Alors que la jeunesse marche dans la rue pour demander qu’enfin le gouvernement prenne au sérieux les enjeux environnementaux, il semblerait qu’une partie de la classe politique Wallonne soit restée bloquée dans les années 70.

C’est en effet un projet de cette décennie -époque du tout à la voiture dont on n’est malheureusement toujours pas sorti- qu’ils ressortent à Liège avec le projet de liaison autoroutière entre Cerhexe-Heuseux (Soumagne) et Beaufays (Chaudfontaine), (dite liaison CHB). Ce projet, véritable lubie de certains politiciens locaux, a déjà été remis sur la table plusieurs fois depuis sa première mouture en 1969 et repoussé grâce notamment à l’opposition des citoyens. La menace de le voir se concrétiser est de nouveau réelle, puisque le projet est aujourd’hui repris dans le Plan Urbain de Mobilité (PUM) de l’agglomération de Liège. Ce document doit être voté prochainement par les conseils communaux (des 24 communes de l’arrondissement de Liège) avant de retourner devant le parlement Wallon.

Ce plan partait a priori sur de bonnes intentions puisqu’il se donne notamment comme objectif de réduire la part de la voiture dans les déplacementsk (en accord notamment avec le plan FAST Wallon cf. https://www.wallonie.be/fr/actualites/fast-vision-de-la-mobilite-wallonne-dici-2030 ), de lutter contre la périurbanisation, la pollution de l’air, etc. Malheureusement toutes ces bonnes intentions sont complètement contredites par l’inclusion de ce projet d’autoroute de 12,5 km (pour un budget d’au minimum un demi milliards d’euros d’après une étude de 2007) détruisant au passage 120 ha de terres agricoles (sans compter les dégâts liés à l’urbanisation qui serait induite en bord de tracé), compromettant des zones natura 2000 (pelouses calaminaires quasiment unique en Europe http://www.groupementchb.com/les-enjeux-environnementaux/ ), incitant à toujours plus de déplacements en voitures, de développement de zones commerciales de périphéries et de déplacements des populations aisées de la ville vers la campagne, appauvrissant ainsi la première.

Il est évident que ce projet d’autoroute était une donnée imposée par le politique dès le début de la conception du PUM. On peut d’ailleurs regretter le mode d’élaboration de ce plan qui a été écris sans participation des citoyens et associations directement concernées, qui a ensuite été soumis à une enquête publique de seulement 45 jours en plein pendant la période des fêtes de fin d’année, et qui doit maintenant être voté par les 24 communes dans les 45 jours après la clôture de l’enquête publique (autant dire qu’on a du mal à voir à quoi celle-ci pouvait bien servir à part à satisfaire à des exigences légales, voir également : https://urbagora.be/interventions/enquetes-publiques/chapitre-x-les-aspects-participatifs-et-formels-du-pum.html )

Nous regrettons également qu’un projet de l’ampleur de CHB ne fasse pas l’objet d’un débat à part (avec toutes les données mises à disposition du public) et qu’il soit amené en contrebande dans un plan urbain de mobilité, en parfaite contradictions avec les objectifs de celui-ci. Les conseillers communaux devront maintenant se prononcer pour ou contre le PUM qui comporte, à l’exception de ce projet autoroutier des objectifs et pistes intéressantes pour Liège et son agglomération, mais en votant pour ils voteraient aussi de fait pour CHB.