-Macron-Attali-et-Juppe-un-minier-russe-s-apprete-a-saccager-la

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