Liège (Grivegnée) – Le « cimetière »  de voitures enterré et réenterré

Liège (Grivegnée) – Le « cimetière »  de voitures enterré et réenterré

Sur les hauteurs de Liège, le collectif « Autour des Orchidées » défend âprement (et avec succès) depuis une douzaine d’années les espaces verts encore épargnés dans le quartier de Bois-de-Breux.

Au cœur de ce quartier tranquille, là où ont poussé il y a déjà longtemps des rues de maisons mitoyennes, fonctionnait sans encombre une menuiserie discrète entourée de terrains inoccupés. Au milieu de l’année 2025, l’endroit a éveillé l’intérêt d’un vendeur de véhicules d’occasion, dont le garage, situé à quelques kilomètres de là sur une rue à grande circulation, était devenu trop exigu à son goût. Il a en conséquence jeté son dévolu sur la menuiserie et ses terrains pour étendre son négoce.

Une fois ceux-ci achetés, la moitié libre du terrain a vite été nivelée puis envahie par une vingtaine de véhicules de toutes sortes. L’ensemble ressemble aujourd’hui bien plus à une casse automobile qu’à l’activité artisanale précédente. Les entrées, sorties et essais de véhicules se font à grande vitesse dans la rue. Cerise sur le gâteau, le propriétaire a pris ses aises en répondant au problème d’infiltrations soulevé par le voisin direct par une fin de non-recevoir (on édulcore !), et tout ça, sans jamais avoir demandé un quelconque permis d’urbanisme !

A la mi-2024, un voisin a interrogé les services compétents de la Ville de Liège sur la validité d’un tel usage de l’endroit. Un an plus tard, le propriétaire a introduit un dossier de régularisation de tout ce qu’il avait fait jusqu’ici (mise en conformité). Lors de l’enquête publique, à l’initiative du collectif, les habitants de la rue concernée et de deux rues voisines ont envoyé pas moins de 106 lettres de réclamation, sans même utiliser les réseaux sociaux. C’est une belle mobilisation qui souligne déjà l’importance des troubles de voisinage.

Lors de la séance du 1er août 2025, le Collège a pris, en toute logique, la décision de refuser le dossier de mise en conformité, en validant une grande partie des arguments du collectif (la non-intégration du projet dans le quartier, la minéralisation de la parcelle, l’impact environnemental et paysager, l’augmentation du trafic routier,…).

Le 2 septembre le propriétaire a introduit un recours auprès du Gouvernement wallon.

Le 6 octobre, la Commission d’avis a remis un avis défavorable, se ralliant à l’avis de la Commune et déplorant un dossier lacunaire ainsi que l’absence de prise en compte des aspects environnementaux . Et le 25 novembre, le ministre de tutelle a signé la décision de refus d’octroyer le permis d’urbanisme.

Si ces deux décisions satisfont les riverains, il reste que le propriétaire est maintenant tenu de remettre en état la parcelle dans l’état où elle était lors de son achat et d’évacuer les véhicules entreposés. Ce qui ne sera peut-être pas facile d’obtenir de lui (on se doute pourquoi au vu de tout ce qui précède) mais le collectif est bien décidé à aller jusqu’au bout.