C’est avec cette question qu’une vingtaine de militant·e·s du collectif « Stop Alibaba & Co » ont attendu les ministres wallons lors de leur arrivée à l’Élysette, ce jeudi 8 décembre, pour les interpeller au sujet de l’épineux dossier de l’extension de l’aéroport de Liège. Le Gouvernement wallon devra en effet bientôt se prononcer sur les nombreux recours introduits contre le nouveau permis d’exploitation accordé au mois d’août dernier.

Ce fut l’occasion, pour les manifestant·e·s, de souligner encore une fois l’incompatibilité entre les projets d’extension actuels et l’urgence environnementale. « On est face à une situation délirante, explique Nicolas, membre du collectif Stop Alibaba & Co. Le GIEC nous explique qu’il faut réduire massivement et le plus souvent immédiatement les émissions de GES dans tous les secteurs si on veut avoir une chance de garder une planète habitable. Pourtant, on en est encore à se demander si c’est une bonne idée de continuer de développer un aéroport… Pire, les quelques nouvelles contraintes incluses dans le permis, non pas pour réduire l’activité de l’aéroport, mais simplement pour freiner un peu son développement sont farouchement attaquées par la direction et les principaux opérateurs, mais aussi par une majorité de la classe politique qui relaye sans broncher leur chantage à l’emploi ! ».

Face à cette situation, les militant.es de Stop Alibaba & Co ont voulu rappeler les données du problème environnemental aux ministres wallons en leur remettant symboliquement le « Résumé à l’attention des décideurs » du dernier rapport du GIEC. « Manifestement, ils ne l’ont pas lu, souligne Annick, une autre militante présente pour l’occasion. Sinon, on ne serait même pas en train de débattre du permis, mais plutôt de la façon d’opérer au mieux notre sortie des énergies fossiles, y compris et surtout lorsque de nombreux emplois sont en jeu ».

Pour le collectif Stop Alibaba & Co, en effet, l’argument de l’emploi ne peut plus continuer de légitimer des décisions (ou non-décisions) politiques qui rapprochent chaque jour un peu plus l’humanité d’une situation de non-retour sur le plan environnemental. « On le sait qu’il y a énormément d’emplois qui dépendent des énergies fossiles, que ça soit à l’aéroport ou ailleurs, poursuit Annick. Mais c’est précisément ça le problème ! La tâche des gouvernements ce n’est pas de l’ignorer, mais au contraire de l’anticiper pour organiser dès maintenant des reconversions qui ne laisseront personne sur le carreau ».

Les manifestant.es souhaitent donc que le gouvernement wallon profite de la période des fêtes pour se mettre à jour et en tirer enfin les conclusions qui s’imposent. « Ça ne devrait pas être très compliqué, ironise Nicolas. D’un côté, le GIEC nous dit qu’on a 3 ans pour plafonner nos émissions et jusque 2030 pour les diminuer de moitié. De l’autre, le nouveau CEO de l’aéroport a reconnu lui-même que les solutions technologiques qui permettront (peut-être !) à l’aérien d’atteindre la neutralité carbone ne seraient pas prêtes avant 20 ou 30 ans… ». Reste à voir si les ministres wallons auront le courage de faire face à ce constat…

En tout cas, rendez-vous est déjà pris par les militant.es pour le vérifier au retour des vacances !