Arlon – Il faut sauver la sablière de Schoppach

Arlon – Il faut sauver la sablière de Schoppach

Cet article a été rédigé à partir d’un article et d’un communiqué de presse de l’Observatoire de l’Environnement (ObsE).

L’ancienne sablière de Schoppach, à Arlon, c’est avant tout une zone naturelle exceptionnelle de 30 hectares. Elle recèle des petits trésors de biodiversité, rares en Belgique. Ce n’est pas un hasard: l’exploitation des sables a mis à nu des sols pauvres et calcaires. Cette particularité géologique fait du site une mosaïque d’habitats exceptionnels qui accueillent entre autres Guêpiers d’Europe, Hirondelle des rivages, Grand-duc d’Europe, Triton crêté, Orchis pyramidal, Ophrys abeille, Damier du plantain… autant d’espèces rares et/ou protégées.

Toute cette richesse naturelle peut nous inspirer émerveillement et respect. Elle peut aussi nous inciter à la protection, et à la sensibilisation du public, voire à sa mise en valeur dans un contexte de développement touristique durable.

Ce qu’elle inspire à l’intercommunale Idelux Développement est quelque peu différent: face à toute cette beauté vivante, Idelux imagine des bâtiments, des routes, du béton. Bref: grisaille et laideur. Pourquoi? Pour y installer les PME arlonaises en mal d’espace pour se développer, disent-ils. La question est la suivante : est-il vraiment nécessaire de détruire, d’artificialiser, de bétonner? N’y a-t-il vraiment aucune alternative? N’existe-t-il que cette sablière exceptionnelle pour développer les besoins des PME? Pourquoi ne pas prendre en compte les modèles innovants qui intègrent mixité du bâti et multimodalité ?

2019-2021, une ZAD pour défendre le site

Ces questions sont posées depuis des années. De multiples initiatives, pétitions et interpellations des riverains et habitants d’Arlon n’ayant donné aucun résultat tangible, une occupation de la Sablière a été lancée en octobre 2019, transformant celle-ci en Zone à Défendre (ZAD). Celle-ci a duré un an et demi  jusqu’à une intervention de la police qui a évacué brutalement les occupants et détruit le campement.

Quelques jours plus tard,  un défrichement express de la sablière de Schoppach a été organisé. En quelques heures, c’est tout un écosystème qui a été ravagé en pleine période de reprise printanière : arbres abattus, haies détruites, plantes broyées, habitats fragmentés… Avec des conséquences dramatiques pour la biodiversité locale : oiseaux nicheurs, batraciens, insectes, micromammifères et une multitude de petits animaux invisibles ont vu leurs refuges et leurs cycles de vie brutalement interrompus. Ce défrichement n’était pas un simple chantier : ce fut un coup d’arrêt à la vie sauvage, au moment même où la nature reprenait son élan.

2026, la menace de d’un nouveau Schéma d’Orientation Locale

Cinq ans plus tard, la nature a tenu bon — comme elle le fait souvent malgré les blessures. Sur le site, des espèces rares et/ou protégées se sont réinstallées, preuve de la valeur écologique exceptionnelle du lieu.

Mais le projet destructeur poursuit lui aussi son chemin. Aujourd’hui, Idelux Développement affiche toujours son intention : créer une Zone d’activités économiques sur ce site naturel. Une perspective qui relance le risque de bétonisation et de destruction durable des habitats.

Le dossier entre à présent dans une phase clé : pour finaliser le processus, la commune doit modifier le Schéma d’Orientation Local (SOL). Une enquête publique est actuellement en cours, et elle représente un moment crucial pour faire entendre la voix des citoyennes et citoyens, des associations et des personnes attachées à la protection de la biodiversité.

L’Observatoire de l’Environnement (ObsE) est impliqué dans la défense du site epuis de nombreuses années. En cette période d’enquête publique, l’association se mobilise pour sensibiliser le public sur les enjeux de cette artificialisation compulsive, et proposer des modèles alternatifs porteurs de sens. Ce lundi 9 février, l’ObsE a organisé un rassemblement devant l’Hôtel de Ville d’Arlon pour manifester silencieusement les émotions des citoyens face à la destruction de la nature, de la vie, de nos espaces si précieux.

Dans le cadre de l’enquête publique, l’ObsE a synthétisé ses arguments dans un formulaire de réponse automatique : quelques clics et hop! tout est prêt!

Attention! 

L’enquête publique s’est achevée le 17 février 2026 à minuit.

Pour en savoir plus, consultez le site et la page FB de l’Observatoire de l’Environnement (ObsE).