Texte communiqué par le collectif « Les Antennes de Lessive »

Nous espérions ne pas en arriver là. Mais la semaine dernière, nous avons entendu avec surprise le bruit des tronçonneuses dans le bois de la Héronnerie. Près de 80 chênes sont tombés en 2 jours dans la zone Natura 2000.

Nous vous annoncions pourtant une victoire il y a quelques mois : le permis du promoteur immobilier qui concernait la forêt entourant le terrain des paraboles avait à nouveau été refusé par la Région wallonne au printemps. Alors, que s’est-il passé ? Que pouvons-nous faire ?

Malgré les refus de permis, le promoteur a acheté le bois en mai via la plateforme EccoNova grâce à un emprunt d’investisseurs pensant soutenir un projet environnemental .

Actuellement au Conseil d’Etat contre la région wallonne, le promoteur devenu propriétaire s’est soudain mis à couper des chênes centenaires, parmi les plus beaux de Famenne. De plus, l’endroit où les arbres sont abattus est également l’habitat d’une orchidée rare (Epipactis purpurea) qui est spécifique des forêts anciennes et dont l’habitat est protégé. Les investisseurs sont-ils bien informés de ce qui se passe ?

Et que faire contre la privatisation de nos biens communs ? En effet, si le bois est aujourd’hui un bois privé, n’oublions pas qu’il s’agissait d’un bois communal qui a été vendu à la RTT pour raisons d’utilité publique. Récemment, Proximus a préféré vendre le bois à un promoteur privé plutôt qu’aux associations naturalistes. De fil en aiguille, le bois communal est devenu privé, sous le regard bienveillant de la commune de Rochefort, et nous n’avons plus rien à dire sur le sort réservé à cet écosystème qui est pourtant un bien commun précieux face à la perte de biodiversité actuelle. Ce bois n’est malheureusement pas le seul bien commun à disparaître pour la réalisation d’une plus-value financière…

Il est parfois difficile de ne pas céder à l’impuissance face à ces privatisations constantes, face au manque de transparence de nos communes, au laissez-faire de nos élus peu capables d’estimer l’importance de nos écosystèmes en ces temps graves de changements climatiques, face aux politiques et aux législations peu adaptées à la protection du vivant…

Si nous prenons la plume aujourd’hui, c’est aussi pour nous encourager, toutes et tous, à continuer la lutte joyeuse. A ne pas céder et à le faire avec la joie qui, au fond, a rendu notre village plus fort, vivant et solidaire ! C’est aussi pour nous encourager à continuer à interpeller nos élus sur l’importance des écosystèmes vivants. Les élections approchent. Unissons nos voix ? Et que les échos de cette demande résonnent dans chaque salle communale de Belgique. Que sur chaque table de bourgmestre trône une demande citoyenne de prise en considération de nos écosystèmes forestiers comme ressources vivantes et nécessaires, plutôt que comme valeur financière et objet de profit individuel.

Les tables de nos élus sont aussi un terrain à occuper !

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